Culture | 09.07.2013

BRMC: un « doux » mélange de sons rocks

Texte de Nina Borcard
Le 5 juillet à  Montreux. Deuxième jour du festival, Black Rebel Motorcycle Club, groupe de rock alternatif (mais pas que) se produit dans le tout nouveau et spacieux Montreux Jazz Lab.

Du rock’n’roll des années 50 au rock d’aujourd’hui en passant par l’alternatif des années 90, Black Rebel Motorcycle Club, c’est tout cela en même temps! Un mélange de différents rocks qui ont traversé des générations, de celles de nos parents à  la nôtre. Et sans prendre une ride. Ce mix attire donc, malgré un nom de groupe plutôt «bikers» (loin les clichés !), des personnes de tous âges et de tous styles qui savent apprécier tous les genres en harmonie.

 

Tout comme son public, BRMC est un trio hétérogène composé de deux hommes et une femme, Peter Hayes et Robert Levon Been, tous deux chanteur, guitariste et bassiste et Leah Shapiro à  la batterie. L’un porte les favoris à  la Elvis Presley, complémentaire du deuxième arborant coiffure «banane» et veste en cuir, le tout surplombé d’une batteuse un tantinet garçon-manqué. Des artistes bien différents qui fusionnent par le rock. Mais entre public et artistes, la musique est bien la seule union car BRMC ne se prête que très peu au jeu du contact avec ses fans. Retour sur un concert pour le moins déconcertant.

 

Début de soirée «chaud-froid» à  Montreux

20h20, dehors il fait beau et encore chaud… comme une envie de se poser sur une terrasse au bord du lac à  Montreux. Mais non! BRMC se produit au Montreux Jazz Lab à  20h30. Sans précipitation, les gens passent alors les portes de cette nouvelle salle, petit à  petit. On est plongé dans le noir (et dans le bleu) une ambiance «clubbing» dans un Lab bien climatisé; plutôt froide, l’atmosphère. Les plus impatients ne se laissent pas abattre, et sont déjà  alignés devant la scène, quand d’autres sont au bar. La majorité est à  l’extérieur sur la terrasse du Montreux Jazz Café. Et oui, on a envie de profiter de ce temps estival tout de même! On est donc curieux de voir comment le rock band va s’y prendre pour réchauffer la salle et le public. Puis à  20h30, très ponctuel (ils ne se font pas attendre) le groupe débarque sur scène.

 

Un pur plaisir rock

Une superbe voix qui résonne dans la salle, celle de Peter Hayes. La foule se presse enfin vers la scène. L’immense salle se remplit alors à  l’arrivée du groupe. Ils ouvrent le concert avec Rival, un extrait de leur tout nouvel album sorti cette année, Specter at the feast. Rock attitude, l’ambiance est donnée… Le public se chauffe lentement mais sûrement aux divers sons rock de BRMC.

 

Ils poursuivent avec une chanson que les fans semblent tout de suite reconnaître sans pour autant pouvoir accompagner le groupe. Beat the Devil’s tattoo de l’album éponyme sorti en 2010, un son rock passant de l’alternatif au psychédélique, des paroles difficilement abordables mais une mélodie renversante. Le public se contente de danser et d’écouter, avec attention. Il tape du pied au rythme du son produit par Hayes et ces deux acolytes. Devant déjà , les fans se déhanchent lorsque les mélodies tournent au «rock’n’roll» avec Ain’t no easy way accompagné à  l’harmonica.

 

Et c’est au tour de Robert Levon Been de prendre la parole pour nous interpréter des chansons rock tout autant explosives, avec une autre voix tout aussi envoûtante. Le public se lâche avec Whatever happened to my rock’n’roll de leur tout premier album. Mais l’ambiance déchaînée reste alternée par des chansons plus calmes, à  faire verser une larme aux barbus à  l’allure « ZZ Top ». Un mélange qui nous inspire différentes émotions, de la frénésie à  la nostalgie.

 

Entre public et artiste, un vide

Force est de constater que les deux chanteurs ne sont pas très à  l’aise à  l’idée de communiquer avec le public. Durant la première partie, Peter Hayes  est totalement muet. Robert Levon Been est un tantinet plus bavard avec quelques «Thank you very well» à  répétition. Mais le plus troublant se passe à  la fin du concert lorsque le public rappelle BRMC avec des cris et des applaudissements. Mais rien n’y fait. Le staff débarque sur la scène, ils ne reviendront pas. Certains crient «Remboursé !» quand d’autre s’en vont satisfaits de la prestation musicale du groupe.

 

Ainsi, le contact avec le public se fait par la musique et uniquement par la musique; en sueur, Black Rebel Motorcycle Club s’adonne à  chaque chanson avec passion, en y mettant toute son âme. Le public le ressent et malgré l’absence de communication directe, reste en fusion avec le groupe à  chacune de leur interprétation. Un rock band original qui n’est pas là  pour divertir le public entre les chansons mais pour le troubler par sa performance musicale endiablée et son indifférence un brin prétentieuse.