Sport | 25.09.2012

Descente sauvage conviviale

Texte de Camille Spühler | Photos de Camille Spühler
Vendredi 21 septembre a eu lieu à  Lausanne «If You Go Down», réunion de plusieurs centaines de vélos, skates et autres trottinettes pour descendre des Croisettes à  Ouchy. Petit compte rendu de ce qui se passait sur place, à  l'heure H.
L'impatience se faisait sentir avant le départ.
Photo: Camille Spühler

En arrivant sur place trois quarts d’heure avant le départ, je me rends compte que la plupart des gens sont casqués, portent des protections aux genoux, aux mollets, des gants et sont habillés assez chaudement (forcement, il pleut, comme à  chaque descente à  peu près). Bien protégés donc; rien à  voir avec ces sauvages qui descendraient au péril de leur vie. Seul petit bémol: ils ne sont pas assez éclairés. Parmi la centaine de personnes présentes, seules quelques-unes portaient des lumières sur leurs vélos et leurs skates. Le reste comptait sur la lumière du groupe; sauf que la lumière ne sert pas seulement à  voir, mais aussi à  être vu. Au loin, un petit groupe de six personnes avec des cartes à  la main portent des gilets oranges: le «staff sécurité» s’occupe de cadrer tous les participants. «On a tout un itinéraire prévu, et on fait des pauses tous les kilomètres et aussi aux endroits dangereux comme les virages. Ainsi tout le groupe se retrouve mais aussi on évite par exemple que les gens se foncent dedans ou qu’il y ait des accidents de ce genre. Il n’y a jamais eu d’accidents en six descentes organisées», explique l’équipe d’encadrement.

 

Tout est parti de l’idée de deux frères qui faisaient régulièrement des évènements comme ceux-ci. Après plusieurs descentes entre amis, le phénomène a pris de l’ampleur; et c’est maintenant plusieurs centaines de personnes qui y participent, dans la joie de passer un bon moment avec des gens qui partagent la même passion. Et finalement, malgré les mécontentements qu’on peut voir sur le net, les automobilistes ne sont pas si dérangés que ça: «En général, les automobilistes nous saluent et sourient, ils ont l’air de trouver ça chouette. L’équipe sécurité prévient les voitures juste avant que le groupe n’arrive. Comme ça ils ont le temps de nous laisser passer et ça ne met personne en danger», rapporte un participant.

 

Déjà  peu convaincue par les critiques émises dans la presse et sur internet en général, je suis repartie des Croisettes, lieu de départ, encore plus persuadée que ce n’est finalement qu’un moyen de plus de s’amuser. Et pour les jeunes comme pour les plus vieux (certaines personnes là -bas ayant bien plus que la vingtaine), sans réel danger, contrairement à  ce que semble penser la plupart des gens. La sécurité du groupe est au coeur de l’événement et le trafic n’est nullement dérangé. Et comme m’a dit Romain, l’un des participants, «la descente nous prend 40 minutes, une heure tout au plus, tous les deux mois. Et on ne dérange personne, il n’y a rien à  ranger, à  nettoyer. Alors que pour certains événements comme Electrosanne toute la ville est bloquée pendant un week-end et ensuite il y a trois jours de nettoyage parce que tout est immonde.»

 

Finalement, la réalité semble bien loin des réactions constatées, peut-être poussées par les préjugés de chacun et leur peur. Un tollé qui n’avait donc peut-être pas lieu d’être.

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