Culture | 15.01.2013

Aventure maritime

Texte de Andrea Machalova | Photos de DR
Juste avant Noël est sorti sur grand écran le dernier film du cinéaste taïwanais Ang Lee, qui s'était fait connaître avec "Le Secret de Brokeback Mountain" ou encore "Tigre et Dragon". "L'Odyssée de Pi", adaptée du bestseller de Yann Martel, est une aventure maritime incroyable, une histoire de survie entre l'homme et la bête.
Il aura fallu près de quatre ans à  Ang Lee pour réaliser cette épopée fantastique.
Photo: DR

Contrainte par des problèmes financiers, la famille de Piscine Molitor Patel, alias Pi (Suraj Sharma), jeune homme de 17 ans, décide de quitter l’Inde. La famille embarque pour le Canada avec les animaux du Zoo de Pondichéry, que le père de Pi dirige. Pris dans une énorme tempête, leur cargo sombre en plein milieu de l’océan et Pi se retrouve seul survivant sur un canot de sauvetage. Seul, jusqu’à  ce qu’il découvre qu’un tigre du Bengale, surnommé Richard Parker, a trouvé refuge sur la même embarcation. S’engage alors une lutte pour la survie où le jeune Pi doit faire preuve de beaucoup de courage et d’inventivité afin de braver les dangers de la mer et du prédateur.

 

Maîtrise technique

Il aura fallu près de quatre ans au cinéaste taïwanais pour réaliser cette épopée fantastique. « Ce qui m’a attiré dans ce projet, c’est que le livre avait l’air impossible à  adapter au cinéma« , confie-t-il dans une interview. Une 3D réussie et des effets spéciaux maîtrisés attestent de la qualité de la réalisation. Le travail sur le tigre, entièrement crée à  partir d’images de synthèse, le prouve. Près de vingt personnes ont travaillé à  l’élaboration des dix millions de poils qui constituent la fourrure du félin. Et le spectateur n’y voit que du feu. Le tournage s’est déroulé principalement en Inde, dans les environs de Pondichéry et à  Taiwan, où un énorme bassin de 70 mètres de long et 4 mètres de profondeur a été spécialement conçu pour le film.

 

Casting primordial

Après de longs mois de recherche et plus de 3000 candidats auditionnés, c’est l’Indien Suraj Sharma qui a été sélectionné pour interpréter le rôle principal. Ce jeune étudiant de 17 ans n’avait jamais fait de cinéma et s’est fait remarquer en accompagnant son frère à  l’audition. Son inexpérience a séduit Ang Lee qui cherchait un visage jeune et innocent pour incarner le personnage de Pi. La difficulté: arriver à  faire ressentir au spectateur toute la détresse et la solitude d’un naufragé perdu au plein milieu de l’océan. Sur ce point, le jeu d’acteur de Suraj Sharma est très convaincant. Il fait voyager le spectateur d’une émotion à  l’autre: de la peur à  l’émerveillement, du désespoir à  la joie.

 

L’esthétique des images

L’esthétique constitue l’un des éléments clés du film. Des images photographiques aux couleurs invraisemblables se succèdent et  les décors féériques nous font découvrir la beauté et les dangers que renferme l’océan. Ang Lee laisse libre court à  son imagination: une baleine géante, des poissons volants, un banc de méduses phosphorescentes, une île mystérieuse qui, une fois la nuit tombée, devient carnivore.

 

Très complet, le film aborde également la difficulté de la cohabitation des religions, de la culture et des traditions dans le monde moderne et une jolie chute questionne le rôle de l’imaginaire dans le monde contemporain. On pourrait toutefois reprocher au film un scénario un peu simpliste et une bande d’annonce qui pourrait induire en erreur. Celle-ci présente un voyage dans un monde fantastique avec en fond la chanson «Paradise» de Coldplay, que l’on ne retrouve dans aucune scène du film.

 

Nominé aux Oscars dans 11 catégories, L’Odyssée de Pi est assurément l’un des meilleurs films de l’année 2012. On y retrouve la magie onirique d’Avatar et le conte initiatique de Slumdog Millonaire.  A regarder sans modération.

 


Info

Le film est toujours à  l’affiche dans les cinémas genevois sous le nom de Life of Pi.