Culture | 27.11.2012

«J’aime improviser»

Texte de Andrea Machalova | Photos de Andrea Machalova
Le 22 novembre, la jeune chanteuse française Mai Lan s'est produite à  Onex dans le cadre du festival Les Créatives. Interview
"Si j'avais fait ces mélodies avec des paroles françaises, mes chansons auraient été complètement différentes", expliquait Mai Lan avant son concert aux Créatives d'Onex.
Photo: Andrea Machalova

Son premier album éponyme est sorti en septembre et depuis elle ne s’arrête plus: elle enchaine les concerts ou collabore avec Oxmo Puccino, et peut la voir dans une publicité pour l’opérateur SFR. Mai Lan dont le nom en vietnamien signifie «orchidée» semble très épanouie. Une heure avant de monter sur scène, elle répond aux questions de Tink.ch

 

Hier soir tu étais au Bleu Lézard à  Lausanne, ce soir tu te produis aux Créatives, que penses-tu du public suisse?

Pour l’instant, je n’ai fait que Lausanne hier soir et c’était vraiment bien. On m’avait dit beaucoup de bien du public suisse, j’étais donc assez confiante. En plus le décor de la cave du Bleu Lézard est très intimiste, c’était génial.

 

Ta collaboration avec Oxmo Puccino et ton apparition dans une publicité télévisée t’ont-elles aidée à  te propulser sur la scène médiatique, après la sortie de ton premier album? Tout cela n’est-il pas allé trop vite?

Je pense que oui, même si l’album était bien lancé et qu’on avait déjà  de superbes articles dans la presse. La publicité ne peut qu’aider à  se faire connaitre, c’est un média génial.

Oxmo a bien sûr aussi été un soutien, et le morceau qu’on a fait ensemble me plait beaucoup. J’étais sur scène avec lui mardi (le 20 novembre, ndlr) et j’ai été très bien accueillie. Je suis bien entourée, et j’ai toujours vu beaucoup d’artistes faire beaucoup de choses différentes. Alors je ne pense pas que je vais péter les plombs.

 

Tu écris tes chansons toi-même, et les histoires que tu racontes sont assez surréalistes. Où puises-tu ton inspiration?

Un peu partout, je crois. Après avoir réfléchi à  ce que je voulais faire, je me suis rendue compte que je m’inspirais de plusieurs choses: des images, des souvenirs d’enfance, des histoires qui m’ont marquées, des livres, des films…

 

Quelles sont tes influences du moment?

J’aime bien Beast d’Agnès Obel, Lily will soon be a woman d’Ibrahim Maalouf. Souvent, c’est une chanson qui me marque, et je n’ai pas de style préféré: j’aime bien avoir mon petit coup de foudre.

 

Tu viens d’un milieu artistique (son père est graphiste et son frère réalisateur de films, ndlr), cela t’a-t-il aidé à  te lancer dans une carrière artistique? Tes proches t’ont-ils inspirée, encouragée?

Le fait d’avoir grandi dans cette famille et avec tout son entourage a été extrêmement stimulant. Depuis notre plus tendre enfance, mon frère et moi sommes très créatifs. Mais il n’était pas écrit que j’allais me lancer dans la musique…

 

…d’ailleurs, tu t’es tournée d’abord vers la création de vêtements.

Oui, voilà . Mais je sens que j’ai besoin d’exprimer d’une certaine manière ce que je sens en moi. J’ai de la facilité à  entrer dans divers univers et je me sens très épanouie dans la musique.

 

Ton album est presque entièrement en anglais, imaginerais-tu chanter en français sur le prochain?

Je vais en tout cas essayer. Chanter en français est moins naturel pour moi, parce que l’anglais me vient naturellement dans la mélodie et dans l’écriture. L’anglais représente 90% de mes influences musicales, mais je suis toujours très fière de moi lorsque j’arrive à  interpréter quelque chose en français.

 

Est-ce aussi parce qu’avec l’anglais, il est plus facile de se faire connaitre au niveau international?

C’est vrai qu’à  cause de l’anglais, les gens ont moins facilement accès au sens, alors que mes chansons racontent beaucoup d’histoires. Je comprends que cela puisse être un peu frustrant. Mais si j’écris en anglais, ce n’est pas parce que le français est dur, mais parce que mes mélodies collent à  l’anglais. Si j’avais fait ces mélodies avec des paroles françaises, mes chansons auraient été complètement différentes.

 

Il parait que tu bois un petit verre de vodka avant de commencer un concert pour te donner du courage, ce sera le cas ce soir?

Bien sûr! (rires) C’est une technique comme une autre pour se détendre et qui ne marche pas mal! Mais il ne faut surtout pas se tromper dans le dosage. Un petit shot permet de se chauffer doucement; mais j’ai aussi besoin de me concentrer, de me «rassembler», d’être un petit moment seule.

 

As-tu déjà  des projets pour la suite?

Franchement, pour l’instant je suis tellement heureuse dans ce que je fais que je n’y pense même pas. Ce n’est que du bonheur, tout est génial. La musique permet de faire un peu de tout: des photos, des visuels, des images, les clips. J’aime bien improviser pendant les duos par exemple. C’est ce que j’ai fait dans la chanson Easy et ça a bien marché, j’adore ce côté «coup de bol». J’aime le côté instantané de la musique.