Culture | 27.11.2012

L’autre animation

Du 17 novembre au 2 décembre 2012, Genève accueille la 14ème édition du festival latino-américain Filmar. Était notamment programmé la semaine dernière «Selkirk, le véritable Robinson Crusoé» du réalisateur Uruguayen Walter Tournier.
Selkirk, un pirate abandonné sur une île déserte. Walter Tournier est l'"artisan de l'animation urugayenne". Photos:DR

Le public, des enfants accompagnés de leurs parents, entrent émerveillé dans une magnifique salle au plafond étoilé. Ces enfants se sont d’ailleurs révélé les meilleurs spectateurs du film animé Selkirk, le véritable Robinson Crusoé.

 

Selkirk est un pirate. Les cartes très précieuses qu’il possède le rendent indispensable aux yeux du terrible équipage du capitaine Bullock. Laissant toujours son destin aux mains de la chance, Selkirk est abandonné sur une île déserte avec pour seule compagnie un pistolet muni de 5 balles.

 

A partir de là , il se construit une vie paisible, isolée de tous. Mais un beau jour, un bateau pirate vient se ravitailler sur l’île avec à  son bord Pupi, fidèle amie de Selkirk. L’équipage recueille ce dernier à  bord sous le nom de Robinson Crusoé.

 

Animation à  l’ancienne

Une animation «rudimentaire», bien éloignée de la technologie Disney, qui rend pourtant les personnages plus vivants. Les pantins utilisés pour animer les protagonistes nous ramènent à  l’époque du théâtre des marionnettes où chaque chute provoquait des éclats de rires. C’est exactement ce que l’on ressent en visionnant cette animation. On en ressort de la salle rajeuni de dix ans. La présence du réalisateur Walter Tournier et de la directrice artistique Lala Severi a notamment permis un contact direct avec le public visé; les enfants.

 

Les deux artistes ont merveileusement bien joué le jeu en amenant les marionnettes utilisées pour l’animation. A notre grande suprise, celles-ci étaient vraiment petites que ce que l’on imaginait. Walter Tournier et Lala Severi ont expliqué comment l’animation a été conçue.

 

Pour réaliser ce film, il aura fallu plus de deux ans: six heures de travail étaient en effet nécessaires pour animer trois à  quatre secondes de film. Les deux artistes ont montré comment ils positionnaient la marionnette, puis prenaient une photo, puis la repositionnaient et prenaient à  nouveau une photo, etc. Une fois tous les mouvements souhaités photographiés, ceux-ci étaient insérés dans l’ordinateur puis animés. Environ 24 photos par seconde étaient nécessaires.

 

Retour sur investissement?

Très naturels, contents d’être là , le réalisateur et la directrice artistique du film ont néanmoins confié qu’il était vraiment difficile d’entrer dans le commerce cinématographique et, particulièrement, le cinéma pour enfants. Faire un long-métrage animé constitue un grand défi. Beaucoup d’investissement en temps et en argent sans être sûr de pouvoir, par la suite, en dégager un bénéfice. Selkirk a seulement été traduit en français, mais a néanmoins participé à  de nombreux festivals en Amérique Latine ainsi qu’au Sénégal.

 

Selkirk est une toute autre façon d’aborder l’animation, mais aussi la piraterie. Cette dernière est ici dirigée par l’aristocratie, qui finance les méfaits des pirates en échange du partage du butin. Elément loufoque, lorsqu’une plante hydratée au rhum prend vie, devient à  son tour pirate et veut s’emparer du bateau. On ne manquera pas de relever également quelques références aux Beatles. Au final, qu’il s’agisse d’accompagner ses bambins ou de faire plaisir aux petits frères et petites sŠ«urs, on conseille vivement cette animation à  tous ceux qui sont restés, intérieurement, des enfants.

 

Programme complet du festival à  cette adresse