Culture | 16.04.2013

Un rap KT Gorique

Texte de Sarah Gay-Balmaz | Photos de © patchomag.ch
Sacrée championne mondiale End Of the Weak 2012, KT Gorique, une jeune martigneraine (VS) de 21 ans partage sa passion pour le hip-hop sur de nombreuses scènes suisses. A l'approche de la sortie de son premier EP (mini-album), la valaisanne se dévoile pour Tink.ch.
La rappeuse KT gorique compose depuis son plus jeune âge. En août 2012, elle a remporté le titre mondial de rap freestyle à  New York.
Photo: © patchomag.ch

Le 31 août 2012 est une date que l’artiste KT Gorique ne risque pas d’oublier; après des sélections suisses et un titre national, la rappeuse remporte à  New-York le titre mondial End Of the Weak 2012 (EOW), compétition internationale de rap freestyle. Elle devient de fait la première femme et première suisse ainsi que la plus jeune à  gagner ce concours.

 

Le rap, une passion

Si KT, comme elle se fait appeler, a gagné en notoriété depuis sa victoire, montant sur la scène de prestigieux festivals tels que le Caprices en mars dernier cette jeune valaisanne n’en est pourtant pas à  son coup d’essai. En effet, elle compose depuis toute petite des textes en rimes, transformés en chansons, qu’elle rappe dans sa chambre lorsqu’ elle a découvre la culture hip hop. A 14 ans, elle crée son groupe de rap «Frères Incendie», devenu depuis une deuxième famille. Si écriture et musique font partie de son mode de vie depuis longtemps, KT ne se prédestinait pourtant pas à  la scène solo ni au freestyle. C’est pourtant ce domaine qui l’a propulsée sur le devant de la scène grâce à  End of the Weak.

 

Une démarche personnelle

Désormais, c’est avec ses chansons au débit inlassable que KT se fait remarquer. Les textes qu’elle écrit mélangent thèmes personnels et réflexions sur la société actuelle. KT y débite des paroles tranchantes, sans équivoques; bref, catégoriques. Mais si son style balance entre rap engagé et personnel, l’écriture est pour elle avant tout un réel exutoire. Elle déclare même dans sa chanson Définition: «Si tu m’écoutes, tu joues le rôle du psychologue». KT s’explique ainsi: «Au fond, ma démarche est égoïste. Je déballe ce que je n’arrive pas à  exprimer dans la vraie vie par pudeur». Malgré sa retenue initiale, c’est avec plaisir et simplicité que KT partage sa passion sur scène: «Sincèrement, pour moi au final l’écriture ce n’est pas du travail. C’est ma passion, ma vie». Preuve en sont des paroles enregistrées sur son téléphone, écrites au détour de voyages en train ou autre.

 

Au-delà  de la réussite, les obstacles

Même si la jeune valaisanne expose désormais son talent sur de nombreuses scènes, elle a dû se heurter à  plusieurs obstacles. «Les clichés autour de la culture hip hop n’incitent pas les salles à  nous programmer… Les gens s’attendent à  ce qu’un concert de rap provoque des bagarres». Mais plus que les préjugés sur le rap, c’est principalement les préjugés sur les femmes que KT a dû affronter: «J’ai été la première fille à  m’inscrire à  l’End Of the Weak… On s’attend à  ce que tu fasses du Kenny Arkana ou du Diam’s sous prétexte que tu es une fille; du coup tu dois bosser 15 fois plus pour montrer que tu peux avoir ton propre style». Son titre mondial prouve néanmoins que les femmes ont tout autant leur place que les hommes dans un milieu hip hop souvent macho.

 

Si son rêve de petite fille reste d’être rappeuse, KT prépare en ce moment son entrée dans une école qui lui permettra de devenir animatrice; un métier de partage, tout comme sa passion pour la musique qu’elle communique sur les scènes suisses ainsi que sur sa chaîne youtube (ktgorique), à  l’approche de la sortie de son EP Qui sème le vent, téléchargeable fin avril.

 

Info


Si vous désirez suivre les traces de KT et vous confronter à  d’autres rappeurs pour avoir la possibilité de remporter le championnat End Of the Weak, les prochaines sélections se dérouleront à  La Chaux-de-Fonds. Rendez-vous est pris le 20 avril au Bikini Test.