18.03.2013

Jouer en société

Ce weekend, la maison du peuple de la Chaux-de-Fonds a accueilli le festival de jeux «Ludesco». Pour la quatrième année consécutive, un millier de joueurs de tous horizons et de tous âges ont convergé vers le numéro 68 de la Rue de la Serre avec un seul et même but: jouer.
Les "Ludonautes" enchainent les parties. Photo : Vincent Allemandet

Durant 54 heures non-stop, l’objectif de la manifestation est de faire connaître le jeu à  ses visiteurs. Thomas Junod, le président de l’association organisatrice éponyme nous a confié sa volonté de faire découvrir de nouvelles expériences ludiques au plus grand nombre. Au delà  du jeu à  proprement parler, c’est l’occasion de présenter d’autres façons de s’amuser telles que le jeu de figurines, de rôle, de plateau ou encore le jeu traditionnel. Tout au long de ces trois jours, différents tournois, démonstrations, workshops, et initiations ont permis de mettre en avant des activités récréatives moins connues du grand public. Découverte.

 

«Statistiquement ton cavalier ne peut charger mon dragon»

Un champ de bataille épique se dresse sur la mezzanine de la salle, une centaine de figurines sont placées stratégiquement sur une plaine verdoyante. Humains contre elfes, les deux armées sont prêtent à  croiser le fer, aux commandes de Florent et Cédric d’ «Unidé». Cette association a pour but de favoriser le jeu de figurines et surtout de faciliter les rencontres entre les joueurs. Pour ce faire, ils organisent la convention romande de jeux de figurines qui fêtera cette année sa dixième édition.

 

Le jeu de figurines, plus qu’un jeu, est un hobby chronophage alliant subtilement technique de modélisme et talent de peinture pour créer son armée. La formation de ses troupes doit tenir compte des caractéristiques de l’espèce jouée et des choix stratégiques du joueur. L’achat de figurines peut alors prendre une allure de collection. Une partie dure environ trois heures et est régiée par de multiples règles variant selon l’univers choisi, les principaux étant «Warhammer Battle», «Warhammer 40’000» et les «Seigneurs des anneaux».

 

Faire place à  l’imaginaire

Le jeu de rôle, abrégé JDR, est aussi fortement présent sur le site avec entre autres Yann Lefebvre auteur et membre fondateur des «Ecuries d’Augias», à  la fois studio de développement et maison d’édition. Cette structure a été créée par des joueurs passionnés qui se sont demandé ce qu’ils pourraient apporter à  leur tour au JDR. Les «Ecuries» proposent des jeux basés sur des univers variés tel que les époques Victorienne ou Cathare (Crimes, Montségur 1244 …), historiquement très fouillé, sans doute en lien avec la deuxième muse de Yann: l’enseignement de l’histoire et de la géographie.

 

Un peu plus loin, Laurent Valentin Jospin, du collectif «Forge Songes», un regroupement d’auteurs animés par une envie commune de stimuler l’imaginaire. De ce bouillon de culture créatif ont germé différents jeux tels que «Les ombres d’Esteren» (Médiéval horrifique) et «Mississippi» (Louisiane des années 20) ainsi que deux concours de création: les «Démiurges en Herbe» (JDR) et les «Plumes en Herbe» (littéraire).

 

Du jeu, mais pas que…

Au-delà  de l’aspect ludique des différentes formes de jeux présentes, Ludesco est aussi un festival de partage et de rencontre. Chaque intervenant, novice ou initié, jeune ou moins jeune, évoque l’aspect social du jeu, la volonté de «prendre le temps de s’amuser ensemble». Pour ce faire, plus de 400 jeux siégent au fond de la salle en libre accès et les groupes se forment tout naturellement pour démarrer des parties. Ainsi, le mot d’ordre est le même pour tous: l’échange. Et la grande salle en est la meilleure représentation; de table en table, de jeu en jeu, les visiteurs échangent et font connaissance.

 

Loin de la mouvance actuelle de l’individualisation du tout numérique, le festival Ludesco promeut la distraction collective et l’imaginaire et a encore de belles années devant lui.

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