Culture | 11.03.2013

Un foyer pour le Teatro Malandro!

Le célèbre Teatro Malandro, dirigé par Omar Porras, vient de s'installer à  la Cité Bleue à  Genève. Pour marquer le début de cette nouvelle période, la troupe reprend «L'éveil du Printemps», créé en 2011 au Forum Meyrin.
Le Malandro entame sa résidence à  la Cité Bleue avec la pièce "L'éveil du printemps", qui y sera jouée de nouveau du 14 au 22 mars.
Photo: Marc Vannapelghem Omar Porras, directeur du Teatro Malandro, a déjà  plein de projets pour le futur de la troupe. Eddy Mottaz

Le Teatro Malandro avait besoin d’un foyer. Depuis son arrivée à  Genève, en 1990, la troupe cherche un véritable lieu où s’établir. Ce n’est que lorsqu’Omar Porras décide de quitter le Forum Meyrin en été 2012 que l’État de Genève met tout en Š«uvre afin de trouver un véritable lieu à  la compagnie. En effet, depuis bientôt 25 ans qu’Omar Porras crée ses spectacles, il fait partie du patrimoine théâtral genevois. C’est finalement à  la Cité Bleue que la compagnie continuera de travailler. « Nous avions besoin d’un lieu fixe, pour expérimenter, créer, approfondir notre démarche; cela devenait presque indispensable pour la continuité de Malandro« , explique Omar Porras, assis dans les gradins de la Cité Bleue, au coeur de la Cité universitaire, au début du mois de mars.

 

 

La magie d’Omar Porras

Pour marquer le début de cette résidence, le Teatro Malandro présente L’éveil du Printemps, pièce créée par Omar Porras en 2011 au Théâtre Forum Meyrin. Écrite en 1891 par l’allemand Frank Wedekind, l’Š«uvre raconte le passage à  l’adolescence d’un groupe de jeunes dans un monde puritain, censuré et moral. Ce passage ne se fera pas sans heurts pour tous les protagonistes. La mort en fauchera certains malgré l’ode à  la vie magnifique que porte cette pièce. Comme le confie Omar Porras: « Il y a certains boutons de fleurs qui n’écloront jamais. C’est triste, mais pour parler de la vie, il faut aussi parler de la mort« .

 

L’éveil du Printemps bouleverse de par son sujet universel mais aussi par la magnifique mise en scène proposée. De la terre, un grand mur, des costumes stylisés tout en couleurs, une musique entrainante et mystérieuse: la compagnie a su désacraliser le texte vieux de 100 ans afin de lui rendre toute sa puissance initiatique.

 

 

L’art vivant de Malandro

La Cité Bleue fourmille maintenant de projets multiples. La compagnie du Teatro Malandro souhaite reprendre d’anciennes pièces de son répertoire. La visite de la vieille dame de Dürrenmatt, par exemple, sera probablement jouée dans les années à  venir, et peut-être même d’autres pièces plus anciennes encore. « J’aimerais également développer une médiation avec les étudiants de Genève« , complète Omar Porras. La troupe compte profiter de la présence d’une résidence universitaire aux abords du théâtre pour créer de nombreux partenariats. Mais le principal souhait de Malandro est de se donner le « temps de la recherche« . Essayer, modeler, recommencer, arranger, expérimenter, sans pression économique ou morale: le Teatro Malandro continue son parcours mouvementé au sein de la Cité Bleue, qu’il ambitionne comme un véritable lieu de création.

 

 


Info

L’éveil du Printemps se jouera encore du 14 au 22 mars à  la Cité Bleue à  Genève.