Culture | 06.11.2012

Le cinéma a du cran!

Texte de Sayaka Mizuno | Photos de tous-ecrans.com
La 18ème édition du Festival Tous Ecrans, festival international de la fiction à  Genève se tient du 2 au 8 novembre aux Cinémas du Grütli. Au programme, des séries TV et web, des fictions et documentaires interactifs et surtout des courts et longs métrages.
"Ganoven (Crooks)" est un court métrage suisse alémanique. Dans cette comédie en trois actes, trois truands planifient le vol d'une bouteille d'hélium dans un magasin de ballons.
Photo: tous-ecrans.com

« Quand j’entends le mot culture, je sors mon carnet de chèques », disait Jack Palance dans Le Mépris de Jean-Luc Godard. Le Festival Tous Ecrans nous prouve cette année le contraire en proposant l’entrée gratuite à  toutes ses projections et conférences; une première en Suisse, qui ravit les amateurs de films. Fortes de ce succès, les projections de ce week end étaient pour la plupart complètes et les plus patients rentraient sur liste d’attente.

 

Dans la compétition des courts-métrages suisses, les douze productions sélectionnées étaient pour la plupart des comédies, des drames ou des romances. A une exception près: Monsieur L’Assassin X, film d’horreur animé, de Lynn Devillaz et Antonio Veiras. Ce court retrace l’histoire de Linda, une petite fille rejetée par son entourage qui se lie d’amitié avec un assassin recherché pour meurtres en série.

 

Talents romands

Trois des douze films sélectionnés étaient réalisés par des étudiants de l’Ecole Cantonale d’Art de Lausanne (ECAL); Resurrection de Jeremy Rosenstein, la fable touchante d’un mécanicien qui rallume la lumière éteinte de sa femme grâce à  des étreintes, Coup de Soleil de Natalia Ducrey, et enfin le très attendu L’Amour Bègue de Jan Czarlewski, déjà  récompensé d’un pardino d’argent du meilleur court métrage suisse à  l’occasion du Festival du film de Locarno 2012. Ce court relate l’histoire de Tim, incapable d’aligner une phrase devant la belle boxeuse Victoria. En 2011, le réalisateur a également été lauréat du pardino d’or pour son court métrage L’Ambassadeur et moi.

 

Du côté de Genève, la Haute Ecole d’Art et de Design (HEAD) a produit Walkman, de Louise Gillard. Le film raconte l’histoire d’un homme qui vit au rythme des sons grâce à  un walkman faisant office de pacemaker. Un jour, ses habitudes basculent malgré lui par l’intervention d’une serveuse qui remplace son sirop au lait.

 

Aussi, parlons de Os Vivos Tambem Choram (Les vivants pleurent aussi) de Basil Da Cunha, qui a été projeté hors-compétition le 6 novembre lors de la soirée spéciale dano-suisse. Le film relate l’histoire de Zé, un docker de 50 ans qui rêve de s’échapper de sa misérable existence et de son travail au port de Lisbonne pour partir en Suède grâce à  ses économies.

Ce film de la HEAD a reçu une mention spéciale à  la 44ème édition de la «Quinzaine des Réalisateurs», séléction la plus importante à  côté de la sélection officielle du Festival de Cannes.

 

Part belle à  la production alémanique

Pour revenir au courts suisses en compétition, la Suisse alémanique nous a proposé de très belles surprises et on retiendra volontiers Kavinsky et Ganoven (Crooks). Comédie de treize minutes tournée en 2011 par le réalisateur Daniel Schraner, Kavinsky met en scène le jeune Sven. Ce dernier a invité Eva au restaurant mais lorsqu’il sonne à  sa porte, c’est M. Kavinsky, le prétendu père d’Eva qui le reçoit. Il le fait asseoir dans son canapé et l’embarque dans un interrogatoire des plus farfelus. Très vite, on comprend l’attachement du père pour la vodka.

 

Une scène en huis clos, avec des répliques toutes plus drôles les unes que les autres. Alors que Sven pense avoir passé l’interrogatoire avec succès, M. Kavinsky le ramène à  l’entrée, lui promettant qu’Eva sera là  pour l’accueillir s’il sonne à  nouveau. Chose faite, mais c’est encore M. Kavinsky qui ouvre; «Tu t’es trompé de maison, tu as 30 minutes de retard pour ton rendez-vous et je t’ai fauché ton argent». Le 9 de l’entrée bascule en 6 quand l’escroc claque la porte. Une belle chute pour un très bon moment. Très applaudi dans la salle, on ne s’étonne pas que le film ait été sélectionné dans de nombreux autres festivals, entre autre le 50ème New York Film Festival.

 

Second film alémanique présenté, Ganoven (Crooks) a été réalisé par Marina Klauser et Pia Hellental, toutes deux diplômées de l’Academy of Media Arts de Cologne, en Allemagne. Cette comédie, structurée en actes, raconte l’histoire de trois truands qui planifient le vol d’une bouteille d’hélium dans un magasin de ballons. Cela s’avère être une quête infructueuse.

Des plans fixes, un esthétisme soigné, des dialogues bien choisis et un pas de danse qui rappelle celui de Christina Ricci dans Buffalo ’66 de Vincent Gallo; et comme décor une salle de bowling.

 

Plus de courts-métrages!

A bon entendeur: l’ECAL vous invite à  la projection des films de diplôme Bachelor 2012 du Département cinéma le jeudi 15 novembre à  20 heures au Capitole. D’autres séries, courts et longs métrages sont programmés jusqu’au jeudi 8 octobre au Festival Tous Ecrans. Des places peuvent encore être réservées sur le site du festival.