Culture | 04.06.2013

Contreband(e) musicale

Texte de Sarah Gay-Balmaz | Photos de Sarah Gay-Balmaz
Du 30 mai au 2 juin, Neuchâtel a accueilli sur les quais des Jeunes-Rives la 12ème édition du Festi'neuch. En quatre jours, la ville a vu passer une cinquantaine d'artistes. Tink.ch était présent jeudi soir. Reportage.
De gauche à  droite, les membres du groupe Contreband: Raphaël Ortis, Raphaël Pedroli et Colin Vallon. Ambiance détendue à  la rencontre de ces trois passionnés de musique.
Photo: Sarah Gay-Balmaz

Les quais bordant le lac de Neuchâtel s’animent et le moins que l’on puisse dire c’est que ce n’est pas dû au beau temps… Le 30 mai, des milliers de festivaliers ont en effet bravé les intempéries et se sont amassés à  Neuchâtel pour le Festi’neuch. Venus écouter le rock revisité de Contreband, le hip-hop enflammé de Nas ou encore le trip hop de Wax Tailor, les ambitions de chacun quant à  cette soirée étaient diverses. Mais le but est commun: prendre du bon temps. Le ton est donné.

 

Contrebande musicale

Le groupe suisse Contreband ouvre le bal des festivités. Colin Vallon, Raphaël Pedroli et Raphaël Ortis livrent une prestation qui mêle consonances rock et ambiance jazzy. Plutôt logique de la part de ces trois musiciens possesseurs de formations en écoles de jazz.

 

Leur groupe, né dix ans auparavant, reste pour eux un projet satellite, leur point de chute commun comme ils le définissent. A la base de ce projet, on retrouve une volonté partagée de détourner les standards pour les réinterpréter selon leurs envies. «On réinterprète de manière personnelle les chansons ayant bercé notre jeunesse», confie Raphaël Pedroli. «Au fond, la musique est là  pour être changée et adaptée aux envies de chacun». De la contrebande musicale en somme…

 

Ambiance spontanée

En plus de revisiter des classiques de Portishead, Nirvana ou encore des Pixies, Contreband se distingue des groupes «conventionnels» par une recherche de spontanéité et un set variant suivant les ambiances. Festi’neuch leur a donné la possibilité de se produire deux soirs, jeudi et samedi. Une sorte de carte blanche afin de les laisser libres d’interpréter leur musique en fonction du moment présent. Mais pourquoi une telle démarche? Colin Vallon l’explique: «Etant pianiste, j’ai eu l’habitude de jouer de manière relativement cadrée. L’improvisation ainsi que le côté électrique de notre musique permet de pouvoir vraiment « envoyer » ce que l’on a en nous, ce que l’on a envie de transmettre». Ce à  quoi Raphaël Pedroli ajoute: «La liberté qu’on s’octroie nous place comme sur une corde raide. Des fois ça casse, mais des fois cela laisse place à  des instants magiques où tout s’accorde parfaitement». Plutôt qu’un set paramétré qui serait toujours semblable, les trois compères recherchent le feeling de l’instant, tissé autour d’un cadre défini, travaillé auparavant.

 

Le partage avant tout

Le choix de Contreband de reprendre des morceaux relativement connus ne dépend pas seulement des envies et goûts personnels des membres du groupe. Raphaël Ortis précise: «Cela permet aussi de rendre notre démarche perceptible auprès du public.» En effet après avoir reconnu un morceau, le jeu est lancé. Ambiance «quizz musical» dans le public! Avec des projets de résidence à  Vevey, à  Cully ainsi qu’une tournée en Russie, les membres de Contreband comptent bien continuer à  partager leur passion pour la musique.

 

Ambiance détendue pour continuer et finir la soirée

Après cette rencontre tout en simplicité, les concerts s’enchaînent. De la pop-rock du groupe bâlois The Bianca Story qui entraîne le public dans des mouvements de danse endiablés, au trip hop de Tricky tantôt calmant ou déchaînant la foule, en passant par le rap calibré de Rootwords: la bonne ambiance était au rendez-vous. Point culminant de la soirée, le concert du rappeur Nas a fait lever bien des bras sous le chapiteau. Nul doute que le festival se serait plus enflammé si la pluie avait fait une trêve de quelques jours… Cela dit, pour les courageux qui ont répondu présents, le jeudi soir du Festi’neuch a certainement été une coupure rafraîchissante à  l’approche des examens ou une pause bienvenue dans une semaine chargée. Rendez-vous en 2014 pour la treizième édition (qu’on espère moins boueuse!)