01.10.2012

A chaque âge ses contraintes

Texte de Camille Spühler | Photos de Camille Spühler
Pour nombre de jeunes, trouver un petit boulot est un vrai parcours du combattant. Encore plus s'ils sont de mineurs. Nous avons essayé de comprendre pourquoi en interrogeant quelques commerçants.
Les jeunes ont le droit de travailler dès 13 ans, pour autant que le temps de travail ne dépasse pas neuf heures hebdomadaires.
Photo: Camille Spühler

En Suisse, les mineurs ont théoriquement le droit de d’effectuer dès leurs 16 ans les travaux répertoriés comme dangereux (travaux sur les chantiers par exemple) et le service dans les cafés et restaurants. Quant aux travaux dit légers, qui «ne sont susceptibles de compromettre ni la santé, ni la sécurité, ni le développement physique ou psychique des jeunes» selon l’ordonnance sur la protection des jeunes travailleurs, les jeunes ont le droit d’y accéder dès 13 ans, pour autant que le temps de travail ne dépasse pas neuf heures hebdomadaires.

 

Pourtant, très peu d’employeurs engagent des jeunes de moins de 18 ans. Une des seules solutions pour gagner un peu d’argent avant sa majorité reste de faire du baby-sitting, et encore.

 

Réticences et contraintes

Un des gros problèmes pour trouver du travail avant sa majorité reste le manque de maturité et de crédibilité face aux clients. Chef Naf-Naf, une employée explique que le magasin peut engager des mineurs, mais seulement le samedi ou en remplacement pendant les vacances, et que ceux-ci manquent souvent d’expérience parce qu’ils n’ont pas pu en acquérir ailleurs. Et dans des magasins tels que Casa, Denner, Calzedonia ou encore les kiosques, pas de mineurs. Par contre, impossible pour les vendeurs d’expliquer pourquoi. Cela semble être la règle, pas de mineurs. Chez Vögele, une vendeuse explique que des mineurs peuvent venir faire des stages à  partir de 15 ans s’ils sont indécis quant leur orientation professionnelle et qu’ils voudraient peut-être se diriger vers la vente. Pas question de job pour mettre un peu d’argent dans ses poches par contre.

 

Du point de vue des employeurs, il y a certaines contraintes à  engager des mineurs. Etant donné que le travail ne doit compromettre en rien la santé et la sécurité du jeune, les horaires et les réglementations sont assez strictes. Pas de travail le dimanche, pas plus de neuf heures hebdomadaires et pas de travail de nuit (à  comprendre, pas de travail qui finit tard). De plus, les parents doivent signer le contrat de travail. Ainsi, les horaires sont très restreints et on peut comprendre que certains employeurs soient réticents à  engager de jeunes travailleurs.

 

Difficile mais pas impossible

Trouver un petit job n’est pourtant pas impossible. Durant les périodes estivales, travailler comme aide-moniteur dans un centre aéré, pour la commune (par exemple faire les nettoyages dans les écoles en été ou aider à  l’économat) est une option. Et travailler en tant que répétiteur ou baby-sitter durant toute l’année reste plus qu’accessible également dès 16 ans. Par contre, pour les moins de seize ans, il est en général beaucoup plus compliqué de trouver quelque chose. La meilleure solution reste encore d’avoir des contacts et de travailler pour des membres de sa famille ou des amis.

 

La question face à  une loi qui prévoit que les jeunes puissent également travailler reste donc entière: comment se fait-il que ces jeunes aient autant de difficulté à  trouver un petit job, dans une société où tout devient par ailleurs de plus en plus cher? Et comment est-ce possible que d’un côté, les jeunes doivent essuyer tant de refus, et que d’un autre côté, les employeurs potentiels se plaignent des jeunes qui ne veulent pas travailler et qui préfèrent vivre sans le sou plutôt que de mettre la main à  la pâte? Le paradoxe de la question révèle donc des stéréotypes toujours présents envers les jeunes.

 

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