Culture | 16.10.2012

« Je vis à  l’envers des gens »

Membre du groupe Hocus Pocus depuis 2005, David le Deunff a donné un concert des plus intimistes et conviviaux vendredi dernier dans la petite salle du Box à  Carouge, accompagné du guitariste Aymeric Maini.
David le Deunff s'est produit vendredi dernier sur la scène du Box à  Carouge, en compagnie du guitariste Aymeric Maini.
Photo: page Facebook de David le Deunff "Je fais de la musique pour vivre ces moments-là ". Céline Bilardo

À mi-chemin entre le blues, le reggae et la soul, David Le Deunff dégage une énergie enivrante, le tout accompagné d’une sensibilité musicale particulière. Deux journalistes de Tink.ch ont pu le rencontrer autour d’un verre, avant et après son concert. Voici un extrait des réponses données par David; les interviews en intégralité sont disponibles en podcast

sur cette page.

– L’avant –

On te connaît essentiellement avec Hocus Pocus, mais qu’as-tu fait avant cette aventure?

Avant Hocus Pocus j’ai travaillé avec Dajla, une artiste nantaise au style plus new soul, c’est-à -dire hip-hop joué avec des instruments. J’ai aussi rencontré Jackson Reed, un chanteur sud-africain avec qui je jouais en duo en acoustique; on mélangeait reggae et blues. Et avant ça, je vivais en Bretagne, où j’ai parcouru pas mal de bars en solo et beaucoup de formations amateurs.

Avant même de devenir musicien professionnel, as-tu toujours été habité par la musique?

La musique est venue un peu par hasard. Je voulais acheter une mobylette et mes parents n’étaient pas d’accord; alors j’ai acheté une guitare, et je crois que c’était le bon choix. Une fois que j’y ai eu goûté, je n’ai plus jamais lâché. Je viens d’avoir 30 ans et j’ai commencé vers 14 ans. La musique est une des seules choses que j’ai commencées et que je n’ai jamais arrêtées. […]

 

Qu’est-ce que le succès de Hocus Pocus a changé dans ta vie de musicien?

Ça a changé ma vie tout court, parce que c’est un vrai mode de vie d’être musicien, une existence un peu parallèle. Je vis à  l’envers des gens: je travaille plus le week-end et le soir quand les gens se reposent ou digèrent leur journée. J’ai vraiment pris autres habitudes, un autre mode de pensée et d’être. […].

Au moment où l’on se parle, ton concert commence dans quelques minutes. As-tu des petits rituels avant de monter sur scène?

Non, pas vraiment. A part peut-être une petite bière fraîche, et une bonne préparation mentale!

– L’après –

Après un concert de plus de deux heures, une bière et une clope, comment te sens-tu?

Super bien, le concert correspondait à  ce que j’attendais: de l’écoute de la part de gens contents d’être là , de la présence, de la chaleur. C’est tout ce que je recherche.

Et le public suisse?

Parfait comme toujours. Même après plus de 8 dates en Suisse, je reviendrai encore.

As-tu toujours eu des moments privilégiés, comme cette fin de concert où le public t’encercle, toi, totalement en acoustique?

C’est magique, je t’avoue que c’est pour ça que je fais de la musique, pour vivre ces moments-là . Il n’y a rien de plus beau. Pourvu que ça dure!

Parlons de l’album, je pensais qu’il devait sortir en 2012… On arrive bientôt à  la fin de l’année, où en est-il?

Eh bien, je suis un petit peu victime de ma stratégie… Les trois quarts des artistes qu’on croise font d’abord un album et ensuite tournent. Mais moi j’aime trop la scène. Du coup, j’espère sortir l’album le plus rapidement possible l’année prochaine; mais en ce moment, je suis vraiment encore dans la recherche de bonnes chansons. Encore une fois mon public est mon cobaye, je teste les chansons et les réactions qu’elles provoquent. […]

Au terme de cette longue tournée, puisque tu vas t’arrêter pour mûrir tes compos début novembre… As-tu un très bon souvenir d’une scène en particulier, d’un moment, d’une erreur?

Oui! Quand j’ai joué à  Baden, au Merker. Je ne comprends rien au suisse-allemand et une personne du public est venue me demander si je pouvais lui jouer un «chaton». Après un quiproquo de cinq bonnes minutes, j’ai compris qu’elle voulait que je chante « J’attends », une musique de Hocus Pocus. Plus tard dans les loges, j’ai fait un bŠ«uf (une jam session, ndlr) avec un autre Suisse-allemand que j’ai enregistré et mis sur Facebook. Je jouais une musique d’Hocus Pocus et lui rappait dessus en suisse-allemand. Ce sont vraiment des moments qui me font vivre.

Et dernière question… Pourquoi la barbe?

Très bonne question! Pourquoi la barbe… J’aurais envie de te dire, pourquoi pas? En fait, si je coupe ma barbe, je fais vraiment plus jeune. Alors des fois c’est bien de pouvoir paraître plus vieux.. .tout en gardant un esprit de jeune! J’aime bien brouiller les pistes. Si ça se trouve, demain tu m’verras je serai tout rasé, tu ne me reconnaîtras même pas!