Sport | 25.03.2013

Un triathlon de longue haleine

Le 21 juillet se déroulera le 25ème Triathlon International de Genève. Si elle fait partie depuis plusieurs années déjà  de la Coupe d'Europe de Triathlon, l'épreuve genevoise propose aussi des distances plus modestes aux amateurs de sport qui désirent prendre part à  l'aventure. D'ici juillet, cinq articles vous feront vivre de l'intérieur la préparation que nécessite un tel défi.

«Vous, les femmes, quand ça devient trop dur, vous abandonnez», lâche l’entraîneur lors d’un cours de boxe féminine, entre deux conseils techniques. Personne ne bronche. Un léger «pas de commentaire sexiste, s’il-te-plaît» me vaut les remontrances du coach à  la fin de l’entraînement – car, dit-il, il dit ce qu’il veut et si cela ne me convient pas, libre à  moi de partir.

 

Après avoir quitté le club, décision est prise dans les jours suivants de courir le Triathlon International de Genève. Non pas pour défendre une cause féministe ou par fierté, mais pour entreprendre quelque chose seule, sans suivre les conseils d’un entraîneur que je n’ai pas choisi. J’ai ainsi toutes les libertés. Sans doute mes choix ne seront-ils pas les meilleurs, mais ils auront le mérite d’être les miens.

 

Le triathlon est-il accessible à  tous?

«Eh bien oui», répond Charly Haymoz. «Même des personnes physiquement ou mentalement handicapées ont la possibilité de participer». Le directeur de la course ajoute qu’un championnat continental ou mondial est même tenu d’inscrire à  son programme une partie de sport-handicap.

 

Et pour les sportifs du dimanche? «Pour monsieur et madame tout le monde, c’est surtout la natation qui est un facteur limitant», continue-t-il. «Si le vélo et la course sont à  la portée de tous, nager 500 mètres en eau vive sans pouvoir s’arrêter nécessite un peu d’entraînement». M. Haymoz estime que de manière générale, un minimum de trois séances par semaine est nécessaire pour progresser dans un sport. «Mais le triathlon offre en fait une problématique différente, car la natation et le vélo permettent tous deux un travail d’endurance de base», précise-t-il. «Ainsi un débutant peut se contenter de deux séances axées sur la qualité chaque semaine, et s’entrainer tranquillement le reste du temps.»

 

Chacun à  son rythme, pas de raison donc de baisser les bras. Selon lui, pour optimiser l’enchaînement vélo/course à  pied, on peut par exemple finir ses entraînements de vélo en enchaînant immédiatement 15 minutes de course à  pied. Ou mieux encore, on peut essayer de travailler en enchaînements (par exemple, 10km de vélo et 2km de course à  pied à  répéter trois ou quatre fois).

 

Pour le moment…

Trois entraînements par semaine me conviennent, en choisissant la discipline selon l’humeur. Par exemple, un kilomètre de natation, en alternant une longueur en sprint et trois longueurs dans un rythme plus modéré. Ou alors mon tour habituel de onze kilomètres en course à  pied: c’est le parcours qui sera utilisé pour le vélo le 21 juillet. Sa particularité réside dans la présence d’une pente à  9% qu’il faudra gravir trois fois le jour J. Il faudra en effet trois tours de circuit pour boucler les vingt kilomètres de pédalage nécessaires à  ma catégorie. Ajoutez à  cela 500 mètres de natation et cinq kilomètres à  pied. En 2012, la gagnante a fini la course en une heure, treize minutes et cinquante-sept secondes. La route est encore longue.

 

 


 

Un peu d’histoire

Le triathlon est un sport jeune. Si au début du 20ème siècle déjà  on se réunissait en banlieue parisienne pour pratiquer «les Trois Sports», il faut attendre 1978 pour que le triathlon prenne son essor sous l’impulsion de John Collins. Vétéran de la marine américaine, ce dernier propose à  Hawaï de combiner trois épreuves réputées difficiles. Près de 4 kilomètres de natation, 180 kilomètres de vélo et un marathon. Oui, l’Ironman a donné naissance au triathlon et non l’inverse! La fédération internationale de triathlon est créée en 1989, ce qui fait d’elle l’une des plus jeunes fédérations d’une discipline olympique.

 

La première mouture du triathlon olympique est disputée en 2000 à  Sidney. L’épreuve comporte alors 1500 mètres de nage, 40 kilomètres de vélo et 10 de course à  pied. Deux Suissesses grimpent sur le podium: Brigitte McMahon pour l’or et Magali Messmer pour le bronze. Depuis, la Suisse ne faillit pas dans sa réputation de nation triathlonienne. Les Jeux Olympiques de 2012 ont d’ailleurs vu triompher Nicola Spirig avec si peu d’écart sur sa concurrente suédoise, Lisa Norden, qu’il a fallu étudier la photo-finish pendant plusieurs minutes avant de la déclarer championne.

 

L’anecdote:

La première édition du triathlon genevois a eu lieu en 1987. Charly Haymoz, directeur technique de la course, se remémore: «A cette époque, dans les milieux sportifs, le port du casque n’était pas du tout aussi généralisé que de nos jours. Le triathlon, qui est un sport d’avant-garde, a tout de suite décidé de le rendre obligatoire pour toutes les compétitions populaires ou de haut niveau.» C’est ainsi que lors des premières éditions, plusieurs personnes ont été surprises, en arrivant sur place le matin de la course, de découvrir cette obligation.

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