Culture | 28.05.2013

La musique: un cri du peuple

Texte de Lauriane Genoud | Photos de Tink.ch
Le 30 mai, et jusqu'au 2 juin, le Festi'neuch' ouvre le bal des festivals de l'été. Même si le programme en a laissé plus d'un perplexe, Malvin Zoia, passionné de festivals se réjouit de cette édition 2013. Il nous dévoile également l'histoire d'amour entre lui et les festivals. Interview.
Photo: Tink.ch

En début de mois de juin, le Festi’neuch ne peut mieux tomber pour démarrer l’été en beauté (si toutefois la météo nous fait clémence). Mais si les programmations laissent parfois de marbre, comme c’est le cas de celle du Festi’neuch cette année, les festivals sont toujours l’occasion d’oublier les problèmes et de partager un bon moment. Rencontre avec Malvin Zoia, jeune vaudois et festivalier passionné qui nous dévoile l’histoire d’amour entre lui et les festivals. Interview.

Quel est ton avis sur la programmation 2013 du Festi’neuch?

Il est vrai qu’en termes de programmation au Festi’neuch, j’ai vu mieux! Quand on pense que Cypress Hill, Hocus Pocus et DJ Shadow sont venus en un soirée il y a deux ans… Mais il y a aussi du très bon cette année, et du varié: un premier soir hip-hop qui risque de ravir pas mal de monde, surtout avec Nas qui vient de s’annoncer. Le deuxième soir bien électrisé, avec Boys Noize, Vitalic, Kid Koala et le très bon Sébastien Tellier, musicien montant de la scène francophone. Un troisième soir assez surprenant, mélangeant les rimes de Orelsan, la poésie d’Olivia Ruiz et la pêche de Stéphan Eicher. Et enfin, un dernier soir « découverte », avec la présence de Rachid Taha qui se produit très rarement dans la région! Je me réjouis d’avance !

Et pour ce qui est du cadre et de l’ambiance, je trouve génial que ce soit au bord d’un lac. J’ai toujours vécu à  proximité d’un lac, et c’est toujours un plaisir quand des activités estivales se déroulent sur ses berges. On danse, on court après les canards, cela donne un cadre et une énergie qu’on ne trouve nulle part ailleurs. La Caribana Festival se déroule aussi sur les rives, du Léman celui-ci. Par contre à  propos du temps qui est censé être estival début juin, je ne pense pas que mère nature sera de la partie cette année, à  nous d’y mettre alors toute l’énergie nécessaire pour en faire malgré tout, une bonne édition 2013!

Tu es un festivalier passionné et endurci. Qu’est-ce qui t’attires autant dans ces manifestations ?

En effet, je suis un festivalier endurci. J’ai été depuis tout petit habitué à  ce genre d’événements grâce à  mes parents, qui m’amenaient sur le dos au Paléo Festival! Autant vous dire que c’est eux qui ont allumé la mèche de cette passion pour la musique, avec Dire Straits, Pink Floyd, Bob Marley ou encore Queen. Mais la musique, ce n’est pas seulement des notes et des instruments! C’est aussi un cri du peuple, un appel à  la joie et à  l’ouverture! On ne retrouve ces ambiances qu’aux festivals. Pouvoir danser et s’habiller comme il nous plait, c’est un bonheur que malheureusement nous avons tendance à  oublier… La musique est bel-et-bien le langage universel par excellence !

Qu’aimes-tu retrouver dans un festival?

J’ai partiellement répondu à  cette question dans la précédente. Simple remarque qui pourrait résumer un peu le tout: je ne pourrais pas aller à  un festival seul. Oui, certes, on rencontre pleins d’autres gens, et c’est génial! Mais que c’est bon de pouvoir partager ces moments avec des proches… Et personnellement, je ne me reconnais pas à  un concert. Le monde et les problèmes autour de moi n’existent plus, je deviens une bête de musique!

Trouves-tu qu’à  présent les festivals suivent un mouvement trop commercial et vendeur? Penses-tu qu’ils ont perdu un peu de leur « esprit festivalier » d’antan?

Il faudrait d’abord définir ce qu’est réellement « l’esprit festivalier ». Je déteste généraliser trop vite. Certes, on voit de plus en plus les mêmes têtes dans les festivals d’été de la région. Simple exemple: la première fois que j’ai vu le programme des Eurockéennes à  Belfort (qui est tout bonnement génial), j’ai parié retrouver pleins de ces groupes au Paléo. Résultat: pari gagné, avec les deux premiers jours Asaf Avidan, Alt-J, The Smashing Pumkins, Phoenix, ou Bloody Beetroots.

L’aspect commercial est malheureusement de plus en plus présent, et c’est normal vu l’ampleur que prennent ces festivals! Mais je ne suis pas du genre à  me plaindre, car si on regarde mieux, il y en a pour tous les goûts! Et il existe des festivals à  programmation alternative (je pense notamment au Dour, en Belgique). Donc ne nous plaignons pas, les programmes des festivals de cette année me conviennent très bien, et on peut trouver de petits artistes qui ne se produisent pas souvent et qui réservent bien des surprises !

Le mot de la fin?

En résumé, deux mots d’ordre pour cette année: la découverte et le plaisir! Au Festi’Neuch, comme dans les autres festivals, on y va en oubliant les idées reçues et on s’éclate tout en partageant des moments musicaux et conviviaux, si représentatifs des festivals open-air. Et si Malvin Zoia ne vous a toujours pas convaincus alors c’est qu’on ne peut plus rien faire pour vous.