19.02.2013

L’Inde festoie

Allahabad, ville du nord-est de l'Inde, accueille en ce moment la Maha Kumbh Mela, le plus grand rassemblement humain au monde. En effet, le pèlerinage hindou, qui a lieu tous les douze ans, attend quelque 100 millions d'individus.
Des sadhus à  la Kumbh Mela 2013.
Photo: UPID/Kumbh Media Centre-2013

Dans nos contrées, l’hindouisme est une religion pour le moins méconnue, les Occidentaux étant bien plus familiers des trois monothéismes. Pourtant, au nord-est de l’Inde, le plus grand rassemblement humain au monde, la Maha Kumbh Mela bat son plein en ce moment même depuis plus d’un mois.

 

Le «festival du pot»

La Kumbh Mela, c’est le «festival du pot», Mela signifiant festival, et Kumbh, pot. Ce dernier terme se réfère au pot contenant l’amrita, le nectar de l’immortalité dans la religion hindoue. La légende raconte que les dieux, un jour, perdirent leur puissance. Afin de la regagner, ils s’entendirent avec les démons pour brasser l’océan contenant le nectar d’immortalité, et il fut décidé que l’amrita serait partagé de manière équitable entre tous. Cependant, un combat éclata. Il dura douze jours, l’équivalent de douze ans dans le monde des hommes. Pendant cette bataille, des gouttes du nectar seraient tombées aux endroits où la Kumbh Mela prend place aujourd’hui: à  Allahabad, Haridwar, Nashik et Ujjain.

 

Baignade et bousculades

Le 10 février était sans doute le jour le plus important de l’édition 2013 de la Maha Kumbh Mela. Il s’agissait du Mauni Amavasya, le jour où, selon la légende hindoue, l’univers aurait été créé. Pour cette raison, quelque 30 millions de pèlerins se sont baignés dans les eaux du Gange, fleuve considéré comme sacré. Ainsi, ils entendaient se purifier de leurs péchés. Malheureusement, ce jour dédié à  la lumière a compté une trentaine de morts, en raison de bousculades à  la gare d’Allahabad.

 

Hommes saints

Les sadhu, littéralement «homme de bien, saint homme», font partie intégrante de la manifestation. Ils représentent un idéal de vie, et sont censés aider ceux qui souffrent, grâce à  leur pouvoir spirituel. Ces ascètes sont les garants des valeurs de l’hindouisme. De nombreux pèlerins viennent leur demander conseil.

 

Notons que le cinéaste suisse Gaël Métroz a réalisé en 2012 un excellent documentaire sur le sujet : Sâdhu. Dans l’Himalaya, il a rencontré le sadhu Suraj Baba, qui vivait seul dans une grotte depuis huit ans, à  méditer et à  faire du yoga. Le long métrage suit de façon subtile le parcours et les doutes de cet homme saint «qui ne cherchait pas une doctrine, mais son propre chemin», relève Gaël Métroz.

 

Toujours est-il que la manifestation n’en est pas encore à  son terme. Lancées le 14 janvier, les célébrations se poursuivent en ce moment même, et ne s’achèveront que le 10 mars. Allahabad n’a pas fini de voir défiler les fidèles.

 


 

Info: L’hindouisme en quelques mots

A l’instar des trois religions monothéistes, l’hindouisme est une religion du Livre: il se fonde sur un ensemble de textes écrits en sanskrit, appelés Veda, terme qui signifie «le Savoir». Le Veda aurait été composé entre le IIème millénaire et le VIIIème siècle avant J.-C. L’hindouisme compte approximativement un milliard de fidèles, ce qui en fait, d’un point de vue quantitatif, la troisième religion la plus répandue dans le monde, après le christianisme et l’islam. Bien que le Veda fasse autorité, l’hindouisme a cette particularité de n’avoir ni véritable fondateur, ni prophètes, ni «Eglise». En revanche, son panthéon compte de nombreux dieux, ce qui en fait une religion clairement polythéiste.

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