Culture | 25.04.2013

Rire pour résister

Texte de Joëlle Misson
Anne Maron est allée à  la rencontre du directeur artistique du FIFOG, Tahar Houchi. Entretien.

Le FIFOG, c’est 10 jours d’un festival vraiment particulier. En effet, si dans l’actualité récente, le Moyen-orient et le Maghreb – à travers les différents printemps arabes ou le conflit israélo-palestinien – ont été sous les feux des projecteurs (et pas que des projecteurs…), il est un autre aspect qui a été moins abordé: le cinéma. Or ces régions, ces pays, ces peuples et ces cultures ne se réduisent pas à ce que les médias nous transmettent.

La musique et l’humour sont les deux thèmes principaux de cette 8ème édition offrant une multitude de films au FIFOG. Alternant films d’animation, longs et courts-métrages ainsi que documentaires, une centaine d’oeuvres sont été projetées dans quelque 10 salles de la ville de Genève pendant les 10 jours qu’a duré le festival. Ces deux aspects de l’art cinématographique ont été observés à travers le prisme de la résistance. Résistance pacifique mais efficace face aux oppressions et à ceux qui réduisent les libertés. Tahar Houchi, directeur artistique du festival le précise: « au-delà du divertissement, c’est la contestation des tyrannies et la correction des mœurs dont il s’agit (…) l’humour et la musique sont des indices de mesure de la santé de la société ».

Ces sociétés semblent donc se porter plutôt bien si l’on en juge le programme du festival. L’offre cinématographique est riche, passionnante et diversifiée. Comme l’explique Tahar Houchi, encore: « légion sont les artistes qui ont troqué leurs armes contre des instruments de musique en affaiblissant ainsi sérieusement plusieurs formes de pouvoirs liberticides. Souvent, les aspirations populaires trouvent leur expression de prédilection dans la musique et la danse. (…) Il en va de même pour le rire. »

Mais ce n’est pas tout. Les secousses sociales qui ont agité nombre de ces pays étant encore récentes, la discussion et l’écoute auront une place importante également. Des conférences et des rencontres ont été organisées avec des acteurs du monde cinématographique et culturel.

Enfin, l’invité d’honneur de cette édition 2013 était le Liban. Pourquoi? «Son cinéma est parmi les plus dynamiques d’Orient», affirme Tahar Houchi, qui s’exprimait sur le site unspecial.org. Il ajoute que ce choix est d’autant plus adéquat puisque «comme le 7ème art libanais n’est pas soutenu financièrement par l’Etat, la censure est moins présente dans le processus de production. De plus, le jeune cinéma libanais n’est plus dominé par la guerre, il préfère traiter depuis quelques années de sujets plus actuels tels les problèmes auxquels la jeunesse est confrontée».

Anne Maron est allée à la rencontre de Tahar Houchi. Entretien.

Podcast: Anne Maron
Texte: Antonin Python
Photo: Tahar Houchi lors de la cérémonie de clôture et remise des prix