Culture | 16.07.2013

Du «peps» à  la brésilienne!

Texte de Nina Borcard
La vieille tradition des soirées brésiliennes du Montreux Jazz Festival n'a pas failli cette année avec la jeune chanteuse Tulipa Ruiz qui s'est déchaînée sur la scène de l'Auditorium Stravinsky le vendredi 12 juillet. Découverte.
Tulipa Ruiz, jeune chanteuse brésilienne et charismatique aux multiples facettes, a investi l'Auditorium Stravinsky de Montreux le 12 juillet. Photos: DR

C’est à  l’Auditorium Stravinsky, en ouverture de la soirée du 12 juillet, que Tulipa Ruiz en a fait voir de toutes les couleurs à  son public varié en âge et en origine. Et oui! même si la majorité des spectateurs étaient brésiliens et que la langue officielle ce soir-là  était le portugais, les Suisses se sont aussi intéressés à  la jeune et charismatique chanteuse aux multiples facettes; dont celle d’un ange, un air innocent qui va à  l’encontre de son regard de braise plein de malice et de son énergie folle. Tulipa, dans sa personnalité discordante, est aussi une voix surprenante, passant du soprano à  l’alto en un clin d’oeil, des mélodies folles parfois pop, parfois rock, tout en intégrant ses origines à  sa musique. Une agréable mais bouleversante découverte venue tout droit du Brésil.

 

Une personnalité touchante

Bien en chair, elle porte une robe noire pailletée, charmante! Un air angélique par son sourire lumineux malgré son goût non-dissimulé pour le noir et ses yeux de braise. «Bonsoir à  tous! je suis très très très heureuse d’être là  ce soir.» C’est en français que l’accueillante Tulipa Ruiz ouvre le show, avant de répéter son ravissement en portugais: «Obrigada!», «Merci, merci!». Après quelques minutes déjà , elle nous met du baume au cŠ«ur, cette Tulipa. Les fans parlant le portugais se mettent à  chanter avec elle. Elle discute avec son public, à  l’aise en portugais bien sûr. Pendant qu’une partie réagit et crie, d’autres se demandent ce qu’elle vient de dire et restent muets. Mais ils ne se sentent pas moins motivés à  danser. «Santé! Cheers!», l’artiste très ouverte n’hésite pas à  communiquer quelques mots en français voire en anglais pour partager sa bonne humeur avec l’ensemble du public.

 

Gossip version brésilienne

En parallèle, c’est à  un réel jeu sur scène qu’elle s’adonne. Elle s’éclate (tout comme nous), fait tourner le câble du micro comme un lasso, un genre de Gossip version brésilienne. Entre danse latine, rock ou encore headbang, Tulipa n’a pas fini de nous surprendre par ses pratiques frénétiques qui mettent le public dans un état de folie. Et pourtant, on est loin de l’ambiance hot du Brésil car l’espace entre les spectateurs ne manque pas, mais c’est Tulipa qui amène cette chaleur, les gens tapent des mains, elle est déchaînée, et nous aussi!

 

De la douceur à  la frénésie

Passant d’une voix douce, attendrissante à  des gueulées toujours en harmonie avec ses chansons, c’est ce décalage entre douceur et frénésie qui nous séduit chez elle. Cette voix aux multiples facettes résonne dans l’immense salle. On est emporté pour un instant par le son rock produit par Tulipa et ses acolytes, pour qu’elle nous entraîne ensuite vers une mélodie plutôt pop brésilienne. Entre deux couplets, c’est une voix d’opéra qu’elle apporte, à  faire trembler l’Auditorium Stravinsky! Elle ajoute même à  ce mix une mélodie de jazz-blues dans certaines de ses chansons. Et c’est en accord parfait avec ses musiciens talentueux que Tulipa nous fait vibrer, frissonner.

 

Une langue pleine de grâce

La langue, n’oublions pas la langue! A une voix est associée une langue, le portugais, ce week-end à  l’honneur. Il est toujours agréable de profiter de la vieille tradition des soirées brésiliennes du Montreux Jazz Festival. Une tradition invitant la Suisse à  s’intéresser à  la culture mélomane de ce pays et à  sa langue mélodieuse, qui s’accorde parfaitement aux différents styles rock, pop ou jazz. Avec Tulipa Ruiz, c’est le portugais qui nous a séduit aussi, apportant de l’exotisme à  la ville de Montreux et à  son public.

 

Et un public qui en veut!

Elle nous fait au revoir de la main et s’en va. Le public la rappelle, il veut qu’elle revienne; «Tulipa! Tulipa!». Des cris, des applaudissements, les spectateurs d’un air interrogateur se demandent si elle va revenir. Les musiciens restés sur scène jouent alors une mélodie blues. Enfin, sa voix résonne à  nouveau dans la salle pour le plus grand plaisir du public. Elle débarque sur scène, habillée de blanc pailleté. Elle donne tout ce qu’elle a sur une chanson calme, sorte de berceuse, s’assied sur scène, des larmes coulent le long de ses joues. Elle nous aura donné des frissons jusqu’au bout. Les gens sont charmés, le public tape des mains, personne ne veut la voir partir. La jeune chanteuse et ses quatre musiciens s’avancent devant la scène, bras dessus, bras dessous pour un au revoir. On les applaudit, une performance incroyable, un régal!