Culture | 02.07.2013

Envolée fantastique

Magicien de cirque, charlatan et égoïste, Oscar Diggs, alias Oz, ne pense qu'à  lui-même et à  son «talent». Engouffré dans une tornade alors qu'il tente de fuir en montgolfière au partenaire jaloux d'une jeune fille qu'il a charmée, zimzalabim! le voilà  qui débarque au pays d'Oz, pour une sorte de voyage intérieur au pays des fées de la rivière, des nains et des sorcières.
Mais le Magicien d'Oz, c'est avant tout un voyage intérieur au pays de la bonté.
Photo: © The Walt Disney Compagny

Dès le générique de début, la bande musicale nous emporte dans un univers fantastique proche des réalisations de Tim Burton. Pas étonnant: la bande-son est produite par Danny Elfman, compositeur fétiche du réalisateur excentrique. Les 20 premières minutes du film sont tournées en noir et blanc et filmées en format carré. Détail qui ne dérange aucunement le spectateur et qui accentue l’effet d’ancienneté qui va à  ravir au propos du scénario.

 

Egocentrique et charmeur

Réalisée par Sam Raimi (Spiderman) l’histoire nous plonge en 1905, dans le quotidien d’Oz le magicien de cirque. On se rend vite compte que le personnage est un beau parleur: il «récupère» les jolies filles pour leur demander de jouer les volontaires à  son spectacle. Charmées par le sourire du magicien, et par la soi-disant boîte à  musique de sa grand-mère (dont il possède plusieurs exemplaires!) elles acceptent apparemment sans broncher. Ce qui lui vaudra quelques soucis par la suite. James Franco, avec des expressions faciales qui nous rappellent tantôt Johnny Deep, tantôt Heath Ledger, endosse le rôle du magicien égocentrique et orgueilleux à  merveille.

 

Un périple vers la bonté

Mais le Magicien d’Oz, c’est avant tout un voyage intérieur au pays de la bonté. On ne saura si son périple aura été réel ou imaginaire, mais ce qui est certain c’est qu’il aura imputé à  Oz une personnalité plus généreuse et aimante qu’auparavant. Ce qui ne se sera pas passé sans embûches. A peine est-il arrivé au pays d’Oz et remercie-t-il le ciel de «lui accorder une seconde chance», en ajoutant cet hilarant «vous ne serez pas déçu!», son doigt pointé vers le haut, voici qu’Oz use à  nouveau de ses charmes pour séduire la charmante Théodora (Mila Kunis).

 

Des décors somptueux!

On tire notre chapeau (de magicien) à  l’équipe technique en charge des décors. Le passage du noir et blanc à  la couleur est prodigieux. Les éclats du pays d’Oz sont époustouflants, le ciel n’a jamais été aussi bleu, l’herbe jamais aussi verte. Le paysage est saturé à  bloc mais cela lui va bien. Un reflet de la personnalité profonde du magicien qui mettra 2h05 à  se réveiller? A en croire les derniers propos de Glinda (Michelle Williams) la gentille sorcière du pays d’Oz, oui! «Ce que vous découvrez était en vous depuis toujours.» Michelle Williams elle aussi resplendit dans le rôle de Glinda. Pas étonnant qu’elle soit la préférée d’Oz, en 1905 (où elle interprète Annie) autant que dans le pays fantastique.

 

Suspense, rires et allusions douteuses

Le scénario laisse aussi sa place de surcroît au suspense: qui est vraiment la méchante sorcière? Oz va t-il tous les abandonner juste avant le moment de combattre contre ces forces maléfiques qui terrorisent la Cité d’Emeraude? Ces incertitudes passagères ajoutent du piquant à  la réalisation.

 

Zach Braff (Scrubs) bien qu’il tienne le rôle secondaire de l’assistant d’Oz, est absolument parfait. Un personnage qui lui colle parfaitement à  la peau. Dommage peut-être que le public ait trop tendance à  le voir comme le JD dans la série télévisée Scrubs. Au pays d’Oz cela dit, Zach Braff ne prête plus que sa voix au fidèle serviteur du magicien: un singe ailé nommé Finley. Un petit personnage hilarant que la voix de l’acteur, en version française en tout cas, met bien en valeur!

 

Au bilan du film, des allusions à  Blanche-Neige et les 7 nains avec la pomme offerte par Evanora (Rachel Weisz) à  sa soeur (Théodora) ou avec Knuck le nain (Tony Cox) joliment surnommé Grincheux par le magicien. Mais des allusions encore plus improbables comme celle faite au professeur Tournesol de la bande-dessinée Tintin avec cette réplique répétitive du ferblantier: «et je dirais même mieux… Il n’est rien qu’on ne puisse construire!»

 

« Rien n’est impossible »

Oscar Diggs, alias le magicien d’Oz, même s’il n’endossait pas le profil de magicien attendu par le peuple d’Oz selon la prophétie, aura prouvé aux habitants (et à  lui-même?) qu’à  bonne dose de courage et de bonne volonté, «rien est impossible, du moment que l’on croit.»