06.05.2013

L’art de…prendre le temps

Ceux qui me connaissent bien vous diront que je ne suis, de loin, pas la mieux placée pour conseiller à  qui que ce soit de profiter de la vie de manière mesurée et raisonnable.
Sur le marché aux puces de Plainpalais à  Genève, les objets rencontrés au hasard des flâneries poussent parfois à  la réflexion.
Photo: Léonore Stangherlin

Récemment, mon corps a dit «STOP!»… J’avais tout simplement oublié que même mes journées n’ont que 24 heures.

 

Notre rapport au temps a changé

Depuis, je suis en repos forcé. En flânant au marché aux puces, je me suis tout d’un coup rendu compte de l’importance du temps. Et ce déclic, c’est en regardant ce stand-là  qu’il m’est venu. Ce n’était pas le premier que je croisais à  crouler sous horloges, cadrans, montres et autres chronomètres. Mais c’est à  cet instant que j’ai compris que notre rapport au temps avait changé.

 

Qui d’entre nous, lorsqu’on nous demande l’heure, regarde encore sa montre? Qui ne se sert pas encore de son téléphone portable? Je suppose que nous sommes bien peu… Le temps est en train de perdre les objets qui lui étaient jusque là  dédiés. C’est la première pensée qui m’est venue devant ce stand de montres qui ne trouveront sans doute plus de poignets, et d’horloges qui se déglingueront avant d’avoir trouvé propriétaire.

 

Le temps est précieux

Puis je me suis demandée: «Le temps est-il donc de moins en moins physiquement présent pour nous?» Oui, mais il est de plus en plus précieux. Nous vivons à  une époque où un seul tweet peut faire perdre en une seule minute plusieurs dizaines de milliards de dollars à  la bourse américaine. Une minute? Qu’est-ce que cela représente dans nos vies? Strictement rien. Et pourtant, un sacré paquet de pognon perdu. Le temps est précieux, plus que jamais.

 

Cette valeur du temps exerce sur les hommes et surtout sur nous, les jeunes, une pression constante. «Prendre les bonnes décisions» ou encore «ne pas traîner» sont des expressions fréquentes dans les discussions où il est question du futur. «Profiter de la vie» revient constamment lorsqu’il s’agit du présent. Mais si j’écris cet article, c’est parce que je pense que l’on se trompe. En tout cas, c’est parce que je me suis rendu compte que je me suis trompée.

 

Parce qu’il n’y a pas de bonne ou de mauvaise décision, juste des décisions assumées ou pas; parce le plus important n’est pas vraiment d’arriver le plus vite à  son but mais d’y arriver dans des conditions viables, qui nous permettent de durer. Je ne pense pas que notre vie soit un sprint, je pense que c’est un marathon. Personne n’affirmera que s’essouffler pour aller le plus vite possible au début est le meilleur moyen de bien arriver à  la fin.

 

Et, devant ce stand chargé de montres, je suis arrivée à  la conclusion que nous devions réapprendre à  apprivoiser le temps sans nous laisser écraser par la pression qu’il exerce sur nous. Je me suis rendue malade en essayant à  tout prix d’utiliser, de savourer, de capturer la moindre seconde. Je commence, lentement, à  me rendre compte qu’une très belle façon de profiter de ce temps, c’est de le laisser s’écouler en souriant.

 

 

Info


Le marché aux puces de Plainpalais à  Genève est un endroit fascinant dont les objets, souvent bizarres, étranges ou parfois juste beaux, ont parsemé ma vie jusqu’à  maintenant. «L’art de…» est une chronique pour vous faire découvrir ce lieu pas comme les autres et ses objets hétéroclites.

 

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