12.08.2012

Petits malheurs du citadin

La vie est faite de petits plaisirs qui font qu'elle est unique. Mais malheureusement, elle a aussi son lot de petits malheurs. Et bien que l'on voudrait croire que cela n'arrive qu'aux autres, cela nous tombe toujours dessus. Je ne parle pas de grosses catastrophes, mais des petits désagréments de tous les jours dont on se passerait bien.
Illustration: Céline Lüscher

Ah! Les transports en commun, leurs odeurs de transpiration en plein été, les grognements des gens pressés, le manque de place, les pannes, et tous ces petits plaisirs. Quelle joie! Chacun, au moins une fois dans sa vie, a été confronté à  un bus ou un métro. Et aux gens qui se collent à  la porte de la rame pour pouvoir rentrer le plus vite possible. Qui bousculent tout le monde une fois que les portes sont ouvertes, pour être sûrs d’avoir une place assise. Et qui empêchent tout le monde de sortir.

 

Avez-vous vécu une seule fois la douloureuse sensation qui vous envahit quand vous avez raté votre arrêt, que vous êtes coincé dans ce métro et essayez de calculer l’itinéraire le plus court pour aller à  la station où vous auriez dû sortir?

 

Ce que vous avez dit: Rien. Ou alors si : vous avez laissé sortir un «noooooon» désespéré.

 

Ce que vous avez fait: Vous avez timidement poussé le plus de gens possible vers la sainte porte de sortie. Au moins pour que vous puissiez sortir à  l’arrêt d’après, que vous ne vous fassiez pas tout le trajet du métro. Ou alors si vous êtes encore plus timide, vous vous êtes faufilé entre ces passagers étrangers, en essayant d’en toucher le moins possible pour vous rapprocher de cette porte.

 

Ce que vous auriez dû ou pu dire: «Nooooooon! (mais un cri de rage cette fois, pas de désespoir) Mais laissez-moi sortir! Vous pouvez pas attendre que les gens sortent?! Y’a des métros toutes les deux minutes, c’est pas compliqué de se pousser de 10 centimètres pour laisser la place aux gens!»

 

Ce que vous auriez dû ou pu faire: Pousser tout le monde telle une grosse brute pour atteindre cette fichue porte avant que le métro ne se ferme, pousser aussi tous les gens collés aux portes qui veulent absolument rentrer, en regarder un dans les yeux et lui dire «Bah quoi, je te passe pas à  travers?!» d’un air absolument étonné. «Mais pourquoi tu te colles aux portes alors?» Et partir dignement, en savourant l’air frais que vous sentez à  cette station (soit la bonne, soit celle d’après); l’air de la victoire!

 

Ah, qu’il est bon de pouvoir, pendant un instant, s’imaginer super héros combattant les injustices avec répartie et courage, se moquant des règles de politesse et du politiquement correct! Mais maintenant, retour à  la vie réelle, petit citadin respectueux et tolérant…

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