Culture | 22.10.2012

Plus humain

Texte de Anne Maron
Après notre entrevue avec David Le Deunff la semaine dernière, c'était au tour d'Elodie Rama, jeune chanteuse française, de faire l'expérience du public genevois, le 18 octobre au Box, à  Carouge. Tink.ch l'a rencontrée à  la fin du concert.
"J'ai voulu métisser tous les genres par lesquels j'étais passée et montrer cette ouverture sur les autres musiques, au-delà  du jazz et de la soul" (Elodie Rama) Photos: Anne Maron

Ella Fitzgerald, Billie Holiday, Coltrane et les autres…

L’univers musical d’Elodie Rama est riche: on y retrouve du hip-hop, de l’électro ou encore du reggae, styles dans lesquelles elle a évolué au fil de ses rencontres musicales. Mais pendant son enfance, la jeune chanteuse a surtout été bercée par la chanson française, les musiques caribéennes, héritage de ses origines antillaises, la soul et surtout le jazz. Pourtant, ça n’a pas toujours été une évidence. Sourire aux lèvres, elle glisse: «Le jazz est arrivé par la porte de derrière sans que je m’y attende.». Ses références en la matière remontent aux années 1950 et portent le nom d’Ella Fitzgerald, Billie Holiday, Duke Ellington ou encore John Coltrane. Et lorsqu’elle se remémore sa première rencontre avec le jazz, c’est avec une certaine tendresse: «Je me souviens être tombée sur un disque d’Ella Fitzgerald qui était dans la discothèque de mon père. Je lui l’ai piqué et pendant longtemps il est resté posé dans ma chambre sans que je ne l’écoute. Puis un jour, je l’ai écouté une fois, deux fois, et à  partir de ce moment je n’ai jamais cessé d’écouter Ella Fitzgerald. J’ai des histoires d’amour avec ses chansons, il se passe toujours quelque chose de physique.» Sur ces mots, elle commence à  fredonner quelques notes de I can’t give you anything but love de la grande chanteuse américaine, rendant ainsi hommage à  la musique qui l’a menée là  où elle est aujourd’hui.

 

Désormais, on peut découvrir la jeune femme accompagnée sur scène de ses deux musiciens: Hervé Godard, bassiste d’Hocus Pocus à  la guitare, et le beatboxeur ShenRoc. «J’avais envie de quelque chose qui soit vraiment très humain et plus intimiste. L’idée de mettre du beatbox à  la place d’une batterie ajoute encore de l’humain par la voix.» Un univers beaucoup plus réservé qui correspond parfaitement au cadre de la petite salle du Box et à  l’ambiance qui y règne. Elodie Rama s’est appropriée la scène ainsi que le public avec naturel et simplicité: «C’est agréable de ressentir ce que le public ressent. On sent les choses beaucoup plus facilement que sur une grande scène.»

 

Du stylisme à  la musique

Après avoir réalisé des études de stylisme, activité qu’elle exerce d’ailleurs toujours, Elodie Rama est s’est tournée assez tardivement dans la musique. D’abord chanteuse au sein du Blue Apple Quartet, elle a ensuite travaillé avec le groupe français Hocus Pocus ou encore avec le DJ londonien Natural Self. Toutes ces rencontres ont nourri l’univers musical d’Elodie qui a finalement décidé de se lancer dans un projet solo après de nombreuses collaborations. «Ma carrière a commencé par des rencontres, et c’est par ces rencontres-là  que j’ai commencé, petit à  petit, à  tisser ma toile et à  penser à  mes propres projets», explique-t-elle. «J’ai voulu métisser les genres par lesquels j’étais passée et montrer une ouverture sur les autres musiques, au-delà  du jazz et de la soul.» Et en effet, avec une identité très jazzy, Elodie jongle entre différents styles musicaux pour façonner la musique qu’elle fait aujourd’hui. Incontournable!

 

 


 

Info

Le prochain EP d’Elodie Rama sortira début 2013.