27.05.2013

Objet gonflable non identifié

Texte de Juliette Ivanez
Mardi dernier, les étudiants de l'Université de Genève ont eu la surprise de découvrir un iceberg gonflable de 7 mètres de haut, trônant dans le hall du bâtiment principal. Tink.ch est allé à  la rencontre des jeunes responsables du monstre glacé, afin d'en savoir plus sur leur initiative.
Quoi de mieux qu'un iceberg pour attirer l'attention sur le changement climatique? Objet de la campagne de promotion, l'expédition "Planet Solar Deepwater" parcourra bientôt le Gulf stream pour observer les bouleversements du climat. Sandra, Eva, Antoine, Catia, Belinda et Fanny (de gauche à  droite) ont du relever leurs manches pour gérer la mise en place de l'iceberg. La structure gonflable était au cŠ“ur de la campagne de promotion que ces étudiants en communication ont eux-mêmes conçue. Photos: Eva Hirschi

Une structure blanche et imposante, visiblement faite de plastique, et qui ressemble à  s’y méprendre à  un bout de glace venu tout droit d’Antarctique: l’objet a de quoi dérouter les premiers étudiants arrivés sur place. Il est vrai que le hall d’Unimail, à  l’Université de Genève, est traditionnellement plutôt animé. Mais jamais, de mémoire d’étudiant, on n’avait vu pareille chose.

 

Les théories les plus folles fusent: pièce d’art contemporain, action publicitaire pour un hypothétique second volet du film Titanic? Pas évident à  première vue, de comprendre la fonction de cet objet gonflant non identifié. De mystérieuses affiches bleu lagon disséminées dans le bâtiment questionnent les passants: «Que fait un iceberg à  Unimail?». Un QR code à  scanner semble être la seule piste vers un début de réponse. La curiosité l’emporte, on dégaine son smartphone, et le temps de balayer l’image une page web dévoile les secrets de l’iceberg…

 

Un bateau vert le long du Gulf stream

Si vous aussi, de passage à  Unimail, avez suivi l’indice du QR code, ou tout du moins si vous avez été fortement intrigués par cet objet immaculé, c’est qu’Eva, Antoine, Fanny, Sandra, Catia et Belinda ont bien fait leur travail. Etudiants en master en sciences de la communication et des médias, ils ont été mandatés par le département communication de l’Université pour assurer localement la promotion de l’expédition PlanetSolar Deepwater.

 

 

Les apprentis créatifs ont donc dû imaginer une campagne de communication afin de faire connaitre et expliquer le projet. L’Université de Genève a conclu un partenariat scientifique avec les exploitants du MS Turanor, bateau de l’expédition PlanetSolar Deepwater. L’embarcation, qui fonctionne exclusivement à  l’énergie solaire, a été réaménagée pour accueillir du matériel et des scientifiques de l’Université. «Dans les prochaines semaines, le bateau parcourra le Gulf stream pour faire des prélèvements et observer les modifications du climat», explique Antoine [le Gulf stream est un courant marin qui longe la côte nord-américaine jusque vers l’Atlantique nord-est et qui joue un rôle important dans la circulation de la chaleur sur le globe et dans l’équilibre climatique en général, ndlr].

 

Procédé audacieux

La campagne, réalisée sous la forme d’un teasing, devait être suffisamment énigmatique pour inciter les personnes à  s’informer sur l’expédition. «Notre but était d’attirer visuellement l’attention des jeunes sur ce projet écologique et scientifique qui a priori, ne les intéresse peut-être pas beaucoup», précise Fanny. Pour cela, rien de tel que l’imposant iceberg. Depuis son installation en début de semaine dernière, la structure est progressivement dégonflée, symbolisant la fonte des glaces.

 

Efficace? Esthétique, en tout cas. «C’est joli, ça fait du bien de le voir ici!», s’exclamait un passant. Mais pour certains, la nature de la forme immaculée ne sautait pas aux yeux et sa signification restait ambigüe. Yann, étudiant, entretenait le mystère avec humour en twittant jeudi dernier: «Gonflé, dégonflé, gonflé, dégonflé…L’iceberg géant d’Unimail symboliserait-il les troubles de l’érection?». Le bilan est tout de même positif, selon Fanny: «Au moins, tout le monde à  l’Uni a vu notre iceberg!». Et l’action a été plutôt bien relayée sur les réseaux sociaux. «On a fait parler de nous, c’est bien le but d’une campagne de teasing», ajoute Antoine.

 

«Sortir de l’abstrait»

Pour Fanny, Antoine et leurs collègues, l’aventure a commencé lors d’un cours qui leur a donné l’occasion de mettre en pratique leurs connaissances. Ils ont du imaginer une stratégie de communication, cibler leur public, se répartir le travail et bien sûr gérer un budget. «On avait reçu un budget de 5000 francs, mais l’iceberg en coûtait 7000», précise la jeune fille. Comme il était fait sur mesure et de bonne qualité, l’Université a finalement accepté d’augmenter l’enveloppe et de financer entièrement la structure.

 

 

«Ce projet nous a permis de sortir de l’abstrait», poursuit Fanny. «On a beaucoup appris en faisant de petites erreurs lors de cette expérience». L’expérience iceberg leur sera utile le jour où ils devront mettre en place des campagnes de plus grande ampleur. Selon Antoine, et du sentiment général de l’équipe, «c’est le meilleur moyen d’apprendre».

 


Info

Le groupe d’étudiants en charge de la campagne a réalisé une vidéo micro-trottoir afin de recueillir les impressions et réactions du public face à  l’iceberg. Vous pouvez découvrir la vidéo à  cette adresse.

Ähnliche Artikel