Politique | 05.03.2013

« La jeunesse c’est la solution! »

Texte de Joëlle Misson | Photos de DR
Entretien avec Laurin Reding, jeune délégué à  la jeunesse du programme YouthRep à  l'ONU. Il se trouve cette semaine à  New York pour la Commission annuelle de la condition de la femme (CSW).
Laurin Reding an action à  la Conférence de l'ONU sur la condition de la femme, à  New York. Laurin est convaincu que le jeunesse peut apporter de nombreux points positifs au débat international.
Photo: DR

Depuis qu’il a quatorze ans, Laurin Reding s’engage pour la planète. Aujourd’hui âgé de 21 ans et étudiant en Relations Internationales à  Genève, il participe du 4 au 15 mars à  la session annuelle de la Commission de la condition de la femme (CSW) à  l’ONU, à  New York. Il fait partie des trois jeunes délégués à  la jeunesse suisse du programme YouthRep qui représenteront le pays à  cette conférence ainsi qu’à  d’autres au niveau international. Entretien.

 

D’où te vient ton intérêt pour la politique et en particulier pour la politique jeunesse?

La politique est le lieu par excellence où les décisions concernant notre avenir sont prises. Voilà  pourquoi nous, les jeunes, nous ne devons pas laisser ces décisions qu’aux adultes. Ces décisions nous concernent d’une manière égale, voire même plus, vu que nous resterons encore plus longtemps sur cette planète.

 

Aujourd’hui, nous sommes dans une situation où les décideurs politiques essaient de résoudre des défis globaux énormes comme le réchauffement climatique ou la faim dans le monde avec les mêmes concepts et paradigmes qui les ont crées. Cela ne peut pas marcher. Il faut que la jeunesse apporte de nouveaux concepts pour penser le monde et la politique autrement.

 

Comment es-tu arrivé à  l’ONU en tant que jeune délégué Youth Rep?

J’ai travaillé en tant que bénévole avec des jeunes durant les dernières années, notamment au sein d’un Parlement de jeunes. Là , j’ai réalisé qu’il y avait des intérêts spécifiques à  la jeunesse qu’il fallait défendre au niveau local, national et aussi international. Etant donné que la scène internationale m’intéressait déjà  beaucoup (Laurin étudie en Relations Internationales à  Genève, ndlr) j’ai postulé pour le programme Youth Rep, un programme qui permet justement aux jeunes de défendre leurs intérêts à  l’échelle internationale, notamment à  l’ONU.

 

Se prononcer à  la conférence sur les femmes, est-ce un travail pour un homme? Que penses-tu apporter durant cette conférence?

Le thème prioritaire de cette session de la Commission de la Condition de la femme (CSW) s’appelle «Elimination et prévention de toutes les formes de violence envers les femmes et les filles». La violence envers les femmes et les filles est un phénomène universel, c’est-à -dire qu’elle apparaît dans chaque société. C’est un défi qui doit mobiliser la société entière et il faut que le plus grand nombre de gens s’engagent pour mettre fin à  la violence envers les femmes et les filles. Ce n’est pas un phénomène qui peut être résolu uniquement avec la participation des femmes, il faut un effort sociétal important. C’est la raison pour laquelle «l’engagement des hommes et des garçons» pour mettre fin à  la violence envers les femmes et les filles est même un des points prioritaires de cette conférence.

 

Comment appréhendes-tu l’expérience?

C’est une expérience fascinante. Il faut imaginer que 193 États, c’est-à -dire presque le monde entier, se rencontrent lors de cette conférence onusienne, chaque État apportant des idées et intérêts très différents, parfois opposées. Le but de cette conférence est d’établir un document sur lequel tous les États sont d’accord, c’est-à -dire un document qui représente le consensus global. Si un État s’y oppose, le document n’est pas accepté. A mes yeux, cette unanimité globale paraît presque impossible. Mais en réalité c’est possible et c’est ce que je trouve extraordinaire!

 

Quelle est la motivation de tes divers engagements politiques et sociaux pour la jeunesse?

La jeunesse est souvent stéréotypée d’être apolitique, de ne pas s’intéresser à  ce qui se passe dans le monde, de créer des problèmes et ainsi de suite. Mais ce n’est pas vrai! Je suis convaincu que la jeunesse ne fait pas partie du problème mais de la solution. La jeunesse a un potentiel énorme d’énergie créative et de forces positives.

 

Qu’est-ce que cela t’apporte de plus?

C’est à  chaque fois un grand plaisir de travailler avec des jeunes et de voir qu’ils sont aussi convaincus qu’un autre monde est possible. C’est une source d’espoir et de joie. Et j’apprends également énormément de choses.

 

Qu’attends-tu comme résultats de cette conférence?

J’attends que les droits de femmes progressent à  l’échelle internationale et que la violence envers les femmes et les filles soit enfin clairement définie pour qu’elle puisse être enfin combattue. La délégation suisse et moi, nous nous engageons fortement pour atteindre ces objectifs.