Culture | 23.04.2013

Un souffle d’espoir

Le 18 avril, la programmation du FIFOG (Festival International du Film Oriental de Genève) était consacrée aux films égyptiens.
Tourné en 2012, "Asham" de l'égyptienne Maggie Morgan suit les destins croisés de six couples issus de milieux très différents.
Photo: DR La danseuse Nadia Makhlouf a rendu un hommage vibrant à  l'Egypte en prélude à  la projection de "Asham". Tamina Wicky

A l’occasion de cette journée consacrée au cinéma egyptien, les spectateurs ont profité d’un trop court hommage à  la diva égyptienne Oum Kalthoum, présenté par la danseuse Nadia Makhlouf. Cette performance était suivie de la projection de Asham («espoir» en arabe), le premier film de la réalisatrice égyptienne Maggie M. Morgan. Ce long métrage tourné en 2012 et concourant pour le prix remis par le FIFOG dans la catégorie éponyme, met en scène six couples issus de différents milieux de la société égyptienne, et dont les histoires vont s’entremêler.

 

Un film plein de fraîcheur

A travers l’humour, l’espoir est évidemment très présent durant le film. Il est surtout symbolisé par Asham (joué par Shady Habashy), un vendeur de rue qui donne des conseils aux passants, alors qu’il est peut-être celui dont la situation est la moins enviable. Maggie Morgan confie d’ailleurs avoir eu l’idée de son film en voyant un homme distribuer des flyers dans la rue, en costume de clown. Peu de temps après, elle lit un poème d’Amin Haddad dont l’un des vers dit «Personne ne mérite de porter un énorme costume et de se tenir devant un fast-food», ce qui lui donne le point de départ de son scénario.

 

Reda, jeune femme venue au Caire pour travailler dans les toilettes de l’immense mall de «City Star» est également l’une des figures positives du film. Malgré le comportement acariâtre de sa cheffe, Reda l’aidera lorsqu’elle sera malade et travaillera sans broncher devant les injustices dont elle est victime. Ce personnage peut sembler niais au premier abord, mais on se rend compte au fil de l’histoire que sa gentillesse ne lui amène pas que des désagréments. Ce rôle est d’ailleurs très bien porté par la jeune actrice Naglaa Younis. La réalisatrice a expliqué après la projection avoir demandé à  ses acteurs d’improviser, élément procurateur de la fraîcheur du film.

 

Des problématiques universelles

Les couples mis en scène sont issus de milieux très différents, pauvres ou bourgeois, musulmans ou chrétiens. Ils sont confrontés aux difficultés de la vie quotidienne en Egypte. Mais comme le fait remarquer une spectatrice après la projection, les problèmes exposés sont universels. En effet, tout le monde peut être touché par ce couple qui peine à  avoir un enfant, ou cette femme inquiète de la santé de son mari après avoir appris qu’il a subi des analyses médicales.

 

La réalisatrice s’est d’ailleurs réjouie de l’accueil du public, tout en expliquant que le FIFOG était le premier festival occidental qui programmait son film et qu’elle avait craint de ne pas être comprise par un public étranger.

 

Une société égyptienne hétérogène

Toutefois, Asham aborde aussi des thèmatiques plus propres à  l’Egypte, comme l’émigration, au travers d’un couple séparé par une proposition de travail à  l’étranger que le fiancé ne peut refuser dans un contexte économique tendu. Mais c’est surtout la diversité de la société égyptienne que met en avant ce film. Qu’y a-t-il de commun entre une aide-soignante illettrée et secrètement amoureuse du médecin pour qui elle travaille et un couple de jeunes bourgeois confrontés aux préjugés de leur classe sociale?

 

Asham expose une Egypte à  la veille du Printemps Arabe, plombée par les problèmes économiques mais où chaque protagoniste espère un avenir meilleur. Tel que Maggie Morgan l’exprime sur le site internet du film, Asham est conforme à  la volonté de «briser les murs élevés entre les gens selon leur classe sociale, leur religion, leur sexe, ou le métier qu’ils exercent