Politique | 12.11.2012

CliMates au sommet!

Texte de Laura Crivelli
Après une année de travail sur la toile, les membres de CliMates se sont retrouvés à  Paris du 28 octobre au 2 novembre dernier à  l'occasion du premier sommet international de l'association. Groupes de travail avec experts, tables rondes, ateliers ou encore expositions étaient au programme.
Le but du sommet CliMates était de donner la possibilité aux délégués de se rencontrer en personne, après avoir travaillé pendant un an sur la toile. Le document produit constitue la base d'une nouvelle année de collaboration, de recherche et de partage de connaissances au sein du réseau CliMates. Photos: studentclimates.org

Vous êtes-vous déjà  plaint de la lenteur des décisions politiques, ou senti révolté par le peu d’ambitions de politiques internationales en matière de climat? Avez-vous déjà  eu le sentiment qu’il fallait faire plus, que les mesures prises et les promesses faites pour s’adapter au changement climatique étaient insuffisantes? Alors vous êtes sûrement conscients de la nécessité de transformer notre économie et ses principes de fonctionnement, de même que nos valeurs et notre mode de vie. Mais comment faire?

 

Un modèle de recherche collaborative

Association à  portée internationale, CliMates est construite comme un think tank; un laboratoire d’idées informel, indépendant et à  but non lucratif. Composé d’experts et d’amateurs, l’association souhaite réfléchir au changement dans le domaine des politiques publiques liées au climat. CliMates s’est fixé pour but de trouver et de promouvoir des solutions innovantes concernant le changement climatique. Le think tank doit son activité incessante et grandissante à  l’engagement et à  la motivation de plus d’une centaine d’étudiants originaires des quatre coins du monde. Ces derniers recherchent et rassemblent des données, rédigent et publient des études.

 

Pendant une année, les CliMates (c’est ainsi que l’on désigne les membres du think tank du même nom) ont communiqué par les réseaux sociaux, par e-mail et sur la plateforme interactive mise en place par l’équipe d’organisation centrale basée à  Paris. Le but de leur rencontre internationale était de donner la possibilité aux délégués de se rencontrer en personne, après avoir travaillé pendant un an sur la toile. Ensuite, il s’agissait de définir ensemble les domaines de recherche et les plans d’actions de CliMates pour l’année à  venir. Finalement, il fallait élaborer un document clair, concis, pragmatique, innovant, et pertinent, qui servirait de support aux représentants de CliMates.

 

Les jeunes seront en effet présents à  Doha à  la fin du mois de novembre lors de la COP18, la Conférence des Parties de la convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique. Cet appel à  l’action ne se limite pas à  lancer des recommandations aux gouvernements ou autres institutions: il engage aussi les CliMates à  tout mettre en Š«uvre afin de réaliser les promesses auxquelles ils ont souscrit.

 

Combiner les connaissances

Les CliMates suivent des cursus de formation très variés. Bien qu’ils débattent de séries de mesures très différentes les unes des autres, ils sont réunis par des buts communs afin d’explorer des pistes de solutions applicables dans divers contextes. Selon la culture, la formation, le lieu de vie ou l’origine de chaque CliMate, le problème du changement climatique est approché de multiples façons. Le défi est alors de trouver un équilibre ou une complémentarité entre cette vaste palette de perspectives. Unis par des valeurs communes qui sont la connaissance, l’innovation, la collaboration, la crédibilité et la solidarité, les CliMates se laissent guider par ces principes lorsqu’ils analysent la pertinence et l’ordre de priorité de leurs solutions.

 

Se retrouver pour finaliser…

Après une année de collaboration, les CliMates s’étaient mis d’accord pour approfondir, lors du sommet, trois grands thèmes sous-divisés en sous-sujets, afin d’identifier et de prioriser des solutions concrètes. Ils se sont premièrement penchés sur l’approche sectorielle dans le contexte du changement climatique, traitant particulièrement des enjeux de l’eau, de l’agriculture et de l’énergie. Les participants se sont par exemple engagés à  aider leurs universités à  faire le bon choix en matière d’énergie, en les informant sur les possibilités d’approvisionnement qui s’offrent à  elles et sur les produits énergétiques les plus performants.

 

Ensuite, sous le thème intitulé «Gouvernement et actions locales», les CliMates ont développé des plans de (re)développement à  faible taux d’émissions de carbone. Le but était de resserrer les liens entre les politiques d’adaptation aux changements climatique et les politiques de développement, et de réfléchir aux intérêts globaux et à  la mobilisation de la société civile. Les jeunes ont jugé prioritaire de définir un plafonnement global d’émissions de carbone. Ils se sont engagés à  chercher des moyens permettant une transition énergétique globale qui limiterait l’augmentation de la température moyenne mondiale.

 

Finalement, les CliMates ont proposé des pistes pour débloquer les négociations internationales en analysant quels instruments établis par le protocole de Kyoto pourraient et devraient survivre. Ils ont par ailleurs réfléchi à  la manière de faire évoluer le processus de négociations climatiques, afin que celui-ci soit plus efficace. Certains ont proposé d’améliorer les mécanismes de développement propre mis en place par le protocole, en créant un système qui encouragerait les investisseurs à  investir dans d’autres pays que ceux émergents et dans d’autres domaines que celui de l’énergie. Par ailleurs, les participants ont suggéré de ne pas diviser les pays en deux catégories, c’est-à -dire ceux qui sont obligés de réduire leurs émissions carbones et ceux qui ne le sont pas; il s’agirait plutôt de créer un système de quatre catégories qui rendrait attrayante la réduction des émissions de carbones et favoriserait les pays à  basses émissions de carbone.

 

…et repartir plus fort!

Au terme de trois jours de discussion, les CliMates ont publié un appel à  l’action qu’ils ont tous signé. Ce document constitue la base d’une nouvelle année de travail, de collaboration, de recherche, de partage de connaissances et d’actions au sein du réseau.

 


Info

Plus d’informations sur le think tank, comment devenir CliMate, et les détails du CliMates Call for action à  cette adresse.