Culture | 03.12.2012

Coups de coeur argentins

C'est la première fois que le film «La suerte en tus manos» de Daniel Burman, programmé au festival du film latino-américain Filmar, est diffusé en Suisse. Un véritable coup de cS«ur.
«La suerte en tus manos» de l'Argentin Daniel Burman, une comédie romantique simple et divertissante. Dans "Elefante bianco" au contraire, Pablo Trapero dépeint la noirceur des inégalités sociales. Photos: DR

Des personnages naturels, touchants et très attachants, voilà  ce que nous propose cette comédie romantique argentine signée Daniel Burman. Uriel (Jorge Drexler) est un gros joueur de Poker, Gloria (Valeria Bertuccelli) une femme au franc parlé. Les deux étaient en couple lorsqu’ils étaient jeunes et voilà  que le destin les réunit à  nouveau à  un tournant de leur vie.

 

Romantique et burlesque

Avec ce film, nous sommes en pleine comédie romantique «hollywoodienne». Après l’introduction des personnages dans leur vie séparée, on assiste à  leur rencontre amoureuse et autres moments joyeux qui défilent sur fond d’une simple musique pour accompagner ces scènes où le temps passe paisiblement. Et la chute: quelque chose vient gâcher ce bonheur. Pour mieux se terminer sur une happy end.

 

Uriel, le personnage masculin principal, est fantastique! Ayant son médecin pour confident, c’est lui qu’il va voir en cas de problèmes de santé mais aussi de tracas personnels. Parce que quand Uriel est stressé, il a besoin de parler. Alors quand il est sur la table d’opération, il ne peut s’empêcher de bavarder avec tous les médecins qui attendent patiemment qu’il se taise pour pouvoir commencer leur travail. L »amitié que lie Uriel avec un rabbin «rock’n’roll» amène une réelle plus-value et confère une dimension moderne à  la religion juive.

 

Dénoncer les réalités sociales et politiques

Mais a côté de cela, le festival Filmar en America Latina propose aussi beaucoup de films qui dénoncent les conditions de vie en Amérique Latine. C’est notamment grâce au cinéma et aux différents festivals que ces réalités peuvent être connues du public international.

 

Démonstration avec le film de l’Argentin Pablo Trapero, Elefante blanco (Eléphant blanc). Cette Š«uvre met en scène la vie de deux prêtres (interprétés par l’Argentin Ricardo Darin et le Belge Jérémie Renier) habitant la «villa», le bidonville de la Vierge. Ce quartier très pauvre, isolé et marginalisé favorise les trafics de drogue et la précarité qui engendrent beaucoup de violence. Tous, prêtres et habitants, vivent dans les mêmes conditions, dans un immense immeuble qu’ils appellent «Eléphant blanc». Celui-ci était initialement construit pour devenir le plus grand hôpital d’Argentine. Mais c’est aussi l’histoire d’un quartier très solidaire, dont les habitants ne se laissent pas faire quand on leur retire leurs foyers et s’entraident les uns les autres.

 

Elefante blanco ne laisse certainement pas indifférent. Loin de la comédie romantique de Daniel Burman, on doit en parler à  la sortie de la salle. D’ailleurs, on y pense encore en rentrant chez soi. Un film impactant comme sait très bien le faire le réalisateur Pablo Trapero, qui tourne des films politiques pour parler d’une réalité sociale nationale.

 

Le festival permet donc de faire connaître la situation réelle et actuelle des pays d’Amérique Latine. Une façon aussi de faire découvrir, à  travers le cinéma, le quotidien d’individus anonymes vivant des situations précaires et dangereuses teintées de violence et d’injustice. Mais, heureusement, Filmar en America Latina c’est aussi des comédies romantiques dans un autre contexte, une autre ambiance, mais toujours avec le même humour qui rend ces films si divertissants.