26.02.2013

GenerActions, ou le défi de la solidarité

Texte de Mouna Hussain
Le 23 février s'est déroulée la 3ème édition de GenerActions, atelier visant à  faire profiter les jeunes ambitieux des compétences de leurs aînés, et ainsi à  relier les générations. Infoclic, association pour la promotion de l'enfance et de la jeunesse en suisse, en collaboration avec Pro Senectute Arc Jurassien, a lancé ce projet en 2012 à  l'occasion de l'année européenne du vieillissement actif et de la solidarité intergénérationnelle. Reportage.
Photos : Mouna Hussain

Février 2013. 13h45. Local SEMO à  Neuchâtel. Chambres neutres, armoires de classeurs jaunes. Sur l’un des murs, un tableau, noir. On y lit cette phrase: «Lorsque tu ne sais pas où tu vas, regardes d’où tu viens». Assis, quatorze participants, trois animatrices, et moi. Tout ça pour quoi? Pour savoir où l’on va, grâce à  ceux qui nous ont précédés sur le chemin et qui savent mieux comment avancer. Tout ça pour GenerActions.

 

Deux générations ont été conviées à  cet atelier. L’une est composée de jeunes, motivés, pleins d’idées, mais aussi de questions, de doutes. Ils ont entre 18 et 30 ans. Ils viennent présenter leur projet, non lucratif, qui peut toucher autant à  la politique, qu’à  la santé, l’environnement, le social, l’art ou à  la culture. Peu importe, du moment qu’ils ont une ambition, et besoin de conseils pour la réaliser. L’autre génération est constituée de personnes ayant plus d’années derrière eux; des seniors. Ils ont entre 6 mois et 10 ans de retraite. Mais ils ne sont pas en retrait. Loin de là . Chimistes, informaticiens, animateurs, infirmiers, directeurs d’entreprise, presque tous Š«uvrent activement dans des associations, comme Innovage, pour partager leur précieuse expérience. Celle-là  même qui manque aux premiers.

 

Deux projets en devenir

Aujourd’hui, deux projets sont à  l’honneur. Le premier a germé il y a quelques mois. Il s’agit de l’association Inter-Aide, qui aimerait regrouper deux populations différentes à  Genève, dans le quartier des Pâquis. D’abord l’enfant, issu d’une famille immigrée ou monoparentale, ayant des difficultés d’intégration. Et puis le senior, suisse, manquant d’activités, solitaire. Ce dernier pourrait partager son savoir, sa culture, sa langue avec l’enfant. Le petit, lui, aiderait le senior à  sortir de sa solitude, partagerait son énergie. Un beau projet. Mais il stagne et peine à  prendre forme.

 

Le second projet est plus modelé. Ses organisatrices sont les membres de Loco-motive. Elles ont déjà  mené à  bien une bibliothèque vivante. Cette fois-ci, elles veulent monter un spectacle de cirque, suivi d’ateliers intergénérationnels. Elles aussi ont ce thème à  cŠ«ur. Le point de vue de seniors les aideraient à  évaluer leurs idées, à  les améliorer. Elles sont déjà  venues deux fois à  GenerActions et croient fermement en ce concept.

 

Les groupes esquissent un plan

Maintenant que tout est à  plat, il faut construire. Deux groupes de travail sont formés. Chacun s’installe dans une salle différente. Ils ont deux heures. Le débat démarre. Les conseils jaillissent, font écho, sont contredits. Certains seniors amènent des solutions pragmatiques, logistiques, tandis que d’autres se préoccupent plus de problèmes pratiques et du déroulement de l’évènement. Les juniors, eux, prennent des notes, répondent aux questions, font des suggestions. Chaque groupe fonctionne différemment. L’un a choisi de discuter calmement, l’autre de faire des schémas, une marche à  suivre et même des votations. Dans les deux cas, les mains s’agitent, les têtes se tournent, les yeux se croisent. Des éclats de rires. Et un plan qui se dessine. Le feedback de fin permet de regrouper tout le monde, de faire le point, de lancer les dernières idées.

 

Et maintenant, on va où?

L’apéritif qui suit est encore l’occasion de dialoguer, de casser un peu plus les frontières entre générations. Petit à  petit, les participants se serrent la main, et rentrent chez eux. Les juniors partent d’un pas plus sûr, la tête pleine d’idées, le cŠ«ur plus serein. Les seniors ont le sourire aux lèvres. Ils ont partagé le travail de toute une vie, celui qui ne disparait pas avec la retraite; leurs connaissances. Ils ont découvert des projets qui feront peut-être le monde de demain. Ils ont entretenu un lien qui les ancre dans les préoccupations nouvelles de notre société. Mais ce n’est pas la fin. Certains garderont contact en dehors de l’atelier pour continuer l’entraide. D’autres pas.

 

Dans tous les cas, autant les seniors que les juniors auront profité de cette connexion intergénérationnelle qui ne va pas, ou plus, de soi. C’est ensemble qu’ils auront posé les premières pierres de projets ambitieux, tout en déconstruisant des préjugés qui les séparent. Tout cela en un samedi après-midi, à  GenerActions, Neuchâtel. Puis dans un mois à  Lucerne. Et dans deux mois à  nouveau, ailleurs.

 

Links

  • Pour en savoir plus : http://www.infoclic.ch/fr/generactions
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