23.10.2012

C’est la course!

Huit jeunes se sont investis sans limites dans l'organisation des premières Journées Médias Jeunesse en Suisse. Que proposent-ils et quels sont leurs buts?
L'équipe de Tink.ch à  la table d'enregistrement des Journées Médias Jeunesse.
Photo: Manuel Lopez

Klak klak klak: le son de pas énergiques. Quelqu’un s’empresse, de gauche à  droite. Elle ne s’arrête pas pour répondre, une canette de Trojka Energy à  la main: pas de répit pour Luzia Tschirky, co-directrice des Journées Médias Jeunesse (JMJ). L’événement qu’elle a mis dix mois à  mettre sur pied avec son équipe est enfin arrivé. Depuis des jours, c’est la course et elle a déserté la plupart de ses cours à  l’université. «Je reçois déjà  des mails des intervenants, je devrais au moins me déconnecter officiellement», avoue la jeune fille de 22 ans, avant de s’éclipser.

 

Les aléas du direct

Alerte: on recherche un beamer. Cette solution est toujours meilleure que de remplacer le technicien du son dans les dernières minutes. Luzia s’énerve encore à  ce propos. Sa plus grosse erreur a été qu’elle s’est beaucoup trop peu occupée de cet aspect, en lançant des appels et en demandant des confirmations par écrit. Felix Unholz quant à  lui, responsable des ateliers, a encore un soucis avec les appareils photos dont les prises ne sont pas compatibles avec MacBook. Mais ce sont là  les aléas d’un tel événement. Lui-même qualifie la situation de «chaos créatif à  moitié organisé».

 

Un futur pour le journalisme

Heureusement, de bonnes surprises font aussi partie du lot. L’une d’elles était le spécialiste de la vérification des faits Bertram Weiss, venu d’Allemagne, qui s’est lui-même proposé pour venir à  Zürich. Pour Felix, cela confirme qu’il s’engage pour la bonne cause: «Sur le podium des adultes, il est toujours plus question de la crise des journaux, et trop peu des solutions», lance-t-il. «Nous prouvons ici que cela peut se passer autrement, qu’il y a un futur pour le journalisme et que les jeunes sont capables de quelque chose.»

 

Son collègue Dominik Galliker n’en pense pas moins: «J’espère que l’événement pourra se faire un nom, et devenir encore plus grand.» Il considère important «que les jeunes discutent du journalisme et ne laissent pas cette tâche uniquement aux plus âgés.» Pas étonnant dès lors qu’il donne tout pour cette cause. Six heures de sommeil ont été le dernier luxe qu’il s’est accordé. La règle, c’est quatre. «Ca va avec le Red Bull. Mais j’oublie certaines choses.»

 

Ne pas repartir les mains vides

Mais ce que Dominik n’oubliera pas, c’est lorsqu’il est arrivé à  la séance de démarrage à  l’heure pile, et qu’il est tombé nez à  nez avec Luzia. L’idée des JMJ, la co-directrice l’a ramenée d’Allemagne. C’est elle qui a «contaminé» Dominik par son enthousiasme. Idem pour Pascal Gähler, troisième membre de la séance de démarrage: «Cela m’aurait irrité de contester l’organisation d’un tel événement», dit-il. Au service militaire, Pascal s’occupe déjà  de la logistique. Ici, il peut mettre à  profit son expérience dans la vie civile. «Mon but est que les participants puissent repartir en disant: j’ai appris quelque chose dont j’avais besoin.»

 

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