16.10.2012

Quel futur veut-on?

Verdict de Rio+20: éradication de la pauvreté et gouvernance globale sont à  la traine. Quant à  l'économie verte, est-ce une nouvelle aubaine?
Le but de Rio+20 est de comprendre l'impact des décisions ou des non-décisions de la communauté internationale sur la société civile.
Photo: Lucie Rosset Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations Unies, s'est exprimé en juin dernier lors du sommet Rio+20. UN Photo/Maria Elisa Franco

Trois mois après Rio+20, la conférence mondiale sur le développement durable, l’heure est aux bilans. A Genève, les organisations internationales spécialisées (OMC, UNEP ou encore WWF) ont multiplié les tables rondes sur les résultats du sommet, tout comme les discussions sur l’agenda du futur. Quelles sont les implications de Rio+20 pour le présent et l’avenir de notre société globalisée?

 

Lors du dialogue informel sur les résultats de Rio+20 à  l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce), les représentants de la scène internationale s’expriment tour à  tour. Aucun n’est vraiment satisfait, mais tous ajoutent une note positive à  leur intervention. Certains parlent d’un manque d’ambition de la part des chefs d’Etats, d’autres d’un texte de négociations trop long pour pouvoir trouver un accord entre les 193 Etats formant la communauté internationale. D’autres encore relèvent l’incapacité de cette communauté internationale à  se mettre d’accord sur la gestion des océans, de la pêche ou de l’espace aérien, et le mauvais moment choisi pour une telle conférence, en pleine récession économique. Les nouveaux défis grandissants du développement durable tels que le boom démographique, une forte urbanisation, et la course énergétique sont traités de manière insatisfaisante.

 

Le concept d’économie verte : un tremplin pour réaliser le développement durable?

Le représentant de la Conférence des Nations Unis sur le Commerce et le Développement (CNUCED), monsieur Lucas Assunção, se montre pourtant satisfait de l’avancement du concept de l’économie verte, qu’il considère comme un nouvel instrument pour confirmer l’engagement des Etats pour le développement durable. Il se réjouit également que les entreprises intègrent le concept de durabilité dans leur stratégie et non plus comme simple mesure de responsabilité sociale. Les mesures durables sont devenues compétitives, et possèdent une valeur économique. Il ne cache cependant pas sa déception face au manque d’engagement pris pour l’éradication de la pauvreté et l’inclusion des pays en voie de développement. Il dit clairement que le texte de Rio+20 ne suffit pas à  générer des changements à  l’échelle et au rythme requis.

 

Les intérêts nationaux dictent la politique internationale

Les déléguées suisses responsables des négociations sur le développement durable à  l’Office Fédéral de l’environnement retiennent un bilan mitigé de Rio+20. Les négociations ont été difficiles. La méfiance et l’incompréhension entre les différents groupes d’Etats est grandissante. La constellation d’intérêts divers rend complexe la mise en place de politiques internationales de développement durable.

 

Les objectifs visionnaires devraient pourtant être les mêmes: garantir la survie de notre planète, tout en éradiquant la pauvreté. Cette survie dépend de la société globale que nous mettons en place. Il en va de même pour l’éradication de la pauvreté; celle-ci passe aussi par la préservation de la biodiversité, source de vie et de revenus pour de nombreux êtres humains, la protection des écosystèmes qui rendent des services que l’homme est incapable de reproduire et la sauvegarde des ressources naturelles.

 

Mobilisation de la société civile : une énergie envoûtante

Pour la représentante de la jeunesse suisse présente lors du sommet, Rio+20 a été un «colosse», qui a permis à  la société civile du monde de se mobiliser, de proposer et d’exiger la mise en place d’actions concrètes pour le développement durable. Les sommets des peuples et le sommet «officiel» de la Terre, c’est-à -dire celui des négociations gouvernementales, sont piètrement restés déconnectés. Il est temps de réaliser l’impact des décisions ou des non-décisions de la communauté internationale sur les individus de ce monde. Si des pays s’offrent le luxe de patauger avant d’entreprendre des mesures écologiques radicales nécessaires, d’autres sont pris à  la gorge et se doivent d’agir immédiatement pour protéger leurs peuples d’une famine. Les Etats qui se tournent vers une économie verte devraient être récompensés, et soutenus par des experts.

 

 


 

Info

Tu te sens concerné(e) par le développement durable, et tu souhaites lire la suite de l’analyse des résultats du sommet Rio+20? Retrouve dès mardi prochain la seconde partie de cet article sur Tink.ch Romandie.

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