Culture | 22.01.2013

Django, entre le western-spaghetti et la Blaxploitation

Texte de Samanta Palacios | Photos de DR
Un shérif barbu originaire d'une petite ville en bois au Texas du 19ème siècle fait son discours devant les portes du Saloon. La main sur la gâchette, il exige la reddition de deux 'forasteros'. Jusque là , rien de nouveau dans le royaume des westerns si ce n'est que le protagoniste de notre histoire est un ancien esclave noir, prêt à  tout pour sauver sa Broom Hilda!
Les fans de Tarantino retrouveront dans Django tous les ingrédients du cocktail auquel il les a habitués.
Photo: DR

Après s’être attaqué à  l’holocauste nazi dans Inglorious Basterds, Quentin Tarantino revient à  la charge avec pour nouveau fil rouge, l’esclavage avant-guerre de sécession. Les formules sont au rendez-vous, tout comme l’esprit du western-spaghetti de Sergio Corbucci ou Sergio Leone. Le mélange, qui pourrait facilement déplaire, devient génie dans les mains du maître des références du genre.

 

Les fans de Tarantino retrouveront dans Django tous les ingrédients du cocktail auquel il les a habitués: la vengeance comme moteur, l’esthétique d’une violence excessive, la tension cachée des dialogues, les clins d’Š«il aux cinéphiles sans oublier les notes musicales aux fonctions dramatiques!

 

Une claire intention de « déranger »

L’ancien vendeur de vidéoclub joue cette fois-ci avec un sujet délicat pour les états-uniens. Ce qui n’a pas manqué de lui attirer de fusantes critiques, notamment celles de Skipe Lee. Le réalisateur de Malcom X a affirmé trouver au film un « manque de respect » à  ses ancêtres. La réponse ne s’est pas faite attendre et Tarantino de renchérir lors de plusieurs interviews avoir, comme à  son habitude, la claire intention de « déranger ».

 

Ben oui, ça dérange. Et les caprices de Calvin Candie, inteprêté par Léonardo DiCaprio y sont pour beaucoup! Les méchants airs de ce pseudo enfant gâté des vastes plantations de coton du sud rappellent ceux d’un autre rôle incarné par l’acteur: celui de Louis XIV dans L’homme au masque de fer.

 

Un équilibre toujours aussi juste

Chistoph Waltz, qui tient le rôle du Dr Shultz, est quant à  lui chargé de faire vaciller le spectateur entre drame et comédie, comme ce fût auparavant sa mission avec son rôle du colonel nazi Hans Landa dans Inglorious Basterds.

 

Tarantino trouve une nouvelle fois le juste équilibre entre provocation et rire avec des détails comme la molaire sur ressort qui orne la charrette du Dr Shulz, ou des séquences entières telle que l’hilarante attaque d’un primitif Ku-Klux-Klan contre le duo de protagonistes.

 

Le résultat est à  la hauteur de ce que nous pouvons attendre du créateur de Reservoir Dogs. Une seule question reste en suspens: que va t-il bien pouvoir nous servir pour son prochain film?