Culture | 09.04.2013

Premier concert de Charles Pasi en Suisse: un jeu d’enfant

Décontracté, Charles Pasi, la «bouffée d'air» programmée par le Cully Jazz Festival, a offert deux heures d'une musique teintée de blues, le 7 avril sur la scène du Next Step.
Le jeune musicien d'origine franco-italienne Charles Pasi a usé de son talent et de son harmonica, dimanche soir au Cully Jazz Festival.
Photo: Karoline Eichler/Cully Jazz Blog

Un beau brun, casquette vissée sur la tête, chemise ouverte, entre en scène. Il est 19h35 et la salle du Next Step, alors baignée dans le noir, se rallume. Charles Pasi, 28 ans, son harmonica préparé à  ses pieds et ses trois musiciens accordés, démarre son premier concert en Suisse sans mot d’introduction.

 

Concert éclectique

Oscillant entre blues, soul et funk, le chanteur parisien et son groupe alternent morceaux de composition personnelle et reprises, avec un clin d’Š«il aux Red Hot Chili Peppers, un hommage à  Etta James et une interprétation de Valérie de Amy Winehouse, entre autres. L’air un tantinet rieur, le sourire aux lèvres, et après quelques échanges discrets avec ses musiciens, Charles Pasi explique sans honte qu’il n’a pas répété tous ses morceaux comme il faut… Alors le jeune artiste d’origine franco-italienne se lance, pourtant sans crainte. Des jam sessions, il en a vécues et il en profite toujours. Son harmonica, c’est son jouet. Et le musicien en joue à  merveille, comme de sa voix, quelque peu rauque, et très bien maitrisée.

 

Terrain de jeu

Mais je ne crois pas me tromper en affirmant que pour sa première scène au Cully Jazz Festival, Charles Pasi s’est surtout fait plaisir… et comme un gosse. Il en a charmé plus d’une avec le dernier titre de son concert, une reprise de The Way You Make Me Feel de Michael Jackson, alternant entre vocalises féminines et voix à  la Barry White sur le refrain. Avec quelques rires gênés derrière le micro, on craque. Et le public se dandine les yeux fermés.

 

Et parce que ce sont bien eux qui mettent aussi l’artiste en lumière, n’oublions pas les musiciens qui entourent le chanteur et harmoniciste en tournée. Ils sont tous mis à  contribution pour les backing vocaux: Joseph Champagnon à  la guitare, James Sofo à  la basse et Jonathan Grandcamp à  la batterie.

 

Le temps d’un tour de chaise musicale, pour Charles y compris, le groupe a montré que chacun pouvait assurer à  la place d’un autre sur scène. Et quelle surprise d’entendre le guitariste chanter plus que quelques paroles répétées dans les couplets…Pasi peut compter sur une valeur sûre en cas d’extinction de voix!

 

Le succès ne vient pas par hasard

C’est vrai que si on le croit nouveau, jeune donc inexpérimenté, on se trompe. Charles Pasi est bien jeune, il fait bien partie des découvertes musicales, des artistes montants de ces deux dernières années; mais le chanteur et compositeur parisien a pourtant tout d’un grand. Quelques-unes des routes musicales empruntées par le beau gosse: après des années d’études de musique jazz à  Paris, puis à  Rome, Charles Pasi croise la route de Carla Bruni, qu’il accompagne à  l’harmonica sur ses deux derniers albums. Il compose deux musiques de films et se fait connaître aux Etats-Unis, à  l’âge 21 ans: il a bien eu raison de partir pour Chicago, capitale du rythm’ and blues, et de se frotter aux plus grands pour voir si la musique était vraiment « son truc ». Il remporte quelques années plus tard, en 2006, Le Memphis blues Festival (Tennessee) avec Mainly Blue, son premier album autoproduit.

 

Ce dimanche soir, Charles Pasi nous a présenté son deuxième album Uncaged et nous a confié son univers musical, ses inspirations, son groove. Il nous a dit «merci, merci d’être venus, merci d’être restés» et s’en est allé, sautillant, sûrement pour  s’immiscer dans les caveaux du festival et sortir son harmonica pour subjuguer d’autres mélomanes suisses. On attend ses nouvelles dates dans nos contrées et son prochain album, prévu pour le mois de septembre.