Culture | 05.02.2013

« Le hip-hop est intact »

Texte de Jorel Towa | Photos de DR
Dans le monde du hip-hop, on ne le présente plus. Et si ce nom ne vous est pas familier, sachez que Popin Pete est tout simplement l'un des piliers du «Poppin dance»! Ancien chorégraphe de Michael Jackson, il répond aux questions de Tink.ch
Popin Pete danse depuis l'âge de 16 ans et a notamment travaillé comme chorégraphe pour Michael Jackson.
Photo: DR

En 1976, à  seulement 16 ans, Popin Pete débute avec son groupe The Electric Boogaloo. Mais il atteint la notoriété lorsqu’il est appelé à  collaborer avec le king of pop, Michael Jackson. On remarque notamment sa touche personnelle dans la précision chorégraphique des clips musicaux Thriller et Beat it, qui figurent dans le 1er album de la star internationale.

 

Né en Californie, alors que le hip-hop a émergé à  New York, Popin Pete est loin d’être né dans le mouvement. Aujourd’hui, il embrasse cette culture parce qu’il pense que tout le monde devrait la «connaître et la saluer.»

 

Que pensez-vous du hip-hop en 2013 ?

Ce qui me fait le plus plaisir, c’est que beaucoup de pays dans le monde gardent le concept du hip-hop intact. Quand je vois cela je me dis que ce mouvement sera encore présent pendant de nombreuses années. Le problème aujourd’hui, c’est que les gens font souvent un mauvais usage de la musique. Je veux dire par là  que malheureusement, ils s’en servent juste pour faire de l’argent. Mais même en 2013, j’aime toujours autant le hip hop.

 

À 51 ans vous avez vu le hip hop se développer. Est-ce meilleur aujourd’hui?

 

Pour moi c’était mieux avant. Je ne parle pas du niveau des danseurs ou des rappeurs mais plutôt de l’aspect familial. Avant, rappeurs, danseurs et grapheurs ne faisaient qu’un, ils étaient comme une grande famille. Aujourd’hui, il y’a une division entre ces trois domaines. Il n’y a plus cet «esprit famille» comme c’était le cas avant.

 

Que pensez-vous du niveau des danseurs en Suisse et en Europe ?

Quand je viens à  l’étranger, je remarque que l’on a pour habitude d’adopter la viellle culture hip-hop (old school), et en Europe, cette culture reste intacte. Quand je regarde vos spectacles, je remarque que vous êtes plus unis qu’on ne l’est aux USA. Vous vous inspirez de ce que l’on fait et vous y mettez votre touche et le niveau monte parfois beaucoup plus haut.

 

Vous avez eu la chance de travailler avec Michael Jackson que pouvez-vous nous dire de lui ?

J’ai travaillé avec lui sur quelques projets. Je lui ai appris quelques pas mais il avait beaucoup de chorégraphes. Ce que je peux dire de lui, c’est que c’est et ce sera toujours le meilleur artiste de tout les temps (d’un air très admiratif, ndlr). C’était quelqu’un qui voyait la bonté en chacun. Ce que j’ai appris de lui, c’est sa capacité à  partager. Je lui ai demandé une fois comment il faisait pour être toujours au top et il m’a répondu, «100% c’est le moins qu’on puisse donner, il faut tout donner jusqu’à  ne plus en pouvoir et c’est comme ça qu’on reste au top, 100% c’est le minimum». C’était le meilleur.

 

Quels sont vos projets futurs pour votre carrière, reviendrez vous souvent en Suisse ?

Je suis venu six ou sept fois en Suisse. Pour l’instant, mon travail se résume à  enseigner et partager mon savoir avec des danseurs et des élèves qui ont envie d’apprendre.