Culture | 26.06.2013

Liberté créatrice

Texte de Joëlle Misson
Il faut se concentrer pour le dire d'une traite: le Neuchâtel International Fantastic Film Festival ou NIFFF plus simplement, débutera le 5 juillet à  Neuchâtel et se poursuivra jusqu'au 13 juillet. Interview décalée avec le coordinateur des programmes, Loïc Valceschini.
Le NIFFF introduit le documentaire à  sa programmation. Rewind This revient sur le support capricieux qu'est la VHS. Loïc Valceschini, coordinateur des programmes au NIFFF. Photos: DR

Etre coordinateur des programmes au NIFFF, en trois mots?

Les trois F: Fantastique, Fatiguant et Fabuleux!

 

Une anecdote «fantastique» vécue lors d’un festival à  raconter?

Pas d’évènements précis; de manière générale, je dirais l’humilité de certaines personnes rencontrées et la beauté de certaines découvertes.

 

Ton coup de coeur de l’année quant à  la programmation?

Plusieurs! Il y a beaucoup de films que nous sommes extrêmement fiers de pouvoir montrer au public et aux professionnels. Nous avons le privilège d’avoir deux films suisses cette année en compétition, très réussis dans leurs genres totalement opposés: CHIMÈRES d’Olivier Beguin, et DER AUSFLUG de Mathieu Seiler.

Parmi les nombreuses perles à  découvrir du 5 au 13 juillet, je citerais l’épopée guerrière SAVING GENERAL YANG du grand Ronnie Yu, ou encore le drame fantastique ANIMALS de Marçal Forés, qui lorgne du côté de DONNIE DARKO.

Dans les courts métrages, mon gros coup de cŠ«ur c’est LETTRES DE FEMMES, un magnifique film d’animation français, en stop motion. Le film représente avec beaucoup de poésie la portée du genre fantastique qui, allié à  une sensibilité artistique et à  un talent d’écriture, parvient à  aborder des sujets de manière onirique et touchante.

 

Pour toi c’est quoi le fantastique?

Pour moi, le fantastique c’est cette liberté créatrice où il est possible d’exprimer toute une palette de choses sans être handicapé par un réalisme trop terre-à -terre.

 

 

Ta catégorie de films préférée au NIFFF?

Peut-être New Cinema from Asia, notre compétition asiatique. C’est un cinéma que j’aime énormément et qui mériterait d’être mieux diffusé dans nos contrées, et autrement que par l’approche parfois trop auteuriste des grands festivals européens.

 

 

L’invité que tu voudrais accueillir au NIFFF?

Il s’agirait sans doute de cinéastes asiatiques justement. Il y en a tellement! Soit des acteurs iconiques (Sonny Chiba, Gordon Liu, Meiko Kaji), des figures du cinéma d’arts martiaux (Yuen Woo-ping, Jackie Chan, Sammo Hung, Jet Li – la liste est longue…), ou encore des cinéastes que je vénère, tels que Tsui Hark ou John Woo. Ce sont tous des personnages qui ont façonné ma cinéphilie et qui ont enrichi le cinéma à  leur manière. Ce serait l’occasion de faire (re)découvrir leurs oeuvres au public du NIFFF!

 

Le NIFFF c’est plutôt un public initié ou des curieux?

Je dirais que le NIFFF compte autant d’initiés que de curieux; finalement, les deux catégories tendent parfois même à  se confondre.

 

Quels échos avez-vous de la part du public?

Tous les spectateurs ne recherchent pas forcément la même chose en venant au NIFFF. Nous essayons au mieux de présenter un programme de films et d’événements variés. Il y a souvent une grande différence dans la provenance des Š«uvres, dans leur utilisation du genre et dans leur mode de production. De ce fait, les échos que nous entendons s’avèrent également très variés, mêmes s’ils s’accordent souvent sur leur contentement de la programmation et du festival!

 

Le NIFFF contient les conférences Imaging The Future. Si tu devais toi-même imager le futur, comment le ferais-tu?

Cette question demande du temps de réflexion! J’imagine des voitures volantes, des robots et surtout beaucoup d’électronique – Orwell et autres Asimov m’influencent assurément!

 

Plus en lien avec les nouveautés de l’année maintenant: avec deux salles en plus et une catégorie de films supplémentaires, combien de films supplémentaires seront projetés comparé à  l’année dernière?

Techniquement, il n’y a pas vraiment deux salles supplémentaires, puisque nous «remplaçons» les Apollo par les Arcades et le Bio… En plus des films, cette année nous avons également beaucoup d’événements spéciaux et de conférences, qui sont notamment liés à  notre rétrospective musicale WHEN MUSIC SCORES!

 

Depuis 13 ans que le NIFFF existe, il est étonnant que le documentaire entre seulement cette année au programme du festival…

Le NIFFF enrichit sa programmation d’année en année, en ajoutant des sélections, des événements… Les documentaires ont toujours eu le vent en poupe – surtout en Suisse! – mais depuis quelques années il semblerait que l’on s’intéresse de plus en plus sérieusement à  l’histoire du genre fantastique et à  ses dérivés.

La sélection de films et de sujets abordés touche autant à  des choses pointues que grand-public, ce qui permet d’intéresser autant le public néophyte que les fans de la première heure. REWIND THIS par exemple est consacré au support capricieux de la VHS, qui a touché toute une génération. Nous consacrons également un petit programme à  Roland Klick, un réalisateur oublié mais culte qui nous fera l’honneur de sa présence au festival. HISTOIRES DU GENRE permet véritablement de (re)plonger le public dans une série de thématique liées au fantastique, soulignant également l’importance du fantastique et son rôle dans le patrimoine cinématographique.

 

Info


Neuchâtel International Fantastic Film Festival, du 5 au 13 juillet 2013 à  Neuchâtel. Programme complet: nifff.ch