Culture | 30.04.2013

Florilège de Très Courts

Les 26 et 27 avril, l'Aula des Jeunes-Rives à  Neuchâtel accueillait le Festival international des Très Courts. Une cinquantaine de films de moins de trois minutes ont ainsi été projetés simultanément dans près de 100 villes, en Suisse et dans 23 autres pays.
A noter en compétition internationale, le très court Original Copy de Blake Eduardo Carreno nous vient tout droit de La Chaux-de-Fonds (NE).
Photo: affiche du Festival International des Très-Courts

Vendredi soir, 20h30 et étrangement, l’Aula de l’espace Louis-Agassiz, que les étudiants en lettres de Neuchâtel ont l’habitude de fréquenter, s’anime.  Etonnant pour un vendredi soir? Pas lorsque l’on sait que le ciné-club universitaire reçoit le Festival international des Très Courts. Cette compétition se déroule pour la quinzième année consécutive, conjointement dans près de 100 villes sur tout le globe, présentant une sélection internationale de films de moins de trois minutes. Découverte.

 

Melting-pot

Sur les quelque 2000 films proposés au festival, 46 seulement ont été retenus par un jury composé de personnalités touchant au monde cinématographique (producteur, éditorialiste, journaliste et comédien, entre autre). Entre histoires d’amour, ruptures douloureuses, vol, viol ou encore bagarres entre chats, les thèmes abordés sont pour le moins variés. Les séquences s’enchaînent, tantôt en prise de vue réelle,  en animation ou en stop motion (animation image par image). En bref un sacré melting-pot de films très divers, venus de partout dans le monde; de France comme des Etats-Unis en passant par la Roumanie. A noter au passage la présence d’un très court régional dans la sélection «compétition internationale»: en effet, Original Copy de Blake Eduardo Carreno, visible sur youtube notamment, nous vient tout droit de La Chaux-de-Fonds (NE).

 

Le très court, un défi

Mais pourquoi un format si court? Marc Bati, directeur du Festival des Très Courts explique dans l’édito du programme 2013 qu’il s’agit avant tout pour les réalisateurs d’ «un défi à  relever et de contraintes à  respecter.» En effet, en trois minutes, chaque détail compte. Et malgré le caractère succinct des films, c’est souvent un réel succès! Certains des très courts en compétition réussissent ainsi là  où des films de 2h30 échouent: ils provoquent des émotions en seulement quelques séquences. Tout au long des diverses projections du festival, le public passe ainsi du rire aux larmes, sans avoir le temps de se remettre de ses émotions entre deux films, ces derniers s’enchaînant inlassablement.

 

Le Festival des Très Courts nous emmène ainsi dans un grand-huit de sensations près de deux heures durant. On retiendra notamment le malaise inspiré par le règlement de compte de Deazularrojo de Ana Lorenz Fonfria ou le fou rire provoqué par les premiers émois de First Love de James Hartley, tous deux disponibles sur youtube.

 

Du temps pour les Très Courts

Tantôt poétique ou drôle, chaque production a sa propre empreinte. La grande diversité des films présentés permet ainsi de satisfaire tout un chacun: adepte d’esthétisme, de science-fiction ou encore d’animation. Le festival vise juste, présentant des Très Courts de divers horizons et genres, touchant de fait un large public. A Neuchâtel, une masse principalement estudiantine (qu’on pourrait penser plus habituée aux sorties en boîte du vendredi soir) s’est déplacée pour le festival. A une époque où la société semble prendre un rythme effréné, c’est avec plaisir que les jeunes (et moins jeunes) ont prit de leur temps pour les Très Courts projetés.

 

Info


Le 3 mai prochain, le jury décernera le Grand Prix, le Prix Animation ainsi que le Prix de l’Originalité à  Paris (FR). Un prix du public sera également annoncé, regroupant les avis des festivaliers du monde entier.

 

Le Festival des Très Courts se veut «un espace d’expression libre, ouvert à  tous». Si parmi les lecteurs de Tink.ch se trouvent des cinéastes en herbe, les inscriptions pour l’édition 2014 seront ouvertes dès le 1er octobre 2013 sur trescourt.com