26.02.2013

Les sacs de la discorde

Texte de Camille Spühler | Photos de Camille Spühler
C'est la loi qui fâche. En vigueur depuis le 1er janvier 2013, la taxe au sac impose un fort changement des habitudes. Et l'effort à  fournir n'est pas au goût de tous.
Difficultés d'adaptation à  Lausanne.
Photo: Camille Spühler

Des petits airs de Naples

Au début du mois de janvier, force est de constater que certains quartiers de Lausanne avaient des allures de Naples; sacs poubelle éventrés qui jonchent le sol, containers débordants, déchets et meubles jetés à  même le sol. Et partout ces fameux autocollants: «dépôt non-conforme». Mais Daniel Brélaz, syndic de la Ville de Lausanne, avait expliqué que laisser les déchets trainer pendant la phase d’introduction était voulu, afin de sensibiliser les lausannois aux conséquences de leurs actes. Voilà  donc de quoi nous rassurer.

 

Les interrogations planent encore

Après deux à  trois semaines seulement, les rues ont retrouvé leur état normal et la population semble s’être s’adaptée. Pourtant, il demeure encore des interrogations, des doutes et des imperfections.

 

Dans les rues de Lausanne par exemple, les poubelles de recyclage sont quasi inexistantes, les poubelles de pet ont même disparu des stations de métro et les sacs noirs font encore office dans les poubelles de la ville et des écoles! Certains propriétaires ne semblent pas vouloir faire d’effort non plus et refusent d’installer des containers pour le verre, pourtant obligatoires, à  proximité de leurs locaux. Cet état de fait provoque la colère de certains locataires comme Charlotte: «je veux bien trier, mais si je dois aller jusqu’à  l’autre bout de la ville pour jeter mes bouteilles de verre, je vais garder mes vieilles habitudes!»

 

 

De bonnes résolutions bien vite oubliées

Si les déchetteries ont constaté une forte affluence les premières semaines de 2013, le calme est maintenant revenu et l’engouement au tri semble s’être quelque peu calmé. La fréquentation reste certes sensiblement plus conséquente qu’avant le passage de la loi, mais rien de très significatif. Une lausannoise confie par ailleurs que les horaires des déchetteries ne sont pas très pratiques: «La dernière fois, ils n’ont pas voulu prendre mes déchets, parce qu’il était 19h. Mais moi je bosse avant!»

 

Un devoir mais pas une obligation

Malgré l’énervement de certains vaudois, il convient de rappeler que personne n’est obligé de trier ses déchets. Ceux qui ne le veulent pas peuvent continuer à  tout jeter dans leurs sacs blancs. Leur consommation de sacs taxés sera simplement plus importante et le budget du ménage devra assumer le coût de ceux-ci.

 

N’oublions pas non plus que la ville de Lausanne versera à  chaque ménage la somme de CHF 80.- à  la fin de l’année. De quoi rembourser une partie des sacs taxés utilisés. Pour les familles nombreuses, cette indemnisation pourra même atteindre CHF 80.- par personne. Et à  chaque naissance d’enfant, 80 sacs sont offerts.

 

Une question d’habitude

Presque deux mois après l’entrée de la taxe au sac, il reste donc encore quelques adaptations à  faire, mais il est sûr que cette loi ne peut faire que du bien à  la planète et que bon nombre de vaudois s’y sont déjà  très bien accommodés.

 

Quant aux quelques récalcitrants ou têtes en l’air, on ne devrait pas les reprendre à  laisser trainer de sacs noirs sur la chaussée, en partie à  cause du montant salé de l’amende en cas de dépot non-conforme: 370 francs!

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