Culture | 03.09.2012

Un film en demi-teinte

«Des hommes sans loi", sur les écrans dès le 12 septembre, plante son décor au cS«ur de l'Amérique des années 30, dans le comté de Franklin, en Virginie, état où l'alcool coule à  flot malgré la prohibition.
Si le film manque d'originalité, il démontre tout de même une bonne maitrise dans l'écriture. Image: allocine.fr

C’est durant cette période que se dessine l’histoire des trois frères Bondurant, célèbres trafiquants qui se lancent sur le chemin de la production d’alcool de contrebande. On y retrouve tout d’abord Jack, le plus jeune d’entre eux, esprit ambitieux qui rêve de renommée et de richesse et qui fait les yeux doux à  la belle Bertha. Puis Howard, téméraire à  l’air austère mais d’une loyauté sans faille et qui se complaît à  sombrer dans les vapeurs d’alcool, ne pouvant résister à  leur parfum enivrant. Et enfin Forrest, l’aîné, qui endosse le rôle de chef du groupe et chez qui perce une note de douceur, malgré un air rude et son poing américain. Et surtout, ce dernier semble prêt à  tout pour protéger sa famille face à  une justice devenue impitoyable et une police corrompue. Le film retrace alors le destin de ces frères, pris dans les remous d’un monde économique en plein changement et qui inscrivent dans le sang et les larmes leur légende: celle d’être invincibles et sans crainte pour tracer leur propre chemin, perlé d’effluves alcoolisées.

 

Des hommes sans loi propose une belle brochette d’acteurs; et en cela le film tient toutes ses promesses, avec un casting étoilé où chaque comédien brille. C’est également une parfaite maîtrise dans l’écriture ainsi qu’une photographie soignée, sur fond de western plus que de grand film de gangsters. L’action se déroule en effet en campagne et non à  Chicago ou New York. Et là  se trouve l’originalité de ce film, car l’histoire délaisse les grandes villes au profit de paysages boisés et de bourgades.

 

Mais ces qualités ne suffisent pas pour que l’on crie au génie. La prohibition des années 30 est un sujet mainte fois vu, et si Des hommes sans loi est un film efficace, il ne nous transporte pas réellement. Il manque ainsi un souffle, une brise d’originalité dans ce scénario trop prévisible et où les clichés s’enchaînent. L’histoire se construit sur une musique de vengeance, de fraternité et d’amour, mais se termine sur une fin cousue de fil blanc. Des séquences chocs parsèment le récit pour couper court à  cette prévisibilité du scénario, dans l’espoir de donner un second souffle à  l’intrigue. Mais cela se résume essentiellement à  des bains de sang qui ne suffisent pas, loin de là , à  redynamiser l’histoire.

 

Finalement, il n’y a rien de bien novateur qui transparaît dans ce scénario et le film déçoit quelque peu, tant son casting paraît alléchant. On n’en ressort certes pas éblouis, mais en ayant malgré tout passé un bon moment.

 

 

Avec: Tom Hardy, Shia LaBeouf, Gary Oldman, Guy Pearce

Réalisateur: John Hillcoat