07.09.2012

Point de départ

On vous le disait la semaine dernière: selon l'Observatoire de la vie étudiante, 82% des étudiants exercent une activité professionnelle en parallèle de leurs études. Plus de la moitié estime que cette activité est absolument nécessaire, notamment pour pourvoir à  leurs besoins quotidiens.
"La gestion du temps est clairement un facteur important de réussite dans ses études et dans la vie en général".
Photo: Frédérique Danniau

Mais pour amasser quelques sous chaque mois, encore faut-il trouver un petit job. Par où commencer? Pour les étudiants genevois, les services proposés par l’université sont un bon point de départ. Rencontre avec Jeannine Steiner, responsable offres de stages et d’emploi auprès de la plateforme Uni-emploi.

 

Pouvez-vous nous présenter en quelques mots la plateforme Uni-emploi et son fonctionnement?

Uni-emploi dépend de l’Université de Genève. Notre site internet propose aux étudiants plusieurs types d’offres d’emploi: des boulots pendant les études, des stages ainsi que des premiers emplois après l’université. Au-delà  des offres, nous couvrons également toute la problématique de la recherche d’emploi : apprendre à  se présenter sur le marché de l’emploi, apprendre à  faire son CV…Nous proposons donc des bilans de compétences, des bilans de projet professionnel ainsi qu’un programme de mentorat (dans lequel les étudiants en fin d’études sont pris en charge par un professionnel de leur branche).Tout au long de l’année, des évènements permettent aux étudiants de rencontrer les entreprises et leurs collaborateurs : un forum, des rencontres, des tables rondes lors des Jeudis de l’emploi (programme sur www.unige.ch/emploi/jeudisemploi, ndlr).

 

Les services d’Uni-emploi sont-ils réservés uniquement aux universitaires, ou d’autres jeunes peuvent-ils en bénéficier?

Ce bureau est effectivement réservé aux universitaires, pour la simple et bonne raison que des subsides nous proviennent des taxes fixes payées par tout étudiant immatriculé à  l’université. En quelque sorte, nous rendons service à  ceux qui nous financent! Mais nous adressons aussi nos annonces aux étudiants des HES de Genève (uniquement les offres d’emploi pour l’instant et non pas les autres services). Ces jeunes ont accès aux offres concernant des petits jobs pendant les études. Ils doivent pour cela venir s’inscrire auprès de nous. Les annonces sont en outre accessibles aux étudiants étrangers en échange à  l’Université de Genève, Erasmus ou autre (mais pas aux étudiants en échange dans les HES).

 

Quel soutien offrez-vous spécifiquement aux jeunes qui cherchent un petit job, pour financer leurs études par exemple?

Premièrement, nous leurs donnons certains conseils pour ne pas tomber dans les pièges des petits jobs, notamment prendre n’importe quel travail à  n’importe quel prix et à  n’importe quelles conditions… Car nous sommes très souvent confrontés à  des étudiants qui ont accepté n’importe quoi et se retrouvent confrontés à  des problèmes, en particulier de non-paiement du salaire. Nous les aidons à  effectuer les démarches nécessaires (lettres recommandées, etc).

De plus, nous insistons auprès des jeunes sur le fait que même pour un petit boulot, il faut savoir se présenter sur le marché du travail. Il ne suffit pas d’envoyer son CV sur une boite mail en pensant être engagé facilement, alors que des dizaines de candidatures similaires sont présentées. Donc même pour un petit job, savoir se présenter fait partie de l’apprentissage. Un cours général à  ce propos est d’ailleurs donné deux ou trois fois par année. Les ateliers de rédaction de CV sont également adaptés dans ce cas.

 

Quand on commence à  chercher un petit job à  côté des études, quels sont selon vous les bons réflexes à  adopter?

Tout d’abord, il est important de savoir ce que l’on veut et dans quel domaine on souhaite travailler. Certains étudiants par exemple sont très à  l’aise pour donner des répétitions de cours; d’autres au contraire, même très férus dans leur matière, sont incapables d’avoir la pédagogie nécessaire pour enseigner et s’ennuient péniblement dans ce travail – et ils ennuient surtout leurs élèves! Par conséquent, il faut d’abord cerner le genre de jobs que l’on veut faire et surtout ceux que l’on n’aime pas faire. Malheureusement quand on débute, il faut bien commencer par tout tester! Et on se rend rapidement compte si l’on n’est pas fait pour garder des enfants par exemple; on peut alors se dire que l’on préfère faire des ménages pour être tranquille.

Ensuite, il est important d’établir une bonne répartition entre les heures que l’on veut donner pour un travail et celles qu’on consacre aux études. Très souvent, les étudiants se perdent dans les heures de travail, car ils n’ont pas bien défini le temps qu’ils voulaient impartir à  une activité lucrative. Et dans ce temps de travail, il est surtout primordial d’inclure le temps de transport. On explique très souvent aux jeunes (et malheureusement ils n’entendent pas toujours notre message) qu’il est hors de question de faire une heure de trajet à  l’autre bout de la ville pour donner une heure de répétitoire. Ça n’en vaut pas la peine.

Il ne faut pas non plus oublier le temps que l’on garde pour sa vie personnelle. Le but n’est pas d’être mangé par le travail au point de ne plus pouvoir sortir avec ses amis ou passer une soirée tranquille. La gestion du temps est clairement un facteur important de réussite dans ses études et dans la vie en général.

 

Avez-vous quelques conseils ou astuces à  donner un étudiant qui souhaite maximiser ses chances de trouver un petit job?

Je dirais que l’essentiel est de ne pas s’enfermer et d’avoir un maximum de contacts avec son entourage, afin de récolter le plus d’informations possible. Aujourd’hui, il est facile d’avoir beaucoup d’amis sur Facebook, mais on n’a pas pour autant les bons conseils! Il faut s’avoir s’entourer de personnes fiables et expérimentées. On peut par exemple consulter d’anciens étudiants.

Et surtout, il faut que l’étudiant sache que quand il a un problème, de nombreux services de l’université sont là  pour l’aider. Il ne doit pas hésiter à  taper à  toutes les portes. On voit souvent des étudiants qui plongent parce qu’ils sont réticents à  poser des questions: il faut oser demander de l’aide!

 


 

Sondage

En lien avec le dossier thématique du mois de septembre « Etudes et petit job: échec assuré? », Adosjob réalise un sondage pour comprendre les enjeux des petits jobs pendant les études. Si tu es concerné(e), tu peux participer au sondage à  cette adresse. Merci par avance de ta participation!

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