Culture | 27.11.2012

Le nouveau héros de DreamWorks

Texte de Joëlle Misson | Photos de DR
Un parfait inconnu. Voilà  ce qu'est Jack Frost, le dernier né de DreamWorks pour nous européens.
"La Fée des dents, captivée par la magnifique dentition de Jack Frost, semble tomber sous le charme."
Photo: DR

Et ce n’est pas faute d’avoir cherché à  mieux cerner ce personnage atypique, entouré du père Noël, du lapin de Pâques, du Marchand de sable et de la Fée des dents, dans Les cinq Légendes, depuis le 28 novembre dans les salles suisses.

 

Mais qui est Jack Frost?

D’un côté héros de glace casi translucide et doté de supers-pouvoirs des bandes-dessinées Marvel, de l’autre père de famille «réincarné» en bonhomme de neige, les versions de la légende ne manquent pas. Mais parmi la multitude de Jack Frost mis en scène, tous ont un point commun: ils incarnent le froid, le vent, la neige… Tout ce qui touche à  la saison hivernale.

 

Dans les Les cinq Légendes, Peter Ramsey, réalisateur, tente le pari d’offrir au spectateur une énième interprétation, plus enfantine et attendrissante du mythe. Mais pour nous, européens, c’est une découverte.

 

Jack Frost le généreux

Tombé dans un lac gelé après avoir sauvé sa soeur, Jack Frost revient à  la vie, plus vraiment pareil. «L’homme sur la lune» a fait de lui un gardien, chargé de veiller sur les enfants du monde entier. Seul hic: il ne le sait pas encore.

 

Responsable des flocons de neige, du verglas, de la tombée des feuilles en automne – pour préparer son règne hivernal – ou des gracieuses formes déposées sur les surfaces vitrées au contact du froid, sa seule préoccupation consiste à  s’amuser avec les bambins dès les premiers signes hivernaux. Muni d’un bâton transformant tout ce qu’il touche en glace, batailles de boules de neige et glissades sur fils électriques alimentent son quotidien. Mais aucun enfant ne sait d’où lui vient la joie et et la magie de l’hiver, incapables de voir le personnage. Jack Frost, héros altruiste par excellence? Dans cette version, oui!

 

Ensemble pour la bonne cause

Propulsé malgré lui dans le camp du père Noël, du Marchand de sable, du lapin de Pâques et de la Fée des dents (division américaine de la petite souris), Jack Frost n’entretient pas ce qu’on qualifierait de bons rapports avec ceux-ci, gardiens eux aussi. En particulier avec le lapin de Pâques qui lui en veut toujours pour la tempête de neige d’un de ces week-ends de Pâques.

 

Pourtant, c’est pour les enfants qu’ils devront se donner la main pour combattre l’affreux croquemitaine Pitch – qu’on ne peut vraisemblablement pas prendre au sérieux avec un nom pareil. Bien décidé à  éradiquer le rêve et l’espoir de tous les imaginaires enfantins du monde, Pitch souhaite répandre la peur, afin que l’on croie en lui. Le principe étant: les enfants voient et vivent ce à  quoi ils croient.

 

Parallèlement, Jack Frost mène une quête de son passé d’enfant qu’il a oublié. Et apprend qu’au fond, contrairement aux apparences, il n’est pas si différent des quatre autres gardiens.

 

Une nouvelle épopée?

Le réalisateur a su, malgré l’énorme risque de transformer de tels personnages en super-héros, démystifier les protagonistes à  force d’un humour réussi. Ornés de tatouages, les bras du père Noël affichent tantôt «gentil», tantôt «pas gentil». Son accent russe est lui aussi, des plus étranges pour cette légende enfantine. Le lapin de Pâques n’est pas brun, ni petit, bien au contraire. Muni d’un boomerang, il éclate toutes les images préconçues à  son sujet. Souvent endormi, le marchand de sable nous fait lui aussi bien rire et la Fée des dents, captivée par la magnifique dentition de Jack Frost, semble tomber sous le charme. On se demande ce que cela aurait donné avec la petite souris. Moins charmant sans doute.

 

Avec ce film, Jack Frost a fait son entrée en Europe et ajoute une flèche de plus à  son arc (ou à  son bâton). A quand un film digne des Spiderman ou Batman mettant en scène Jack Frost, un irrésistible héros épris de justice et… de boules de neige.