28.08.2012

Université = fin des petits jobs?

Texte de Laura Crivelli | Photos de Lea Dafner
«Non!" répondent les étudiants. A l'uni, on étudie et on travaille! Notre petite enquête confirme les statistiques de l'OFS: plus de 80% des étudiant-e-s travaillent.
Plus de 80% des Étudiants jonglent entre leurs occupations académiques et un petit boulot. Barbara a trouvé un bon compromis pour combiner Études et petit job. La flexibilité est pour Alyssia un critère important dans le choix de son job d'Étudiant.
Photo: Lea Dafner

Que ce soit en tant que répétiteur-trice, animateur-trice, instructeur-trice d’échecs, préparateur-trice de plateau-repas ou serveur-se, les étudiants se débrouillent pour concilier études et activité rémunérée.

 

Bien entendu, le taux d’occupation varie en fonction du but recherché à  travers le travail. Pour certain-e-s, travailler suffisamment est une obligation pour subvenir à  leurs besoins. Le temps partiel pendant le semestre en plus du job d’été est alors indispensable. Pour d’autres, travailler permet d’arrondir les fins de mois, de s’offrir quelques plaisirs et/ou de contribuer au financement de leurs études soutenues par leurs parents. Les mieux lotis sont ceux qui bénéficient du support financier de leurs proches ou d’une bourse d’études.

 

«Etant étudiante, j’ai été confrontée au dilemme entre la dépendance vis-à -vis des parents et le fardeau que représente un petit boulot permettant de s’affranchir. Ne souhaitant pas sacrifier mes études, j’ai opté pour une demi-mesure: j’ai travaillé l’été pour m’offrir des vacances, un ordinateur ou autres objets de loisir, et pour payer mes frais de nourriture pendant l’année. Le reste du temps, je me contentais de donner des cours en tant que répétitrice, ce qui me permettait de financer mes besoins courants, tandis que je comptais sur mes parents pour payer mon loyer et mon assurance maladie.» (Barbara, 26 ans, doctorante en deuxième année en Histoire Internationale, IHEID, Genève)

 

Le but d’un job d’étudiant est donc avant tout financier. Mais, la plupart des étudiants évoquent aussi un certain plaisir à  travailler. Ils y trouvent souvent une ambiance sympathique, et plus diversifiée qu’au sein de leur faculté. En outre, ils apprécient exercer une activité qui, même si elle est exigeante, développe d’autres compétences que celles purement intellectuelles. Les petits jobs permettent par ailleurs d’enrichir le CV. Les fameuses «soft skills», ou «compétences générales/non techniques» s’acquièrent au travers de ces multiples expériences.

 

Cependant, il est difficile de trouver des emplois payés qui puisse constituer une expérience professionnelle dans le domaine de qualification. De plus, l’énergie que requiert la recherche de petits jobs et les conditions de travail difficiles de ceux-ci fatiguent un bon nombre d’étudiants. En effet, les jobs pour étudiants subissent une forte demande, ils sont souvent temporaires, peu payés, et stressants. Par ailleurs, le travail de nuit, mieux rétribué et plus facilement conciliable avec les horaires des cours, attire de plus en plus d’étudiants. Le revers de la médaille est néanmoins le dérèglement du rythme journalier qui peut entraver la réussite des études.

 

Au final, combiner petits jobs et études à  l’université est possible, et même prisé par la plupart des étudiants. Cependant, certains petits jobs se prêtent mieux aux études que d’autres.

 

On remarque que les étudiants en première année tendent à  travailler moins que les étudiants dans les cycles supérieurs. Cette tendance est due au besoin de l’étudiant de s’adapter au programme et au fonctionnement de l’université. Par précaution, les étudiants de premières années évitent, s’ils peuvent se le permettre, la charge d’un travail externe à  l’université afin de se consacrer aux études.

 

«Cette année, je m’inscris aux services des remplacements. Ce travail me permettra de conserver une certaine cohérence entre mes différents jobs d’étudiante. Je suis actuellement répétitrice à  l’ARA et animatrice dans des camps de vacances pour enfants. Faire des remplacements me permettra de continuer à  développer mes compétences relationnelles. De plus, c’est un travail souple qui me laissera assez de flexibilité pour gérer librement mon emploi du temps. Dans le cas où je ne serai pas en mesure d’assurer des remplacements tout en réussissant mes études, je pourrai toujours «revenir en arrière» et me décharger de ce travail non académique.» (Alyssia, 21 ans, deuxième année en science politique, UNIGE)

 

Un autre étudiant remarque qu’il est important d’être au clair sur ce que l’on veut. Si le but réside dans l’obtention des meilleurs résultats académiques, alors le travail à  temps partiel constitue un obstacle majeur. Le choix se détermine en fonction des objectifs (par exemple l’accumulation d’expériences professionnelles ou une carrière académique), des intérêts (sorties fréquentes et voyages ou occupations casanières) et des besoins personnels (payer son loyer et ses études ou seulement ses repas de midi). Prendre ou non un petit job est donc aussi une question de priorités.