Culture | 13.11.2012

Cinéma marginal

Texte de Sayaka Mizuno | Photos de boxproductions.ch
«Les vivants pleurent aussi" du suisse Basil Da Cunha était projeté lors de la soirée dano-suisse au Festival Tous Ecran le 6 novembre. La découvert d'un cinéma marginal, mais de qualité.
Zé rêve devant le bateau qui l'emmènera en Suède (image extraite de "Les vivant pleurent aussi" de Basil Da Cunha).
Photo: boxproductions.ch

Le moyen métrage Les vivants pleurent aussi, diffusé lor de la soirée dano-suisse au Festival Tous Ecrans, se déroule dans le bidonville créole de Reboleira à  Lisbonne. Basil Da Cunha, le réalisateur, explique le leitmotiv de ses films: l’évocation de «la poursuite d’un rêve, et finalement l’incapacité des gens à  réaliser ce rêve». Pourtant, Zé, héros de l’histoire, finit par rejoindre le bateau qui l’emmènera en Suède, accompagné de la voix d’une chanteuse de fado et de ses amis qui le regardent s’en aller du port. Dans l’imaginaire de Zé, les rêves deviennent réalité.

 

«Un bidonville qui respire le cinéma»

A l’image de ses films où la fiction se mêle à  la réalité, Basil Da Cunha déclare dans une interview pour la RTS: «Je tourne d’une manière très particulière et peu conventionnelle, avec des acteurs non professionnels et un scénario qu’on n’utilise jamais sur le tournage». Ainsi son cinéma se veut proche des gens avec qui il tourne. Loin de Hollywood et du star-system, le réalisateur s’entoure des laissés-pour-compte et cherche à  leur donner une dignité.

 

L’avenir du cinéma suisse

Dans la même veine, Alain Tanner, fameux réalisateur genevois, disait en 1964 dans une interview pour la RTS également: «On a essayé de créer des acteurs, de faire du cinéma avec beaucoup d’argent. Ce n’était que des grosses machines, et nous n’avions absolument rien pour entrer en compétition avec le cinéma commercial des pays étrangers. Mais je crois plutôt que nous sommes condamnés à  la qualité, ce qui n’est pas mal du reste; nous sommes condamnés à  créer des auteurs». Basil Da Cunha a retenu la formule: un cinéma de qualité à  petit budget, marginal et poétique. Et cinquante années après les paroles de Tanner, l’avenir du cinéma suisse repose toujours sur les mêmes atouts.

 

Né à  Morges en 1985, Basil Da Cunha est diplômé de la Haute Ecole d’Art et de Design de Genève. En 2012, il est sélectionné pour la seconde fois à  la Quinzaine des réalisateurs du festival de Cannes pour son film «Les vivants pleurent aussi».