Culture | 23.05.2013

Le hip hop, une passion et du partage

Depuis plus de six mois, sept amis valaisans passionnés de hip-hop alimentent régulièrement un blog contenant divers articles sur les plus grands noms du milieu. Ainsi que sur ceux qui feront l'avenir de ce genre musical. Découverte.
Les rédacteurs du blog Hip Hop State of Mind au complet.De gauche à  droite : (en haut) Patrik, Dimitri, Jonathan, Manu; (en bas) Kevin, Loïc et Bastien.
Photo: © Sarah Gay-Balmaz

C’est après une énième discussion entre amis à  propos d’artistes hip-hop que Kevin, jeune montheysan (VS) de 21 ans, décide de créer un blog entièrement consacré au sujet. Il contacte six amis tout aussi passionnés que lui par le monde du rap et voilà  maintenant six mois que chacun d’eux écrit régulièrement des articles sur leur blog Hip Hop State of Mind. Ce nom a été choisi en référence à  la chanson New York state of mind du rappeur Nas. Focus sur des jeunes impliqués qui partagent coups de cŠ«ur et coups de gueule sur fond sonore de rap.

 

L’union fait la force

Entre chroniques d’albums, découvertes, top 20 des chansons du mois ou encore rétrospectives, les articles sont pour le moins divers, s’imprégnant de l’expérience et des goûts de chacun. Les sept amis ont tous des influences, références et sujets de prédilection qui leur sont propres. Si certains préfèrent le rap américain des icônes reconnues au rap français plus conscient (et inversement), d’autres s’intéressent plutôt aux nouvelles figures underground, tandis que les derniers sont passionnés par l’aspect soul du genre musical. Chacun apporte ainsi sa pierre à  l’édifice, créant de fait un blog éclectique.

 

Ainsi, nous retrouvons, à  la lecture, différentes influences, mais également différents styles d’écriture. Mais comme Jonathan, l’un des sept bloggeurs, nous l’affirme: «Nous essayons d’avoir un style qui nous accorde une certaine crédibilité, même si nous gardons une part de subjectivité et écrivons avant tout sur ce qui nous plaît.» Le vocabulaire spécifique à  la culture hip-hop ainsi que les références à  foison sont témoins d’un réel travail de fond pour comprendre les albums et autres mixtapes (mini album non-officiel partagé gratuitement sur internet).  S’il est parfois compliqué pour les non-initiés à  la culture hip-hop de comprendre tous les détails des articles, pas de panique! Des liens renvoient sans cesse à  des pages permettant d’approfondir les sujets évoqués… Eh oui, parce que le blog est avant tout un partage!

 

Une logique de découverte

Mais pourquoi s’impliquer dans un tel projet ? Pour chacun de ces jeunes, le hip hop est avant tout une passion. Loïc affirme: «Au final, nous avons encore plus de plaisir à  écrire que si nous parlions juste de nos goûts musicaux entre nous. Le blog nous pousse à  nous pencher encore plus sur la musique et à  découvrir les rouages qui se cachent derrière les chansons.» En effet, on retrouve sur Hip Hop State of Mind des articles expliquant l’histoire qui se cache derrière les paroles d’une certaine chanson ou les mélodies derrière le flow d’un rappeur. L’optique du blog est donc d’aller plus loin que la simple écoute en tentant de replacer les contextes entourant les artistes, albums et chansons.

 

Et la suite ?

S’il est vrai qu’en Suisse, la culture hip hop est peu représentée au niveau des artistes, bien que présente dans certains festivals tels que Frauenfeld ou encore Royal Arena, les jeunes rédacteurs remarquent un certain renouveau ailleurs, marqué par un retour aux sources mêmes du hip hop, notamment dans les mélodies. Patrik explique également: «Avant, les artistes ne pouvaient être connus que par l’intermédiaire des labels, mais désormais avec internet tout devient accessible. Cela donne l’occasion de se pencher sur des artistes moins connus.»

 

De plus, bien souvent, les gens ont une image violente du monde du rap. Mais après trois ans à  écumer les festivals, les rédacteurs de Hip Hop State of Mind sont formels: « Malgré une programmation 100% hip hop et plus de 50’000 spectateurs, nous n’avons jamais vu une seule bagarre à  ces festivals. C’est le rap commercial qui contribue à  ces préjugés car la violence est souvent vendeuse…» Désormais, ils remarquent une distanciation des clichés entourant le rap, comme Bastien le confirme : «En France, pas mal d’artistes se tournent vers un rap plus conscient.»

 

Si le rap est en mutation, le blog Hip Hop State of Mind à  quant à  lui de beaux jours devant lui. Avec plusieurs propositions de collaborations d’autres blogs consacrés au monde du rap, nul doute que les sept jeunes ne sont pas prêts d’arrêter de partager leur passion.

 

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