Culture | 03.07.2013

Enrichir une histoire

Texte de Joëlle Misson
Du 1er juin au 31 août, le concours Storytelling 2023 propose aux étudiants des Universités et HES suisses de s'emparer du transmédia pour raconter leur vision du monde dans dix ans.
Sommes-nous des lecteurs? des internautes? des spectateurs? ou tout à  la fois? Mélanie Piccard et la directrice de projet de Storytelling 2023. Elle travaille chez swissnex San Francisco. Photos: DR

Raconter une histoire à  l’aide de texte, de photographies, de vidéos, d’audio, c’est déjà  possible. Mais grâce à  tous ces moyens en même temps? Et si on y ajoutait encore: des jeux vidéos, des réseaux sociaux, ou encore du direct? C’est le principe du transmédia: utiliser différents supports à  notre disposition pour narrer une histoire. Une entreprise qui semble laborieuse.

 

« Une occasion de regarder vers l’avenir »

Swissnex San Francisco, une initiative du Secrétariat d’Etat suisse à  la formation, la recherche et l’innovation, a décidé de lancer cet été une compétition de récits transmédia. Le thème est tout simplement donné dans le titre: Storytelling 2023. Les participants devront, à  l’aide de différents supports, composer leur vision du futur, en 2023. Par ailleurs, swissnex San Francisco fête cette année ses dix ans d’existence: «Une excellente occasion de regarder vers l’avenir et de se questionner sur ce qui nous attend dans le futur», relève Mélanie Piccard, directrice du projet. Même si la vision futuriste peut laisser place aux récits de science-fiction exubérants qui sont les bienvenus, «les histoires soumises peuvent également être terre-à -terre et refléter une perception très réaliste du monde en 2023», poursuit-elle.

 

A la genèse du projet

«Le transmédia est entré dans la vie de swissnex San Francisco à  travers une heureuse collaboration avec l’organisation locale Transmedia SF», explique Mélanie Piccard. La mission de cette organisation: placer San Francisco sur la carte des experts en matière de communication transmédia. Ayant collaboré à  plusieurs reprises, les deux entreprises ont réalisé que «la narration transmédia est un thème central dans toutes les discussions liées à  la création de contenu. Notre rôle est de placer la Suisse sur la carte des experts transmédia et de nourrir la discussion.» Et c’est là  que Storytelling 2023 débarque en Suisse. Tink.ch avait déjà  traité le sujet en rencontrant Philippe Weibel, réalisateur et producteur suisse, qui était l’un des intervenants de la conférence Transmédia et digital marketing au NIFFF en 2012. (Interview disponible ici)

 

Le transmédia pour enrichir l’histoire

«Le mot transmédia peut sembler effrayant même pour les plus motivés», s’amuse Mélanie Piccard. L’émergence du web 2.0 a complètement chamboulé le modes de narration: «les nouvelles technologies enrichissent la manière dont nous consommons un récit.» La directrice de projet questionne: sommes-nous des lecteurs? des internautes? des spectateurs? ou tout à  la fois? Elle conclut qu’aujourd’hui, tout le monde consomme du contenu transmédia, parfois sans s’en rendre compte. Alors le message qu’elle souhaite faire passer, c’est que le transmédia est avant tout l’utilisation d’outils et plateformes accessibles à  tous, «pour enrichir une histoire.» Pas besoin d’être un expert alors? «Un peu de débrouillardise sur le web, de la créativité, la volonté d’apprendre et surtout une bonne histoire suffisent pour participer!»

 

Des projets variés

«Jusqu’à  aujourd’hui, nous avons dix équipe inscrites avec des profils extrêmement variés, du media design en passant par les maths», révèle la directrice de projet. Les inscriptions sout ouverts jusqu’au 25 août, mais s’inscrire plus tôt permet d’être tenu au courant des nouveautés et de bénéficier de coaching si nécessaire.

 

Selon la directrice de projet, les étudiants sont «les parfaits participants pour ce concours car ils sont les personnes idéales pour explorer les frontières de la narration de demain et nous en donner une avant-première aujourd’hui.» Mais il s’agit d’un choix fait pour cette première édition. Les portes ne sont pas fermées et le projet peut évoluer vers d’autres potentiels participants.

 

« Nous nous attendons à  des surprises! »

Juger des récits qui utilisent autant de supports différents, n’est-ce pas compliqué? «Les membres du jury sont tous familiers du transmédia. Ils savent que les limites de cette narration sont presque inconnues et sont prêts à  relever le défi. Ils s’attendent à  être surpris!»