18.03.2013

Une CHANGEmakeuz’ ambitieuse

Christelle, jeune femme dynamique de 25 ans est coordinatrice de projets environnementaux chez OneAction, association à  but non-lucratif, indépendante et apolitique basée à  Genève. Elle évoque son parcours impressionnant et atypique avant d'arriver à  ce poste. Rencontre.
Christelle a 25 ans, et s'est vue propulsée au poste de coordinatrice des projets environnementaux dès son arrivée chez OneAction.
Photo: © Selver Kabacalman

Comment t’es-tu retrouvée à  travailler pour OneAction?

C’est à  la fois par hasard et grâce à  mon réseau. Après mes études, j’ai enseigné à  l’Université au Costa Rica, puis, j’ai cherché du travail. C’est grâce à  « l’amie d’une amie d’une amie » que j’ai découvert l’association. Ensuite, les choses se sont passées très rapidement. L’association me plaisait, alors j’ai décidé de contacter le directeur, qui a été très intéressé par mon profil et m’a rapidement engagée!

 

En fait, cela s’est fait aussi rapidement parce que l’association n’avait pas de pôle environnemental très développé, mais était très impliqué dans des projets sociaux éducatifs, et vu que j’avais plus de 10 ans d’expérience de volontariat et des études dans ce domaine, on m’a confié le poste de coordinatrice de projets environnementaux de reforestation et d’agriculture durable au Brésil et en Equateur. Avec cette responsabilité, je me suis très vite retrouvé à  devoir apprendre le portugais en trois mois pour communiquer avec nos contacts sur place. Apprendre une langue en trois mois montre bien que quand on veut vraiment arriver à  un but, on peut le faire.

 

 

Tu as parlé de réseau… Est-ce que tout fonctionne grâce au réseau dans le monde associatif?

Je sais que pour moi cela a marché comme ça. C’est toujours grâce à  mes contacts que j’ai eu connaissance d’associations et de jobs qui existaient. C’est vrai que la visibilité des associations ou ONG en général n’est pas très bonne. Je pense que le réseau est important, mais au final ce sont quand même les compétences qui comptent. Je suis engagée parce que j’ai un profil qui correspond parfaitement au travail: j’ai fait des études dans ce domaine, j’ai plus de 10 ans d’expérience pratique, j’ai un réseau de contact en Amérique et le plus important de tout, je partage les mêmes valeurs et philosophies.

 

 

Quelles sont ces valeurs et philosophies?

Principalement les valeurs humanistes… Le bonheur de quelqu’un ne se fait pas sur le malheur de quelqu’un d’autre. Et aussi, bien évidemment la protection de l’environnement car c’est ce qui me tient le plus à  cŠ«ur. En lien avec ça, je dirai aussi plus généralement, l’harmonie.

 

 

Pourrais-tu décrire plus en détails ton parcours?

Avec plaisir. Je suis franco-américaine d’origine, mais je suis née à  Genève et j’ai grandi en Suisse. J’ai toujours été passionnée par l’environnement. Après mes études secondaires, je suis partie aux Etats-Unis pour suivre un bachelor en études environnementales. J’ai passé trois ans au Connecticut College, puis je suis partie au Costa Rica pour poursuivre mes études. Là -bas, j’ai choisi de faire un master en développement durable à  l’Université des Nations Unies pour la paix.

 

En fait, j’ai quitté la Suisse car les offres d’études ne me correspondaient pas à  ce moment-là . Mon rêve a toujours été d’étudier l’environnement, les ressources naturelles et le développement durable et c’est en Amérique que j’ai trouvé mon bonheur. En fait, je savais déjà  à  cette époque précisément ce que je voulais étudier car depuis l’âge de 14 ans, je fais du volontariat dans des projets environnementaux.

 

 

Ton parcours t’as amené à  OneAction, mais quelles sont les principales actions de l’association?

Il faut savoir qu’il s’agit d’une association crée en décembre 2011 et que je l’ai rejoint l’année dernière. C’est donc une association très jeune, elle n’a aucun but lucratif et est totalement apolitique.

 

Nous nous investissons dans différents projets éducatifs et environnementaux dans le monde, toujours en collaboration avec les populations locales. Par exemple, on a actuellement un projet éducatif en Inde ou encore un projet environnement Keep in Green en Equateur.

 

La philosophie générale de l’association est qu’il ne s’agit pas de s’investir à  court-terme, mais à  long-terme. Il faut coopérer et agir avec l’environnement pour des solutions durables. Notre but c’est de travailler avec des gens locaux et de réussir ensemble à  les amener à  s’autonomiser et ne plus avoir besoin de nous.

 

 

Plus concrètement, aurais-tu un exemple de projet?

Oui absolument:  je m’occupe actuellement d’un projet en Amazonie équatorienne. J’ai travaillé avec des représentants d’une communauté isolée de Cajabamba II sur des questions de déforestation. C’est une communauté qui a toujours ressenti une pression provenant de l’extérieur, qui les obligeaient, pour des raisons économiques, à  couper et vendre du bois. Les dirigeants de la communauté n’ont jamais apprécié ces actions de déforestation et on voulu changer cela. Ils ont manifesté le désir de protéger la biodiversité et de trouver des alternatives économiques durables.

 

C’est pour cette raison que nous les aidons à  développer leur projet d’écotourisme. C’est une bonne idée car cela a deux effets: le premier économique, car ils reçoivent de l’argent des touristes qu’ils réinvestissent ensuite dans l’agriculture biologique. Le deuxième: cela permet la reforestation, car chaque touriste pante un arbre là -bas.

 

C’est une idée ingénieuse mais cela ne vient pas de nous. Nous n’imposons jamais les idées, c’est eux qui proposent et nous qui aidons. C’est une philosophie que nous avons pour tous nos projets. Pour ce projet d’écotourisme, nous les aidons actuellement à  financer et construire une éco-cabane. Cela se fait en partenariat avec une organisation locale Vitalideas et notre but c’est que leurs désirs et projets soient respectés et qu’ils deviennent autonomes dans la conduite de ces projets à  l’avenir.

 

 

Finalement, qu’es-tu venue faire aujourd’hui à  ActNow aujourd’hui?

J’ai pris connaissance de l’événement grâce à  mes contacts encore une fois. Aujourd’hui, mon but premier est plus de passer un message plutôt que de recruter des bénévoles. J’aimerais que les gens qui sortent d’ici réalisent qu’ils ont le pouvoir de changer les choses dans ce monde. Souvent, on se croit petit, sans capacité, impuissant face aux grands de ce monde. Mais je me suis rendue compte avec mes années d’expérience que si tu as une idée, tu peux clairement la mettre en action! Il faut juste avoir les bonnes ressources. Souvent on les a, mais on ne s’en rend pas compte!

 

Tout le monde peut se créer un bon réseau, l’argent ne fait pas tout! Il faut oser, commencer et tout le reste vient très naturellement. Mon but réel est de faire comprendre cela, de motiver les jeunes présents aujourd’hui et bien entendu je serai plus qu’heureuse s’il y a des bénévoles ou stagiaires intéressés par nos projets.

Links

  • Vidéo du projet de Cajamba: http://oneaction.ch/our-projects/keep-it-green/ecotourism-in-the-ecuadorian-amazon/?lang=fr
  • Le site de l’association: www.oneaction.ch
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