Culture | 08.04.2013

«Notre objectif: dépasser les frontières»

Texte de Juliette Ivanez
Du 12 au 21 avril, le bout du lac Léman accueillera la 8ème édition du Festival International du Film Oriental de Genève (FIFOG). Des projections seront également organisées à  Versoix, à  Lausanne, et à  Gex en France voisine.
Le film libanais "Tannoura Maxi", de Joe Bou Eid, sera projeté les 20 et 21 avril à  la Maison des Arts du Grütli, dans le cadre de la thématique "Focus sur le Liban" du FIFOG. «Après huit ans d'existence, nous avons prouvé que ce que nous présentons répond à  un besoin», a déclaré Tahar Houchi, directeur artistique du FIFOG (à  gauche) lors de la conférence de presse du 4 avril (à  droite Guy Mettan, président du Club Suisse de la presse). Photos. FIFOG

C’est un festival déjà  bien ancré dans le paysage culturel genevois qui lancera, vendredi, les festivités de sa 8ème édition. En 2012, l’affiche du festival toute de bleue vêtue était synonyme «de réflexion et d’analyse» après les vagues du Printemps arabe. Pour l’édition 2013, le choix d’un visuel rouge exprime «la résistance au travers du rire et de la musique», selon Tahar Houchi, directeur artistique du FIFOG.

 

Résister autrement

«Quand les canaux d’expression politique sont bouchés, les artistes empruntent d’autres voies qui ne subissent pas la censure», poursuit le directeur pour justifier la présence d’une thématique nouvelle dans la grille de projection, regroupant films humoristiques et musicaux. Au programme notamment, Road to Kabul du réalisateur marocain Brahim Chikri: cette comédie aux couleurs locales a battu des records au Maroc, avec plus de 300’000 entrées dans les huit mois qui ont suivi sa sortie en avril 2012. Et pour accompagner la thématique musicale, le groupe Jil Gnawa Trio proposera vendredi soir un concert de musique traditionnelle au bar Le Chic à  Genève.

 

Regard spécial sur le Liban

En plus de sa section principale «L’Orient dans tous ses états», dont les films font écho à  l’actualité du monde oriental, le FIFOG présente cette année un focus spécial sur le jeune cinéma libanais. «Le Liban est un pays où l’espace culturel est ouvert à  toutes les tendances», explique M. Houchi. En tout, onze films libanais seront projetés durant le festival, dont Tannoura Maxi de Joe Bou Eid. Ce long-métrage, pris dans les tourments de la censure au Liban parce qu’il raconte l’histoire d’amour entre un futur prêtre et une jeune fille, sera présenté samedi 20 et dimanche 21 avril aux Cinémas du Grütli, en présence du réalisateur.

 

Pour compléter les projections, un brunch à  la mode du Liban et une rencontre-débat seront organisés le 20 avril, à  la libraire Arabe L’Olivier à  Genève, sur le thème «Le jeune cinéma libanais: état des lieux et perspectives».

 

Place aux jeunes

En plus des trois compétitions habituelles (longs-métrages, documentaires et courts-métrages), le festival organise cette année une compétition scolaire: un jury transcontinental, composé de jeunes du Cycle Seymaz à  Genève et du Collège Al Fiddia à  Agadir au Maroc, devront distinguer un film parmi les six qui leur seront soumis. Comme souvent au FIFOG, l’enjeu est de «comparer deux regards et mettre les choses en perspective», selon les mots de M. Houchi. Et de donner la parole aux jeunes, porteurs de bien des dynamiques. «Après huit ans d’existence, nous avons prouvé que ce que nous présentons répond à  un besoin», conclut Tahar Houchi. «Nous nous sommes dès le début fixé un objectif: dépasser les frontières. Et ces frontières sont avant tout mentales».

 

Info


Le FIFOG se déroulera du 12 au 21 avril à  Genève, à  la Maison des Arts du Grütli. Des projections auront également lieu à  Lausanne du 10 au 14 avril, à  Gex du 11 au 22 avril et à  Versoix du 26 au 28 avril. Programme complet à  cette adresse.