Culture | 11.11.2012

La revanche des DJs

Texte de Camille Spühler | Photos de Camille Spühler
Voyage électro jeudi soir avec Wax Tailor et C2C qui nous prouvent qu'un concert de DJ, ça vaut la peine.
C2C a fait danser son public jeudi soir au Metropop.
Photo: Camille Spühler

A premier abord on pourrait penser qu’aller voir des DJ’s sur scène est inutile et plat. Ils ne bougent pas, ou presque, derrière leurs platines: aucun intérêt d’aller voir un concert, autant écouter le CD calé dans son fauteuil. Mais C2C nous a prouvé le contraire jeudi soir. Wax Tailor aussi, mais avec un peu plus de retenue.

 

C2C chauffe la salle…

Quand les artistes restent derrière leur table de mixage, pas facile de donner du dynamisme au concert. C2C y est pourtant merveilleusement bien parvenu avec notamment des jeux de formes sur leurs platines. Pas totalement statiques, les quatre nantais échangeaient leurs places de temps à  autres, ou mieux: c’était carrément leurs tables qui bougeaient pour donner une autre forme à  la scène. Ceci a largement contribué à  rendre le concert dynamique, plein d’ambiance et d’énergie.

 

Leur «traditionnelle photo» – moment où ils photographient le public – a prouvé que C2C était là  pour ses spectateurs et pour que celui-ci suive son cri «vous allez bouger votre cul Lausanne !?».

 

Coté musique, le groupe a joué des morceaux tels que «The Cell», «Down The Road», «Fuya», «Who are You», issus de leur premier album Tetra, sorti en septembre dernier. Autant de titres qui ont fait danser le public durant l’heure et demi qu’aura duré le concert.

 

…Wax Tailor peine à  garder la température

En revanche du côté de Wax Tailor le concert était un peu plus stationnaire. Derrière sa table tout au long du concert, la seule ambiance présente était due aux musiciens, aux rappeurs d’ASM, à  Mattic et à  la chanteuse Charlotte Savary venus sur scène. Tête d’affiche de la soirée, Wax Tailor a finalement été relégué au second plan, presque invisible derrière ses artistes. Les grandes diapos animées visibles derrière lui – bien que très réussies et envoûtantes – n’ont pas arrangé le fait qu’on ne voyait plus l’artiste. On regrette que Wax Tailor n’ait finalement fait office que de fioriture pour mettre en valeur les autres artistes venus, pourtant uniquement censés enrichir le concert (et la musique). Mis à  part ce bémol, éclairages et tableaux animés furent de toute beauté. De quoi donner au concert un air de cinéma.

 

Choix musical varié

Au sein de son répertoire, Wax Tailor a décidé de jouer des morceaux de ses quatre albums – le dernier Dusty Rainbow from the Dark est sorti en septembre – parmi lesquels on a pu reconnaître «I Don’t know», «Positively Inclined», «How I Feel», «The Sound», «No» ou encore «Dragon Chasers». Avoir autant d’albums à  son actif fait forcément des déçus: certains auraient voulu entendre telle ou telle chanson, et n’ont pas eu cette chance.

 

Notons que le style musical de Wax Tailor est plutôt berçant – mis à  part les morceaux de rap qui interviennent parfois – donc peut-être moins appropriée pour un concert dans une folle ambiance.

 

Un DJ en concert, ça vaut le déplacement!

Pari réussi pour C2C qui est parvenu à  capter l’attention de son public et à  le faire danser. Bilan un peu moins glorieux pour Wax Tailor, à  cause de sa quasi invisibilité et de son immobilité. Un peu plus de retenue de la part du public s’est en outre fait ressentir, peut-être un peu épuisé par l’heure et demie de C2C.

 

Il n’empêche que les visiteurs du Metropop ont bénéficié de deux concerts de qualité, tant musicalement que visuellement. Après ceci, impossible de dire qu’il ne vaut pas la peine d’aller voir des DJ’s en concert.