Culture | 18.06.2013

Temps forts

Texte de Juliette Ivanez
Après trois jours d'aventure musicale, le Greenfield Festival a fermé ses portes le 15 juin. Retour sur les temps forts des concerts de cette 9ème édition du festival 100% rock d'Interlaken.
Pendant les concerts, les crowdsurfeurs s'en donnent à  coeur joie (même s'il est théoriquement interdit d'essayer). Ici, pendant le show de Queens of the Stone Age. Le son puissant et brut de Slayer fait du bien aux oreilles. Marco Hietala à  la basse et Floor Jansen au chant pour un concert de Nightwish qui a ravi les fans. Photos: Manuel Lopez

Jeudi, des cors des Alpes inaugurent la grande scène. Décalé et réjouissant, quand on sait ce qui attendait les festivaliers par la suite! En début de soirée, les néerlandais de Within Temptation investissent la scène avec leur métal symphonique gentillet mais très bien exécuté. L’énergie de la chanteuse Sharon den Adel est communicative, le public encore en échauffement se met petit à  petit dans l’ambiance. Le ton est ensuite donné avec le show de Queens of the Stone Age et celui des allemands de Rammstein, grandiose comme toujours. Si on peut leur reprocher de ne pas assez renouveler leur style et leurs effets sur scène, leurs prouesses pyrotechniques et autres fantaisies scénographiques valent toujours autant le coup d’oeil. La pluie ne décourage pas les fans les plus irréductibles et les haut-parleurs vomissent des basses jusqu’à  plus soif. Efficace.

 

Du bon et du moins bon

Vendredi soir, il fait encore jour lorsque le groupe de punk rock californien NOFX monte sur scène. Ce n’est pas tout à  fait la grosse folie annoncée: les morceaux s’enchainent difficilement, et quelques reprises douteuses, dont Les Champs-Elysées de Joe Dassin passés à  la moulinette NOFX, laissent le public incrédule. Ma foi, ils ont ce côté exotique et sauvage qui plait tout de même. 22 heures, c’est l’heure de Slayer. Les presque papis du trash metal (le groupe a été fondé en 1981) n’ont rien perdu de leur superbe. Leurs riffs non plus d’ailleurs: on n’aime ou on n’aime pas le style, mais ça fait définitivement du bien de ramasser un peu de gros son dans les oreilles, de temps en temps.

 

The Prodigy clôture la soirée. Dur dur de devoir être si critique quand on connait le parcours impressionnant de ce groupe au style assez inclassable, entre électro, hardcore et rock alternatif. Mais voilà , ce soir, les mimiques et les gargarismes de Maxim Reality, l’un des chanteurs, ont été un supplice. Tout persuadé qu’il est peut-être de s’adresser à  un public idiot, qu’il apostrophe à  coups d’incessants et un peu trop confiants «All my people in Switzerland» et de moult «Fuckin’». Quand de temps en temps, il cesse de pousser dans son micro de longues plaintes rauques d’animal blessé, on a sincèrement envie de lui faire avaler un dictionnaire. C’est dit.

 

Ambiance de fête

Samedi, ça sent presque déjà  un peu la fin du festival. Qu’importe, il reste encore de très bons groupes à  voir sur scène. Nombreux sont ceux qui trépignent d’impatience de voir Ska-P. Mais le groupe de ska punk espagnol se fait attendre, longtemps. Trop longtemps. Quand les membres du groupe montent enfin sur scène avec une heure de retard dû à  des problèmes techniques, le chanteur se défend: «Je suis désolé, ce n’est pas notre faute.» Le public, pas rancunier pour un sou, leur fait un accueil triomphal. Mais après l’heure, c’est plus l’heure, et les organisateurs ne plaisantent pas avec le planning: après un set raccourci à  4 chansons, le groupe est contraint de quitter la scène. Cette fois, les fans sont vraiment fâchés. Bref mais festif.

 

23 heures 30, l’heure du dernier concert a sonné et les finlandais de Nightwish ont l’honneur de clôturer le festival. Le groupe s’était séparé d’un commun accord de sa seconde chanteuse, la suédoise Annette Olzon, en octobre 2012, et fait depuis appel à  Floor Jansen (ex-After Forever) pour assurer le chant sur la tournée. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que la petite nouvelle a conquis son public. A mille lieux des robes à  fleur et des escarpins Vuitton d’Annette, Floor a les cheveux longs et noirs, porte des robes cloutées et est une reine du headbanging. Sans mentionner sa sublime voix, tantôt doucereuse tantôt puissante, lyrique mais pas trop. Bref, elle est une bouffée d’air pour Nightwish. L’alchimie entre elle et les autres membres du groupe est évidente, et les fans sont aux anges. Malheureusement, la néerlandaise a déjà  sa propre formation, et elle ne devrait théoriquement faire qu’un bref passage dans l’histoire du groupe. Y a-t-il une chance qu’elle soit engagée comme chanteuse régulière? On l’espère.

 

C’est un show grandiose et puissant que les finlandais offrent au public du Greenfield. La setlist, exempte de balades, donne le ton, et on a même droit à  du Nightwish vintage – le groupe a interprété une chanson extraite de son troisième album sorti en 2000. Emppu Vuorinen, le guitariste, fait toujours autant le clown sur scène, le compositeur Tuomas Holopainen se planque toujours autant derrière son clavier. On prend les mêmes, on recommence, mais toujours en mieux.