Culture | 22.10.2012

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Texte de Juliette Ivanez
La semaine dernière, le public genevois a pu découvrir à  la maison de quartier de la Jonction la toute première édition du festival InteGREAT, organisé par l'association du même nom. A cette occasion, Tink.ch a rencontré Natalia Luque, jeune présidente d'InteGREAT et très engagée dans la promotion de la diversité culturelle à  Genève.
Le groupe S.U.R. a donné samedi un atelier de danses boliviennes. Les participants ont aussi pu s'essayer au Vovinam, un art martial vietnamien. Le festival proposait également un après-midi sur le thème des jeux du monde. Photos: association InteGREAT

Peux-tu nous expliquer en quelques mots le concept de l’association InteGREAT et de son festival?

Le but de notre association est de promouvoir la diversité et l’intégration. Pour ce festival, nous nous sommes basés sur l’échange culturel à  travers diverses activités: concerts, ateliers, conférences, films, stands associatifs qui présentaient eux aussi leurs activités ainsi que des spécialités gastronomiques. L’objectif est de rendre cette diversité plus accessible pour des personnes qui ne vont peut-être pas d’elles-mêmes chercher l’information sur telle ou telle culture.

 

Certaines activités étaient gratuites, d’autres proposées à  «prix libre». Qu’est-ce que cela signifie exactement?

Voici le concept: nous ne fixons pas de prix nous-mêmes. A l’entrée, les personnes peuvent choisir si elles ont envie de nous donner 10 centimes, 5 francs ou 100 francs! Cela permet d’éliminer les barrières financières à  la participation, et de rendre la manifestation plus accessible. En plus, le but pour nous n’est pas de faire des bénéfices mais simplement de pouvoir nous autofinancer. Les sommes recueillies servent par exemple à  offrir le repas aux intervenants et aux bénévoles. Et si de petits bénéfices sont tout de même récoltés, ils seront réinvestis dans de futurs projets.

 

Comment est née l’idée de ce festival?

Quand j’ai participé à  imp!act en 2011 [le sommet pour les jeunes organisé par l’association Euforia, ndlr], le groupe auquel j’appartenais avait monté un projet qui était déjà  centré sur la multiculturalité, l’échange et la diversité (voir encadré). Le groupe s’est par la suite dispersé, mais l’idée de base s’est développée différemment avec d’autres gens, notamment des bénévoles venus comme moi de la Croix-Rouge. Maintenant nous sommes trois personnes au comité, toutes issues du milieu associatif.

 

 

Au moment où l’on parle, trois jours de festivals se sont déjà  écoulés. Peux-tu déjà  tirer un petit bilan de cette première édition?

Difficile pour l’instant! Du fait que les activités proposées se sont déroulées en partie durant la semaine, nous n’avons pas eu énormément de public. Mais les intervenants et les gens qui ont participé étaient vraiment contents. Le fait d’avoir un groupe restreint a aussi permis une plus grande proximité et un réel partage entre intervenants et participants. C’était pour nous l’essentiel. Pour une première édition, on ne visait pas le niveau de Paléo! Nous voulions une manifestation locale, et la maison de quartier de la Jonction s’y prête très bien.

 

Comptez-vous reconduire l’expérience l’année prochaine?

Nous allons d’abord faire le bilan du festival. Du fait que le noyau dur de l’équipe n’est plus le même qu’au départ, et que beaucoup de changement sont intervenus, nous avons des ajustements à  faire en interne. Nous avons aussi besoin de nouveaux membres, car la charge de travail en amont du festival était trop lourde pour chacune d’entre nous. Mais nous avons déjà  reçu plusieurs demandes de personnes ou d’associations qui sont intéressées à  collaborer avec nous. J’espère donc que l’on pourra continuer!

 

Peut-on en conclure que l’association recrute?

Oui, nous recrutons activement des membres! Que ce soit simplement pour donner un coup de main de temps en temps, ou pour s’investir à  plus long terme en créant notamment de nouveaux projets. Notre champ d’action est vaste: si des personnes ont des initiatives particulières dans le domaine du handicap, du racisme, de l’homophobie…nous sommes ouverts aux propositions! Forts de cette première expérience avec le festival, nous sommes aussi là  pour guider et donner un cadre d’apprentissage aux personnes qui souhaiteraient s’investir. Les nouveaux membres peuvent bénéficier d’un travail effectué en amont, d’un réseau que l’on a déjà  commencé à  construire et qui leur sera ouvert pour monter leur projet. L’élément essentiel est la motivation!

 

 


 

Encadré:
Natalia a participé à  l’événement imp!act en 2011. Comment l’association euforia l’a t-elle aidée dans la réalisation de son projet? Réponse ci-dessous.

 

A propos d’imp!act, quel soutien et quel suivi l’association euforia a-t-elle pu vous apporter suite à  l’évènement?

Même si je suis la seule du groupe formé à  imp!act à  continuer le projet, et que celui-ci a beaucoup évolué, les membres d’euforia ont toujours été très attentifs et présents. Sur notre demande, ils ont préparé des formations pour répondre à  nos besoins spécifiques. Les formations étaient ensuite également ouvertes à  d’autres groupes.

 

De quelles formations avez-vous pu bénéficier dans ce cadre?

Nous avons reçu des conseils pratiques sur la recherche de fonds et la gestion de la présence médiatique. Il y a aussi eu une formation sur le thème de la communication, à  laquelle nous n’avons malheureusement pas pu assister. euforia nous a aussi aidées en faisant appel à  son réseau, lorsqu’on recherchait par exemple un technicien. Et nous avons pu bénéficier de la communication très active de l’organisation pour faire connaitre notre évènement. Celui-ci a notamment été annoncé et relayé sur la page Facebook d’euforia.