Culture | 21.08.2012

Zombies pour tous

Texte de Tamina Wicky
Sur nos écrans dès demain, "L'Etrange pouvoir de Norman" est le deuxième film produit par les studios Laika avec une technique de réalisation novatrice et originale.
La réalisation en stop-motion exige une patience infinie. Image: allocine.fr

Blithe Hollow, une petite ville du Nord-est des Etats-Unis, est la proie d’une malédiction lancée il y a des siècles par une sorcière. Le seul à  pouvoir arrêter ce mauvais sort est un jeune garçon, Norman, qui possède le don de parler aux morts. Pendant son périple, il va devoir faire face aussi bien à  des zombies qu’à  la foule des habitants de la ville, transformés en brutes sanguinaires par la peur.

 

Après Coraline, leur premier long métrage très réussi, les studios Laika reviennent avec un nouveau film d’animation en stop-motion. Cette technique consiste à  photographier des objets inanimés qu’on déplace légèrement entre chaque prise. Ce mode de réalisation requiert une patience infinie, une ou deux minutes de film nécessitant une semaine de travail. Les 61 personnages du film ont exigé la conception de 178 figurines et leurs expressions faciales 31 000 visages miniatures. Le film a bénéficié cependant d’une innovation majeure en matière de stop-motion, le Rapid Prototyping, une imprimante en volume qui a permis pour la première fois de créer des formes en couleur. Quant aux zombies, le responsable de leur animation raconte ainsi son travail minutieux: «Quand on se retrouve à  se contorsionner pour donner vie à  des haillons volatils de peau et de vêtements (faits de savon, de bouts d’éponges et d’argile fixés à  l’aide de fils de couture, de fils de fer, ou d’épingles minuscules dont se servent les entomologistes pour les insectes, et qui vous laisse les doigts en charpie…) plus que de la patience, il faut une concentration et une détermination sans faille…».

 

Si l’univers de ce deuxième film (dont le titre original est ParaNorman) s’éloigne de l’ambiance onirique et décalée de Coraline pour se rapprocher et parodier celle des films d’horreur, on retrouve comme héros un enfant marginalisé par des parents et un entourage se montrant sceptique face au paranormal. En effet, à  l’exception de son ami Neil, les personnages qui aideront malgré eux Norman dans son aventure l’ont toujours considéré comme fou. A commencer par sa sŠ«ur, belle et superficielle pom-pom girl qui ne suit Norman que pour se rapprocher du séduisant et viril frère de Neil. Ces compagnons d’infortune stéréotypés donnent aux scénaristes l’occasion de se jouer des clichés et d’offrir au spectateur de nombreuses scènes cocasses.

 

L’humour est donc omniprésent et rend ce film de zombies tout à  fait accessible à  un jeune public. C’est aussi très simplement que les scénaristes amènent le spectateur à  une réflexion sur la vengeance, le pardon ou encore la peur de la différence. La morale de l’histoire est donc très clairement exprimée par le fantôme de la grand-mère de Norman: «Il n’y a pas de honte à  avoir peur, à  condition de rester soi-même quelles que soient les circonstances».