27.11.2012

Le vin qu’il me faut

La semaine dernière, la première partie de cet article proposait des conseils pour choisir un vin adapté à  chaque étape du repas. Mais vous aurez remarqué que la question du dessert n'a pas encore été abordée! Ce second volet sera aussi l'occasion de passer en revue quelques intemporels.
De la vigne à  la bouteille, il est aussi important de comprendre comment est produit le vin que de le boire!
Photo: Oliver Hochstrasser

On vous l’accorde, il n’est pas si courant de déboucher un vin spécifiquement pour le dessert. A moins que vous ne soyez fin sommelier, pointu dans votre domaine, très attaché à  trouver l’accord parfait – auquel cas cet article ne vous servira à  rien, puisque vous savez déjà  tout.

 

Pour les autres, messieurs et mesdames tout le monde, sachez-le: oui, vous avez le droit d’ouvrir une bouteille de plus pour le dessert, malgré toutes les cuvées que vous avez déjà  sirotées si vous avez décidé de mettre en pratique l’article de la semaine dernière.

 

Touche finale

Il parait qu’il est encore plus ardu de bien marier un vin à  un dessert qu’à  un plat. Mais finalement, pas tant que ça. Pour ne pas se tromper, il s’agit de se tourner, au choix, vers les vins liquoreux ou les vins doux naturels. Ces deux catégories recouvrent à  peu près la même réalité, soit des vins sucrés, à  forte teneur en alcool, parfaits comme digestifs.

 

Mais c’est leur procédé de fabrication qui diffère – et on peut s’arrêter une minute sur cette question car il est aussi important de comprendre comment est produit le vin que de le boire! Un vin liquoreux est obtenu à  partir d’un raisin vendangé à  sur-maturation (plus tard que la moyenne), largement gorgé de soleil. Le breuvage est donc naturellement sucré. Pour produire le vin doux naturel au contraire, on procède à  une adjonction d’alcool au début de la fabrication: cela va avoir pour effet de stopper le processus de fermentation et d’empêcher le vin de «vieillir» tout en préservant les sucres naturels.

 

Les vins doux naturels, tout particulièrement, offrent un large éventail de choix pour accompagner nos desserts. On retiendra les cuvées de type muscat, douces comme du miel, très florales. Un profil olfactif floral est d’ailleurs caractéristique de l’arôme dit  «muscaté». Très méditerranéen, le muscat est produit non seulement en France mais aussi en Espagne ou au Portugal (le fameux porto est d’ailleurs un autre exemple de vin doux naturel). Le Moscatel Oro Floralis, produit par la célèbre maison ibérique Torres, est à  ce titre un véritable nectar de délice. A ne pas s’y tromper toutefois: la saveur sucrée de ces vins masque facilement leur fort pourcentage d’alcool (environ 15%). A déguster donc le ventre bien plein!

 

On aurait tendance à  les oublier mais les vins doux naturels rouges, un banyuls par exemple, raviront et rehausseront les desserts à  base de chocolat.

 

Et le beaujolais nouveau?

Ce vin rouge célèbre, dégusté tous les ans au mois de novembre, divise les troupes. Sa particularité? Il peut être vendu et consommé dès la fin de sa vinification, soit quelques mois à  peine après la récolte des grappes. Fêté en grandes pompes, sa percée est à  chaque fois un évènement. Où s’arrête la passion du vin, et où commence l’opération marketing? Si certains apprécient ce breuvage que l’on dit facile à  boire et agréablement fruité, d’autres persistent à  le trouver détestable, bas de gamme, traître à  la tradition vinicole. Le seul conseil à  donner ici: goûtez, et voyez-par vous-même si vous adhérez ou non. Et pour l’anecdote: si le beaujolais nouveau est en France un vin populaire, convivial et propice à  la fête, il est parfois perçu à  l’étranger comme un véritable produit de luxe. Les Japonais en sont d’ailleurs forts friands, ils en importeraient près de 8 millions de bouteilles par an!

 

Si malgré toutes ces informations, vous vous sentez toujours aussi perdu(e) face aux rayonnages du supermarché, alors retenez l’ultime règle d’or: on ne vantera jamais assez les mérites d’un bon Rioja. Ce rouge espagnol, dont on peut facilement trouver de bonnes cuvées à  bas prix (Tempranillo Ibéricos Crianza, de la maison Torres encore une fois), mettra tout le monde d’accord.

 

 


Info

Si vous avez raté l’arrivée de la cuvée 2012 du beaujolais primeur, on vous conseille un autre évènement vinicole, plus authentique peut-être, en tout cas plus «terroir»: la percée du vin jaune. Ce vin jurassien à  la personnalité complexe, dont la fabrication est héritée d’une tradition millénaire, est également fêté annuellement. Après avoir vieilli six ans et trois mois en fût de chêne, le breuvage est dégusté à  l’occasion d’une grande fête chaque premier week-end de février. Rendez-vous à  Voiteur (France), les 2 et 3 février 2013!