Culture | 11.09.2012

« J’écris pour partager ma vision du monde »

Jon Ferguson était présent au «Livre sur les quais» à  Morges dimanche dernier, notamment pour la sortie de son dernier roman «Te fous pas de moi Papa».
Tink.ch a rencontré l'auteur Jon Ferguson.
Photo: journaldemorges.ch Le Livre sur les quais, édition 2012. Maxime Stern

«Te fous pas de moi Papa» raconte les confessions singulières et émouvantes de Laura, une adolescente de seize ans bouleversée par la perte de sa mère huit ans plus tôt. Cet événement tragique et inopiné a, selon sa propre conjecture, radicalement altéré sa vision du monde. Tantôt banales, tantôt drôles, parfois satiriques mais aussi naïves, ses confessions sont surtout précoces et gorgées de philosophie. L’auteur, Jon Ferguson, a accepté de répondre aux questions de Tink.ch.

 

Pour commencer, êtes-vous satisfait de l’ambiance générale de cette édition du «Livre sur les quais»?

Oui, c’est magnifique. Ce salon littéraire est l’opposé de celui de Genève qui est froid et triste. Ici, c’est très agréable: les gens sont souriants, le lac est splendide; vraiment, j’adore.

 

Qu’êtes-vous venu chercher ici?

J’écris pour partager ma vision du monde avec les gens, avec des amis que je ne connaîtrai jamais. C’est pourquoi j’aime passer un moment avec eux et profiter d’un peu d’humanité.

 

Parlons de votre dernière Š«uvre, «Te fous pas de moi Papa». Tout d’abord, on peut constater que les idées de Laura sont très approfondies et personnelles. Les partagez-vous?

Bien sûr. Gustave Flaubert a dit «Madame Bovary, c’est moi»; je dis «Laura, c’est moi». Son père aussi, d’ailleurs.

 

Vous êtes rude avec certains personnages, mais également avec le lecteur. Votre but est-il d’aider les adolescents qui vous lisent à  se développer, ou plutôt de les punir?

J’aspire à  rendre les gens moins stupides. J’essaie de les rendre plus intelligents en tout cas.

 

Comment vous est venue l’idée d’aborder des thèmes tels que l’adolescence, l’école et l’éducation?

Je suis professeur depuis vingt-huit ans et je voulais rendre hommage à  cela, à  mes élèves et à  moi-même, car les enseignants dans le livre me ressemblent beaucoup. J’ai récemment pris ma retraite, et c’est une manière de le marquer.

 

Vous-même, êtes-vous nostalgique de cette étape de la vie qu’est l’adolescence?

Non, pas du tout. C’était le moment le plus difficile de ma vie. Cette dernière a été magnifique, mais l’adolescence a été la seule période durant laquelle je ne me suis pas senti bien dans ce monde.

 

L’épilogue de votre Š«uvre est plutôt sombre, mais semble être un moyen de pousser le lecteur à  se réconcilier avec la vie et à  en profiter pleinement. Est-ce là  le message que vous désirez transmettre?

Elle n’est pas vraiment sombre, elle reflète seulement la réalité. Elle est touchante dans la manière dont elle est présentée. Je suis actuellement en train d’écrire la suite de l’histoire: Laura a dix-huit ans et se retrouve seule. Elle vit dans la même maison – elle a du fric. Je trouve cela intéressant: imagine que tu te retrouves seul à  cet âge-là , ce serait difficile. Cependant, il faut vivre, c’est l’important. Alors quant au message que je veux partager, oui, c’est exactement ça.

 

Encore une question pour terminer: quels sont vos projets d’écriture?

J’écris tout le temps, je n’arrête pas. Tous les jours, je me réveille à  cinq heures du matin pour cela (je ne travaille pas). C’est un immense plaisir. C’est comme respirer. C’est difficile, mais ce n’est que du plaisir.